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Les Noces funèbres


Film d'animation de Tim Burton avec Johnny Deep

Un couple d'aristocrates acariâtres cachent derrière une apparence hautaine un secret lourd de conséquence : celui d'une fortune familiale disparue. Pour sauver leur honneur et le prestige de leur Nom, les Everglot n'ont plus qu'une solution : marier leur fille unique  à Victor, un fils de nouveaux riches, patrons d'une conserverie de poissons. Cet union forcée, qui satisfait pleinement les parents, emplis d'embarras le coeur et l'esprits des deux enfants. La première rencontre entre Victor et Victoria aura lieu lors de la préparation des noces. Timide et gêné par la situation, le fils Van Dort accumule gaffes e maladresses sous le regard dubitatif mais néanmoins attendris de sa future épouse. Rongé par la honte, Victor s'enfuit dans la foret et tente désespérément d'apprendre ses serments en vue du mariage. A force d'acharnement, le jeune garçon parvient à réciter sans fautes les quelques phrases des voeux rituels. Soudain, un étrange événement se produit. Sous ses pieds, la terre se fend et laisse apparaître une jeune femme défunte au corps décomposé. Prénommée Emily, cette “morte vivante” mignonnette est convaincue qu'elle vient d'épouser Victor... Un malentendu fatal!

Tim Burton ravit petits et grands une nouvelle fois en 2005

Après son très réussi “Charlie et la Chocolaterie”, le réalisateur au coeur d'enfant, nous offre son dernier chef d'oeuvre d'animation “Les noces funèbres”. Quelle surprise pour les yeux! Ici, pas question d'images 3D. Non, surtout pas. Burton revient au source et prend en exemple “L'étrange Noël de monsieur Jack” en utilisant la technique du “Stop motion” (voir définition). Tirée d'un vieux conte russe, l'histoire de Victor et Victoria est sublimée par l'expression si particulière et réaliste des marionnettes animées. On raffole donc des personnages (principaux et secondaires, comme le pasteur Galsweels interprété par Christopher Lee) au caractère onirique et à l'allure presque sexy. Mais pas seulement. Dans ce long métrage où rien n'est laissé au hasard, chacun se délectera des décors, remarquablement travaillés. Plus encore ; l'équipe  de Tim Burton assure un savant mélange d'esthétisme et d'émotions en promenant le spectateur dans deux univers parallèles : celui des morts et celui des vivants. Respectivement, celui des fêtards et celui des cafardeux. Le tout avec une horreur sympathique (petit clin d'oeil au personnage de Bettle juice) et dans une ambiance comédie musicale, chorégraphies de squelettes en plus...
Comment ne pas être aussi dithyrambique avec les acteurs des “Noces funèbres”. En version originale (celle à ne pas manquer!) c'est évidemment Johnny Depp qui s'y colle sans fausse note. Accompagné à merveille par Emily Watson, Héléna Bonham Carter et Paul Whitehouse, entre autre.


Définition du “Stop motion” (source dossier de presse)
C'est un art singulier reposant sur l'utilisation en dur de marionnettes qu'il faut vêtir, coiffer, éclairer avec autant de soins que des acteurs de chair et de sang. La manipulation est d'une extrême délicatesse, l'écart entre deux positions étant de l'ordre du millimètre. Chaque position est photographiée le temps d'une seule image. L'animateur retourne ensuite au personnage, lui imprime un mouvement millimétrique, fixe l'image suivante et ainsi de suite. Le rendement est dérisoire : à la fin de la journée, une équipe n'aura guère engrangé qu'une à deux secondes utiles.






Publié le 18 octobre 2005 à 13:50:42 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

L'enfant

Un film de Jean-Pierre et Luc Dardenne avec Jérémie Rénier et Déborah François

Sonia n'a que dix huit ans et connaît déjà la galère. Elle vient de donner naissance à un petit garçon Jimmy. Sans travail, ni sécurité financière, elle compte sur le soutien et l'amour du père de son enfant. Malheureusement, Bruno est loin de posséder les qualités d'un mari idéal. Sans attache et sans contrainte, le jeune homme vit  de petits et gros larcins. Sonia accepte et pardonne, jusqu'au jour où Bruno commettra le geste le plus insensé : vendre son fils pour une poignée d'euros.

Deuxième palme d'or pour les frères Dardenne.

En 2004, le jury du festival de Cannes récompensait pour la première fois un documentaire. Il s'agissait bien sûr de “Fahrenheit 911” de Michael Moore . Un an plus tard, la palme d'or revenait aux frères Dardenne pour “L'enfant”. Une fiction cette fois ci me direz vous. Juste. Mais pas totalement. Car lorsque l'on encaisse “L'enfant” comme l'on encaisse une claque en plein visage, l'on se rend vite compte de sa puissance “documentaire”. Dans la forme d'abord, avec une musique inexistante (et oui dans la vraie vie, les moments de galère ou de bonheur ne sont pas enveloppés d'un tube de Springsteen ou Lennon) et des prises de vues sans fioriture, tournées dans l'atmosphère grisâtre et mélancolique de Seraing en Belgique. Dans le fond ensuite, avec une histoire imaginée à partir d'une simple vision des réalisateurs. “Lors d'un tournage, nous avons vu passer et repasser une jeune fille poussant un landau dans lequel dormait un nouveau-né. Elle semblait ne pas avoir de destination.” Cette femme anonyme prend alors le visage de Sonia, interprétée par Déborah François. Fragile et forte à la fois, Sonia veut confronter Bruno à sa toute nouvelle paternité. En vain. Dans un besoin irrépressible de réalisme, les frères Dardenne ne tombent jamais dans le misérabilisme et l'absurde. Comment? Tout simplement, en recourant à des choses familières. C'est dur, parfois choquant mais toujours juste. L'on regrette alors que l'émotion, la vraie, celle qui laisse couler de nos yeux une larme, tarde à nous prendre les tripes. Mais l'essentiel est là : l'amour et le pardon entre deux êtres plus qu'imparfaits mais tellement vrais.
P.L 
Si vous ne connaissez pas les frères Dardenne et que vous avez aimé ce film, n'hésitez pas à prendre connaissance de leur filmographie en visionnant “Rosetta”, “Le fils” ou “La promesse”. A défaut d'être exhaustif, cela sera instructif...


Publié le 18 octobre 2005 à 13:48:50 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (1) |

Théâtre : LES PETITS ENFANTS DU SIECLE

 D'après le roman de
Christiane Rochefort ; adaptation, mise en scène et jeu : Jérôme Sauvion.
Théâtre de l'Iris. Du 7 au 22 octobre 2005.


Des chaussettes...
... et encore des chaussettes. En un énorme tas, trônant au beau milieu de la scène, des petites, des grandes,des vertes, des bleues, des rouges, des jaunes... des chaussettes par milliers ! Et alors, nous direz-vous, quel rapport avec Les petits enfants du siècle ? Quel rapport entre ces petits bouts de laine et l'histoire de Josiane, issue d'une famille (très) nombreuse de Bagnolet ? Nous vous répondrons alors que ces chaussettes sont des symboles ! Elles représentent les différents membres de la famille : deux grandes beiges pour les parents, des plus petites, très colorées, pour les enfants et une paire pour les jumeaux, évidemment ! Voilà les compagnes de scène de Jérôme Sauvion ; voilà le seul « effet spécial » de sa mise en scène, très sobre. Il les utilise pour nous raconter son histoire,
ou plutôt celle de Josiane. Car c'est elle l'héroïne et narratrice du roman de Christiane Rochefort. C'est donc, tout naturellement, sa voix que nous transmet l'acteur, metteur en scène et adaptateur du texte ; il se glisse à merveille dans la peau de cette jeune banlieusarde au parler populaire. Il/elle nous narre le quotidien de sa famille de Bidochon, qui ne cesse de s'agrandir. A l'évocation de chaque naissance, une chaussette, soigneusement pendue sur un mince fil par Jérôme Sauvion, vient symboliser le nouveau né. Et le bruitage d'une caisse enregistreuse de souligner le gain de la famille : une machine à laver à la naissance de Patrick, un « frigidaire » à celle de Catherine... Et l'espoir d'une « bagnole » si jamais ces Bidochon atteignent les neuf gosses ! Ah, cesallocations familiales, quelle aubaine !
Josiane est la seule à ne pas se réjouir : en tant qu'aînée, elle s'occupe de toute cette marmaille et n'a plus de temps pour elle. A onze ans, son petit moment de bonheur, c'est celui des devoirs, le soir, quand tout le monde est couché ; elle se livre alors à son activité préférée : l'analyse grammaticale ! Et puis viennent le catéchisme, le certificat d'étude et, surtout, les garçons. Josiane se laisse ainsi entraîner par la vie et suit son destin de fille de
cité. Voilà ce que Jérôme Sauvion nous relate ;adoptant le plus souvent la voix de l'héroïne, mais nous livrant également des répliques de la mère (« Ah ce que je suis fatiguée ! ») ou du père (« Si on peut même plus regarder la télé tranquille... »), il nous fait revivre avec bonheur l'histoire de ces Petits enfants du siècle. On retrouve bien l'univers du roman de Christiane Rochefort et on s'y laisse porter par la voix de l'unique protagoniste. Seul avec ses
chaussettes, il réussit l'exploit de nous faire croire à son « tout petit monde ».
   
Caroline Vernisse (en partenariat avec le site www.theatrotheque.com)


Publié le 15 octobre 2005 à 16:59:39 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

Theâtre : L’ILE DES ESCLAVES

 Texte de Marivaux ; mise en scène
d'Eric Massé.
Théâtre des Célestins. Du 7 au 22 octobre 2005.


L'île de la cruauté

Tout commence avant le spectacle, ou plutôt, le
spectacle commence avant l'entrée scène des comédiens.
Alors que nous autres spectateurs sommes regroupés
devant l'entrée de la « petite salle » (nouvellement
créée aux Célestins) et bavardons bruyamment, surgit
soudain un homme, debout sur le bar, qui déclame une
tirade, sorte de prologue à la pièce : Est-ce un fou
ou, tout simplement, la pièce qui commence ?
La deuxième hypothèse étant, bien évidemment, la
bonne, tous les (futurs) spectateurs se taisent petit
à petit et écoutent le (futur) Trivelin de L'île des
esclaves s'emporter contre les injustices de la
société humaine, avant d'être invités à pénétrer dans
l'antre. Car c'est d'un antre qu'il s'agit : la petite
salle est plongée dans l'obscurité, une épaisse fumée
surprend tout le monde, masquant les lieux ; pour seul
point lumineux : un projecteur halogène qui éblouit
quiconque jette un oeil du côté de la scène.
L'atmosphère est posée : nous entrons dans un monde
hostile ; cette « île des esclaves » est a priori bien
peu accueillante.
Ce qui se confirme assez rapidement : Eric Massé fait
ressortir toute la cruauté qui était sous-jacente dans
l'oeuvre de Marivaux. Chez le dramaturge du 18ème
siècle, deux maîtres (un homme et une femme) et leurs
deux domestiques (une suivante et un valet) échouent
sur une île où des anciens esclaves ont pris le
pouvoir. Ces derniers, après avoir tué tous les
maîtres qui se présentaient dans un premier temps, ont
décidé de laisser la vie sauve aux nouveaux arrivants,
mais de les « rééduquer » (le mot fait peur !). Les
quatre naufragés vont ainsi être invités à échanger
leurs rôles ; le fait, fréquent chez Marivaux (voir Le
jeu de l'amour et du hasard, par exemple), devient
beaucoup plus qu'un simple jeu ici : les valets vont
user et abuser de leur nouveau pouvoir et exercer, à
leur tour, une tyrannie sur leurs anciens maîtres. La
nature humaine, et surtout sa vanité, se montre alors
sans toute sa splendeur. Qui se retrouve au pouvoir se
laisse griser et assouvit sa soif de domination. Voilà
ce que suggérait Marivaux, qui s'empressait tout de
même de faire rentrer les choses dans l'ordre.
La mise en scène d'Eric Massé souligne cette réflexion
sur la cruauté humaine. Tout en conservant le texte
original, le metteur en scène accentue le caractère
monstrueux de l'expérience insulaire. Les corps sont
mis à nu (au propre comme au figuré), ce qui abolit
tout repère social, tout privilège de classe : il n'y
a plus de valet ou de maître qui tiennent ; juste des
hommes, qui laissent libre cours à leurs pulsions. Et
des acteurs, tous excellents, qui s'en donnent à coeur
joie. Prenant place dans des sortes de cages
grillagées ou vitrées, sous la lumière des néons, ils
sont réduits aux rôles de cobayes... Ca ne vous rappelle
rien ?... Une île, quatre cobayes, hommes et femmes,
une sorte de maître du jeu, présentateur du
divertissement, et le public (censé constitué cette
république îlienne) parfois pris à parti... Réfléchissez
bien !
Et si vous ne voyez toujours pas, on ne peut que vous
inviter à aller vous plonger dans l'atmosphère si
particulière de cette petite salle. Certes L'île des
esclaves est un « classique » du théâtre, joué et
rejoué, vu et revu, mais cette mise en scène-là le
réactualise étonnamment et brillamment.
                                    Caroline Vernisse (en partenariat avec le site www.theatrotheque.com/)


Publié le 15 octobre 2005 à 16:52:29 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

GOAL, NAISSANCE D’UN PRODIGE

Demain, les amoureux du ballon rond seront à l'honneur avec la sortie ciné de Goal (vibrant hommage commercial au club anglais de Newcastle, entre autre) et, bien sûr, avec le match décisif pour le mondial 2006, France-Chypre...

Un film de Danny Cannon avec Kuno Becker, Stephen Dillane, Alessandro Nivola

Comme tous les gamins, Santiago Munez a un rêve, mais à la différence de beaucoup d'autres, il a peut être le don pour le réaliser. Lorsque ce jeune Latino de Los Angeles joue au foot dans son quartier, il le fait avec une passion et une virtuosité qui n'échappent pas à Glen Foy, chercheur de talents pour le mythique club anglais de Newcastle United. Santiago s'envole pour l'Europe et le début d'une nouvelle vie. Mais avant d'avoir une chance d'accomplir son destin et de jouer aux côtés de ceux qu'il admire, il devra affronter ses peurs, ses limites, découvrir la vie et aller au bout de lui-même...

Les dieux du stade s'ouvrent au cinéma

Réalisé par Danny Cannon, expert en thriller mais aussi en série télévisée (“The Young Americans”, Souviens toi l'été dernier 2”) le long métrage “Goal, naissance d'un prodige”,  renferme tous les avantages et les inconvénients d'une grosse production commerciale américaine. Sur le papier, nul doute  : l'histoire est, de prime abord, alléchante. Du football,  un rêve, un jeune bellâtre défavorisé, de l'amour, de l'émotion, mais aussi des coups, des tacles et des larmes...tous les ingrédients sont là, annonciateurs d'un bon moment de cinéma. Mais après une première mi-temps qui tient  (à peu près) ses promesses, nous voilà plongés dans un remake du dessin animé Olive et Tom. En usant (et abusant) de grosses ficelles scénaristiques, Danny Cannon finit par abreuver le spectateur de bons sentiments et de clichés exaspérants. Heureusement, le réalisateur pouvait compter sur son premier rôle, Kuno Becker (star de la télévision hispanique) pour donner à son film un peu de relief et de réalisme.  Fans de foot ou pas, soyons fair play. “Goal” c'est aussi un panorama exceptionnel du monde du football avec des prises de vue de match mémorables et des apparitions de guest improbables. 
P.L (article réalisé en partenariat avec INFOSLOISIRS.COM)


Publié le 11 octobre 2005 à 11:55:55 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

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