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Adaptation,scénographie et manipulation (des marionnettes) par
Ivan Pommet.
Théâtre de la Croix Rousse. Du 3 au 11 novembre 2005.
De Vérone à « liège »...
Ivan Pommet nous accueille au studio du théâtre de laCroix Rousse tel un barman derrière son comptoir. Son comptoir à lui, c'est une sorte de lucarne de carton. Là, il sert son spectacle au public. Mais avec lui,les bouchons ne sautent pas, ils s'animent. Ces petitsbouts de liège deviennent, dans les mains du barman magicien, des Capulet, des Montaigu et, parmi eux, Roméo et Juliette. Voilà les amants de Vérone
transformés en « amants de liège » ! Accompagnés par la musique de Prokofiev, les bouchonsde champagne se battent, tombent amoureux, se marient, se séparent, se tuent, tout comme chez Shakespeare. Ivan Pommet a simplifié la dramaturgie et remplacé les répliques en vers par des mots épars, voire des onomatopées ; mais tout y est : la rivalité des deux familles, l'histoire d'amour tragique. Le spectacle
est ainsi abordable pour les enfants (leurs réactions dans la salle le prouvent !) et néanmoins réjouissant pour les plus grands. Pour tous ceux qui connaissent
la pièce de Shakespeare, cette mise en scène de carton et de liège est amusante ; elle respecte la tragédie tout en l'allégeant. On sourit à la rencontre des amoureux, qui se découvrent en achetant du pop-corn !
On se prend même à rire quand la voix d'Ivan Pommet contrefait celle de Juliette et lance « mariage » à un Roméo plutôt étonné de sa première entrevue avec la
belle. Le liège ne nous laisse pas de marbre ! Nous sommes bluffés par un seul homme : le barman-marionnettiste, en outre adaptateur et metteur en scène de cette histoire, reconstitue tout un monde sous nos yeux simplement en animant et en faisant parler des bouchons. Certes, la musique de Prokofiev l'y aide quelque peu. Mais son talent tient surtout à la puissance suggestive de ses gestes, très précis, et
à la minutie de ses constructions, personnages comme décors. Ivan Pommet est très inventif ; avec lui, une pomme de pin symbolise un arbre, deux bouchons forment
un homme et un morceau de cagette devient tombeau. Les matériaux sont simples ; c'est leur utilisation qui est ingénieuse. Voilà donc de quoi séduire petits et grands. Le spectacle est distillé pour tous. Pas de champagne, juste les bouchons restants. Aussi ne ressort-on pas enivré de la représentation, mais franchement réjoui.
Caroline Vernisse (en partenariat avec www.theatrotheque.com)
Publié le 06 novembre 2005 à 18:10:39 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) | Permaliens
Publié le 04 novembre 2005 à 14:30:46 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) | Permaliens
Film américain de David Cronenberg avec Viggo
Mortensen, Maria Bello...
Parce qu’au cours d’un braquage, Tom Stall a abattu les deux malfrats qui menaçaient la vie des employés de son restaurant et celle de ses clients, il est désormais acclamé en héros et son aventure s’étale à la une de tous les médias. Alors qu’il essaie de
retrouver une vie normale loin des feux de l’actualité, un certain Carl Fogarty débarque, convaincu d’avoir reconnu en Tom celui avec qui il a eu autrefois de violents démêlés. Tom aura beau nier, désormais, Fogarty et ses hommes le traquent. Face à la menace, Tom et les siens vont devoir se battre.
Ame sensible, ne pas s’abstenir
Au départ de ce film très attendu, sélectionné au dernier festival de Cannes, des personnages sans envergure (une famille bien proprette), une histoire
basique (un père devient du jour au lendemain un héros local) et un décors familier (une petite ville américaine sans histoire) Mais ce qui aurait pu se réduire à un film grand public commercial, banal et bancal, s’il avait été réalisé par un metteur en scène de série télé, prend ici une tournure surprenante, presque choc. Pourquoi? Tout simplement grâce à la patte d’un réalisateur canadien hors pair, David...Cronenberg. Comme si le suffixe “Berg” était , dans le monde cinématographique, un label de qualité. Comme si chaque sujet, mainte fois abordé, prenait une dimension nouvelle, jamais explorée. Vous l’aurez compris, la violence demeure le sujet central de ce thriller sombre aux allures de western. La violence avec un petit et un grand “V”
“Il y a trois degrés de lecture dans le titre “A history of violence”. C’est d’abord, l’histoire du personnage, de son passé. Puis c’est l’histoire d’un pays et enfin, l’histoire de l’animal humain. Il faut comprendre que la violence n’est pas une maladie. Elle fait partie de l’équilibre d’un être humain.”; explique Cronenberg, présent la semaine dernière à Lyon. En prenant soin de conserver un suspens plus qu’inexistant dans le cinéma actuel, David Cronenberg réussi un tour de passe passe capital : ne pas anesthésier le spectateur face au crime et au sang.
Avec “A history of violence” vous passerez de la douceur à la brutalité en un quart de seconde. Vous comprendrez enfin l’intérêt et le sens des coups de feu. Et vous ne pourrez vous empêcher de penser “Mon mari est-il vraiment celui que je crois?”
P.L
L'institut Lumière propose une restrospective de la filmographie de David Cronenberg jusqu'à la fin de mois, avec entre autre les films "FRISSONS", "DEAD ZONE" et "LA MOUCHE"
retrouvez tous les horaires sur www.institut-lumiere.org
Publié le 01 novembre 2005 à 19:25:50 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) | Permaliens
Publié le 22 octobre 2005 à 18:41:13 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) | Permaliens
Publié le 20 octobre 2005 à 13:34:57 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) | Permaliens
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