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Cinéma : Sheitan

Film français de Kim Chapiron produit par Eric Neve et Vinvent Cassel avec Olivier Barthélémy, Roxane Mesquida, Nicolas Le Phat Tan, Leila Bekhti, Ladj Ly...

 Après une soirée en boîte bien arrosé, Ladj, Barth, Tai et Yasmine prennent la voiture pour passer les fêtes de Noel dans la masion de campagne de l'une de leurs d

A leur arrivée, au petit matin, les parents sont absents mais la vieille bâtisse est occupée par Jospeh, le gardien.

 

Critique

Note de la rédaction : Une critique n'est que le point de vue d'un cinéphile averti. Elle n'est en aucun cas une vérité absolue sur la qualité du long métrage.

Gare à ceux qui seraient tenter de crier "Sheitan? Encore un film d'horreur pour ados atardé..."

Avec "Sheitan" nous sommes bien loi, à des milliers de kilomètres même, des grosses productions trash américaines. "Sheitan" (interdit au moins de 16 ans) c'est surtout la découverte cinéma de ce début d'année 2006. Une découverte gore, sexy, drôle, moderne et innatendue. Une découverte montée de toute pièce par le collectif "Kourtjamé", avec à sa tête un jeune réalisateur déjanté Kim Chapiron, et un pro acteur, Vincent Cassel.

En bref, l'alliance de la créativité,de la spontanéité et du professionalisme.

Et au final, un premier long métrage qui parvient, de manière totalement déconcertante, à tenir le spectateur en haleine du début à la fin.

Suspens et originalité sont donc au rendez-vous. Mais Kim Chapiron n'hésite pas à emprunter des thèmes classiques ( la vieille maison isolée, les villageois hideux, le méchant ténébreux, la minette sexy...) sans en faire du réchauffé. Avec intelligence et audace, le jeune réalisateur détruit les codes, mêlant invraisemblance, délire diabolique, violence et gag.

Largement mis en avant par le jeu surmesure de ses acteurs, "Sheitan" nous ouvre de nouvelles perspectives, parfois dérangeantes mais toujours surprenantes.

Les + : l'apparition de Joseph au bout d'un quart d'heure de film

la BO du film avec des groupes comme La Caution, Oxmo Puccino, Gwana diffusion, Lord Funk, Mai lan TTC

NOTE DE LA REDACTION

Le premier internaute qui en fera la demande pourra recevoir le DVD du making of du film gratuitement.

e leurs copines.

Publié le 01 février 2006 à 18:59:38 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

Sortie Ciné : Vers le sud



Synopsis
Début des années 80. Haïti vit sous la coupe du dictateur Baby Doc. Malgré tout, le pays est une destination très prisée des nord-américains.
L'hôtel de La Petite Anse, installé sur une plage de la banlieue de Port au Prince, est un véritable éden tropical autour duquel gravite une bande de jeunes garçons qui échangent leurs charmes et leur tendresse contre quelques faveurs, un bon repas, parfois quelques dollars... Et surtout un peu d'affection et de calme.
Deux clientes américaines d'une cinquantaine d'années, voient leur vie bouleversée par la véritable passion amoureuse qu'elles éprouvent l'une et l'autre pour Legba, dix-huit ans tout au plus et beau comme un dieu, qu'elles viennent retrouver là chaque année.

Critique

Laurent Cantet nous renvoie 30 ans en arrière. Dans une époque où malgré la misère, la dictature, la souffrance, Haiti était encore un petit coin de paradis pour quelques touristes américains. De femmes en l'occurrence. Car, exceptionnellement, une fois n'est pas coutume,les rôles sont inversés. Il ne s'agit plus d'hommes quinquagénaires, en manque de chair fraîche, profitant  de la misère sociale de belles caraibéennes, mais de femmes occidentales, en mal de tendresse et d'attention. Le sujet est une première. Son approche méritait sensibilité, finesse et subtilité. Laurent Cantet ( L'emploi du temps, Ressources Hummaines) était sans doute l'homme de la situation. A partir d'une nouvelle de l'écrivain Dany Lafférière, il nous fait pénétrer dans la psychologie de ces femmes (aux caractères et aux attentes bien différentes), sans tabou ni vulgarité. Comme certains auraient eu plaisir à le faire, Cantet ne tombe jamais dans le glauque et le manichéisme. Ici, pas question de victime et de prédatrice.  Le film s'attache plus à montrer l'une des nombreuses faces d'un pays en proie à la pauvreté.
L'on ne retient alors que des regards tantôt perdus, gais, ou amers... Le regard perçant de Legba( Ménothy César), le regard dévorant d' Ellen (somptueuse Charlotte Rampling), le regard effrayé de Brenda ( Karen Youg)...



NOTE :
N'ayant pas pû réaliser le tournage à Haîti (en raison des problèmes politiques internes), Cantet et son équipe se sont exilés en République Dominicaine. Une scène a cependant pu être tournée à Port au Prince (à vous de deviner laquelle)




Publié le 24 janvier 2006 à 20:49:54 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

REQUIEM POUR UNE NONNE

. Texte d'Albert Camus, d'après William Faulkner ; mise en scène de Jacques Lassalle.
TNP. Du 14 au 21 janvier 2006.


Requiem for a « bad dream »

Le rideau se lève sur Nancy Manigoe (Martine Maximin), ancienne prostituée, noire, devenue gouvernante des
Stevens : elle est condamnée à mort pour le meurtre de l'enfant de ses patrons. La pièce semble s'ouvrir sur un tableau final. Cependant, Gavin, l'oncle des Stevens et avocat de la meurtrière (double fonction étonnante !), n'a pas dit son dernier mot. Tel un ange noir, une sorte de voix de la (mauvaise) conscience, il va hanter le domicile de ses neveux, Gowan et Temple, afin de faire avouer cette dernière... mais avouer quoi ? C'est tout l'enjeu de ce drame humain, écrit par Faulkner en 1951 et adapté pour le théâtre par Camus en 1956.


Une tension, sourde et pesante, liée à l'aveu sans cesse différé, s'instaure alors et perdure tout le temps de la représentation. Lenteur et intensité caractérisent les échanges entre les protagonistes. Ainsi se fait sentir le poids qui les accable ; tous semblent vaguement coupables sans que l'on sache de quoi. Et leur passé de ressurgir par bribes, des bribes que Temple nous livre au compte-goutte. C'est ce passé, mystérieux fardeau des Stevens, qui
constitue le noeud de l'intrigue. Petit à petit, nous allons découvrir l'histoire de Temple Drake, devenue Temple Stevens, et de sa rencontre avec Nancy Manigoe. Mais il nous faut attendre deux heures trente avant d'en connaître le fin mot. Car, si Temple n'est pas sur le divan du psychanalyste, c'est tout comme : ses souvenirs remontent péniblement à la surface.

Oscillant entre indépendance et soumission, entre sarcasme et honnêteté naïve, elle finit tout de même par lever le voile sur les huit dernières années de sa vie. Dans ce rôle de femme mystérieuse et fragile, Marie-Josée Croze est irréprochable. Son jeu acquiert une intensité qui convient parfaitement au rôle. Face à elle, Scali Delpeyrat incarne un mari faible, mais capable d'autodérision. Son interprétation de Gowan est convaincante. Lui et Temple se débattent avec leurs vieux démons sous le regard placide de l'oncle Gavin. Joué par Jacques Lassalle, ce dernier est le témoin, ou plutôt le metteur en scène de la tragédie : il donne un coup de pouce au destin en accouchant les esprits et en amenant ses neveux à la vérité nue. Voilà d'ailleurs une discrète mise en abyme de son rôle de metteur en scène de Requiem pour une nonne. Force tranquille, il donne le ton et le rythme de la représentation. Un rythme qu'on aurait aimé plus soutenu, mais qui semble convenir à une intrigue faite de tension et de mystère, qui repose sur le dévoilement des individus. De « l'autre côté des miroirs » qui encadrent la scène, se cachent des êtres
coupables et victimes à la fois, des êtres humains tout simplement. La réussite de la pièce est là, dans la révélation des personnes.
                                        Caroline Vernisse (en partenariat avec www.theatrotheque.com)



Publié le 20 janvier 2006 à 08:49:01 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

LE CARNAVAL BAROQUE


Conception et direction
artistique de Vincent Dumestre ; mise en scène de Cécile Roussat.
Théâtre des Célestins, du 6 au 20 janvier 2006.


Envoyez les violons, basses et bassons, basses de viole, flûtes et percussions ; c'est le Carnaval sur la scène des Célestins ! Un Carnaval, oui mais baroque s'il vous plaît. Vincent Dumestre et Cécile Roussat font revivre la Rome du 17ème siècle à travers ce moment de réjouissances où peuple et aristocrates se mêlent pour faire la fête. Sur scène, aux musiciens, se joignent des acrobates, des mimes, des jongleurs et des chanteurs d'opéra. C'est ainsi que le carnaval prend vie. Le spectacle est un plaisir pour tous les sens : la musique, qui va de la sérénade, mélancolique, à la tarentelle, beaucoup plus enjouée, n'a de cesse de surprendre nos oreilles ; le chant oscille, lui aussi, entre gravité et légèreté ; quant à la mise en scène, elle relie savamment acrobaties, mimes et jonglages pour séduire nos pupilles. Les artistes semblent s'en donner à coeur joie afin de nous émerveiller.

Sous des lumières magnifiques, qui recréent une atmosphère 17ème siècle, les quilles volent, les portes se déplacent, les tonneaux s'entassent pour accueillir les équilibristes, les cordes tombent du ciel et les « cordelistes » se balancent en tous sens. Au milieu de cet ensemble harmonieux, deux mimes, tels deux chiens dans un jeu de quilles (c'est le cas de le dire !), viennent commettre gaffe sur gaffe. Ils apportent une touche de comique à cette mise en scène parfaite en cassant le sérieux de son équilibre. Leurs pitreries, leur gestuelle caricaturale et leurs petits bruitages provoquent les rires de la salle. Ils servent d'intermèdes entre les différents morceaux de bravoure des chanteurs, jongleurs et autres acrobates.

Ainsi alternent des moments d'hilarité et des moments de contemplation. La beauté de la mise en scène repose sur ce mélange, bien dosé, d'une grande variété d'arts de la scène.

                                    Caroline Vernisse


Publié le 17 janvier 2006 à 13:53:12 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

Théâtre : La Tour de la Défense


 Texte de Copi ; mise en scène d'Emmanuel Daumas.
Théâtre des Ateliers. Du 6 au 29 janvier 2006.


« La tour de la défense infernale »

Paris, un 31 décembre 1977. Cinq personnages se retrouvent dans un appartement au sommet d'une tour de la Défense : Jean et Luc, un couple d'homosexuels sur le déclin, Micheline, un travesti mythomane, Daphnée, une jeune femme paumée et camée, et Ahmed, un bel arabe convoité par tout ce petit monde ; des protagonistes non conventionnels pour un spectacle déjanté ! Très vite, dans un décor kitchissime (canapé argenté et fausse vue sur Paris la nuit), ces « gais » convives vont s'en donner à coeur joie : pas de danse, chansonnette improvisée, lancer de gigot, bataille de salade, chasse au serpent... Bref, la soirée vire au délire collectif.


Le divertissement est efficace pendant une bonne heure. Le problème : la pièce dure deux heures et quart. La faiblesse de l'intrigue et le manque de bons mots se font sentir trop rapidement. Le huis clos s'essouffle et ne nous tire plus que quelques sourires dans la deuxième partie. Il semble que tout a été dit de cette extravagante petite bande et que la confrontation des cinq personnages n'apporte plus rien. Seule une affaire de meurtre (nous n'en dirons pas plus) survient, in extremis, afin de relancer la machine dramaturgique, mais trop tard ; nous nous
sommes déjà lassés.



Et pourtant, les comédiens se décarcassent pour nous faire rire. Nazareth Agopian incarne une folle très séduisante, chorégraphiant chacun de ses mouvements à outrance. Eddy Letexier, déjà très apprécié dans Le roi nu cette saison, excelle dans le registre de la nonchalance et de la bougonnerie et nous montre de nouveau son anatomie ! Quant à Radha Valli (Daphnée), Karim Qayouh (Ahmed) et Grégory Gouband (Micheline), rien à redire : ils sont à l'aise dans leurs rôles caricaturaux tout au long de la représentation.


Dommage que la partition qui leur a été impartie soit défaillante. La pièce aurait gagné en intensité en s'achevant plus rapidement ou en ménageant quelques rebondissements. Mais faites quand même le détour par cette « tour infernale » qui joue bien des tours à ses locataires ; vous passerez au moins une heure fort divertissante.
                                    
Caroline Vernisse (en partenariat avec www.theatrotheque.com)



Publié le 13 janvier 2006 à 11:56:21 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

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