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Gabrielle

 de Patrice Chéreau avec Isabelle Huppert, Pascale Gréggory...

Un maison où on aime venir. De longues soirées où on écoute, regarde, rit, affirme une chose puis son contraire. C'est l'avantage des cercles d'habitués, on se connaît si bien. Elans de franchise ou excès de dissimulation, instants de doute, de joie fondée ou infondée, tout s'y côtoie, pour la plaisir des invités et des maîtres de maison. A ces derniers, tout réussit et leur existence est de celles qu'on envie. Mais soudain, l'horloge se dérègle.

Un film pesant inspiré d'une nouvelle de Joseph Conrad “Le retour”

Il est de ces films où l'attitude et la disposition du spectateur joue un rôle primordial. Des films à l'image des très controversés Last Days et Tropical Malady, où l'ambiance pesante peut déconcerter à défaut de décourager. Mais, qui s'accrochera, appréciera, sans nul doute. Réalisé par Patrice Chereau, grand homme de théâtre, “Gabrielle” est l'un de ces films sombres et silencieux. Un huis clos classieux, où l'image d'un couple modèle est mis à mal et mis à nu. Filmé dans l'atmosphère hypocrite et clinquante de la bourgeoisie du début du 20ème, “Gabrielle” résume en 1h30 les derniers moments d'un amour gâché. L'annonce d'un départ, le début d'explications sans fin, les désillusions d'un homme et les regrets d'une femme. Au centre de cette déchirure sentimentale, deux acteurs impeccables, Isabelle Huppert (récompensée pour son interprétation à la mostra de venise) et Pascal Grégory (Arsène Lupin, La Confusion des genres) Les acteurs ne seront cependant jamais seul, entourés et épiés par leurs domestiques et leurs compagnons de soirée. Se prévalant d'un thème universel, le dernier film de Patrice Chéreau se démarque par une mise en scène originale et une ambiance sonore angoissante (musique de Fabio Vacchi, compositeur italien de talent). Seule ombre à ce tableau parsemé de couleurs et de noir et blanc : son côté intellectuel, réservé à un public averti.



Publié le 27 septembre 2005 à 20:36:42 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

Les âmes grises


Réalisé par Yves Angelo avec Jean-Pierre Marielle, Jacques Villeret, Marina Hands, Denis Podalydès...

Hiver 1917. Une petite ville de l'est de la France. Les massacres dans les tranchées sont tout proches. Des soldats défilent, en route vers le front, conscient d'aller ver l'horreur face à la lente procession des mutilés et des estropiés qu'ils croisent sur leur chemin. Un matin, une petite fille de dix ans est retrouvée morte. Autour de ce fait divers, plusieurs personnages inquiétants vont se croiser.

Dernier rôle de Villeret

“Les âmes grises” c'est d'abord et évidemment le roman de Philippe Claudel, prix Renaudot 2003. Aujourd'hui, le livre devient film grâce au réalisateur Yves Angelo (“Le colonel Chabert”, “Sur le bout des doigts”)  qui nous offre ici une belle fresque cinématographique sur fond de grande guerre et de destins tragiques. Dès les premiers instants, l'on est plongé de plein fouet dans le vif du sujet : crime, temps glacial, décors funeste, personnages mystérieux et silence pesant. La guerre et ses combats placés en second plan, c'est à la vie angoissante d'une petite ville de province qu'assiste le spectateur. Au centre de l'intrigue, un homme seul, emplis de secret, un procureur froid et angoissant, joué par le théâtral Jean-Pierre Marielle (quelle voix!) Autour de ce personnage charismatique, gravite un juge, un policier, une institutrice et des domestiques dévoués. Tous auront affaire les uns aux autres en des circonstances douloureuses. Tout particulièrement les personnages féminins,(notamment la lumineuse Marina Hands), qui, de façon indirecte, se retrouveront au coeur de conflit individuel et collectif. Mais “Les âmes grises” c'est aussi l'ultime rôle (à contre emploi) de Jacques Villeret, excellent en juge odieux et méprisant, et interprète de la plus belle réplique du film. “Ce qui est fascinant dans la guerre, c'est moins ce qu'elle montre que ce qu'elle dissimule, non?”

P.L (article réalisé en partenariat avec INFOSLOISIRS.COM)



Publié le 27 septembre 2005 à 20:34:57 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

Il ne faut jurer de rien

Réalisé par Eric Civanyan avec Gérard Jugnot, Jean Dujardin...

Paris 1830. Valentin se perd dans l'alcool, le jeu, les femmes. Il ne croit pas en la vie et surtout pas en amour. Son oncle Van Buck ne croit qu'aux vertus de l'argent et du commerce. Tout les sépare jusqu'au jour où Van Buck pour améliorer son image de marque va vouloir faire épouser à Valentin une jeune baronne désargentée. Valentin, qui n'a absolument aucune envie de se marier, parie qu'il peut aisément la séduire en 24 heures et donc prouver qu'elle, comme toutes les autres, ne vaut pas la peine d'être aimé...Mais Cécile, qui croit au véritable amour, va s'avérer beaucoup plus coriace à éblouir que prévu.

Un jeu du chat et de la souris peu crédible

A l'origine du film, il y a la pièce d' Alfred de Musset. Le metteur en scène Eric Civanyan, plus connu dans l'univers du théâtre que dans celui du cinéma, s'essaye au film d'époque avec costumes, décors, montures et tout le bardas...Basé sur un défi amoureux, le scénario prend ici l'allure d'une course de galop. Le neveu, désabusé et abonné aux bordels, l'oncle, commerçant bourgeois au portefeuille bien rempli, la jeune féministe aristocrate...les personnages ne s'essoufflent jamais et finissent par épuiser le spectateur. En fallait il autant pour comprendre que “non, toutes les femmes ne sont pas des êtres faciles, dénués de bon sens et de vertus”? Certainement pas. A fortiori, lorque la cohérence entre dialogue, jeu d'acteur, mise en scène et ambiance d'époque se fait si peu sentir. Eric Civanyan a oublié sa caméra en plein milieu du chemin. Sans vraiment aller jusqu'au bout de son parti-pris. Conclusion : on patauge entre comédie burlesque et film historique (faut-il alors vraiment prendre au sérieux l'apparition soudaine de figures historiques comme Lafayette ou Taleyrand) où le romantisme est difficilement perceptible. Si Alfred de Musset avait écrit “on ne badine pas avec l'amour”, il faudrait aussi rappeler qu'on ne badine pas avec le cinéma...

P.L (article réalisé en partenariat avec INFOSLOISIRS.COM)


Publié le 27 septembre 2005 à 20:31:31 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

ENTRE SES MAINS

d'Anne Fontaine


Isabelle, est agent d'assurance dans un cabinet Lillois. Mariée et mère d'une petite fille de cinq ans, elle mène une vie sans histoire entre son travail et sa famille. Un jour, elle reçoit dans ses bureaux un vétérinaire qui vient de subir un dégat des eaux. Strictements professionnelles dans un premier temps, leurs relations vont vite devenir plus intimes. Au même moment, sévit, dans la métropole lilloise, un tueur en série.

Librement adapté du roman de Dominique Barberis “Les Kangourous”, le dernier film d'Anne Fontaine entre dans la catégorie très prisée des drames psychologiques français. Qui plus est réussi. Dans cet exercice difficile, Anne Fontaine fait en effet preuve de cohérence et de bon goût, tant au niveau du  scénario que de la mise en scène et la direction d'acteur. Tout est mis en oeuvre pour captiver le spectateur et le faire doucement pénétrer dasn l'univers clos (et glauque) des deux personnages principaux. Ambiance grisâtre, dialogue intimiste, réalisme, suspens et surtout un rapport d'acteurs puissants, véritable force du long métrage. Car au-delà d'une réalisation sobre et d'une écriture scénaristique sans fioriture, il y a un duo, ce duo : Benoît Poelevoorde et Isabelle Carré. Tous deux nous offrent une prestation magnifique sur fond de crime et de passion. Poelevoorde en homme torturé, meilleur qu'en comique déjanté? Une question qui souligne, sans contradiction aucune, sa palette d'acteur complet.

P.L


Publié le 20 septembre 2005 à 20:17:54 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

Broken Flowers

Film américain de Jim Jarmush.

Avec Bill Murray, Jeffrey Wright, Sharon Stone, Jessica Lange, Chloé Sévigny, Frances Conroy...

Filmographie : Coffe and cigarettes (2003), Ghost dog (1999), Dead man (1995), Night on earth (1991), Down by law (1989), Mystery train (1989), Stranger than paradise (1985), Permanent vacation (1980).

Don, quinquagénaire, est assis sur son canapé. Il regarde un film, l'air absent. Sa petite amie Sherry a décidé de prendre ses affaires et la porte. A sa nonchalance, on dirait qu'il a l'habitude de se faire larguer. Car Don "Juan" Johnston est un tombeur de ces dames et vit en célibataire endurci. Une vie qu'il ne semble pas remettre en question, jusqu'au moment où il reçoit une lettre rose, anonyme, écrite à l'encre rouge. Elle lui apprend qu'il est père d'un garçon de 19 ans. Mais...de quelle femme? Poussé par son voisin Winston, digne héritier de Sherlock Holmes et père de 5 enfants, il part à la recherche de ses 4 conquêtes de l'époque pour percer le mystère de sa paternité.

Une plongée dans le passé qui ne manque pas d'humour. Don débarque donc 20 ans après, bouquet de roses à la main, dans la vie de ses ex, une vie qu'il ne connait pas et le déconcerte. On s'amuse avec lui à la vue de ses anciennes amoureuses, dont l'une communique avec les animaux, ou l'autre, ancienne hippie, est devenue la bonne épouse d'un agent immobilier.                                                                                              Ceux qui ont pu être déconcertés par son dernier film, Coffee and cigarettes, trouveront ici une histoire moins décousue où se dégage, à travers la quête d'un fils, la quête de soi. Broken flowers montre plutôt qu'il ne dit. Toute l'évolution de son personnage à l'allure nonchalante, se remarque à travers des détails. Toujours adepte de dialogues minimalistes où le regards et sourires suffisent à en dire long, où dans les banalités échangées se lisent toute l'émotion ressentie, Jarmush nous livre là un film intimiste et pudique. On reconnaît sans peine le style de Jarmush à ses personnages qu'il effleure, au rythme lent, à la musique lancinante et aux plans longs, symbole d'un temps suspendu où les personnages se débattent avec eux-même. Les pensées de Don ont le temps de tourner, se retourner sans que l'on sache vraiment de quoi elles sont faites. Regret? impatience? angoisse? curiosité? énigme de la lettre? Une lettre qui vient troubler les certitudes d'un homme confronté à ce qu'aurait pu être son autre vie. On devine à la fin que sa quête ne finira pas là et que ces quelques lignes qu'il a reçu auront bouleversé son existence. Don ne livrera qu'un peu de lui-même au garçon qu'il croit être son fils par une phrase qui résume son parcours : "Le passé n'est plus, l'avenir, quel qu'il soit, n'est pas encore là. Nous n'avons que le présent."

Jasmine

 

Publié le 19 septembre 2005 à 14:11:26 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

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