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MERE ET FILS, COMEDIE NOCTURNE

Texte de Joël
Jouanneau ; mise en scène de Michel Raskine.
Théâtre du Point du Jour. Du 13 octobre au 22 décembre 2005.


« Comédie nocturne », c'est le sous-titre de Mère et fils, la pièce écrite par Joël Jouanneau et mise en scène par Michel Raskine, créée en octobre et jouée jusqu'en décembre au théâtre du Point du Jour. Un sous-titre qui tombe à point nommé pour une intrigue qui se termine justement au « point du jour » ! Une intrigue nocturne parce que son sujet est relativement sombre, mais aussi parce qu'elle se déroule la nuit, tout simplement. Une nuit. C'est tout le temps que s'accordent une mère (Marief Guittier) et un fils (David Mambouch) pour leurs retrouvailles, sept ans
après le départ du fils... Une fuite ou une « cavale », peu importe. Ce qui compte c'est ce silence de sept années ; un silence qui a brisé la relation mère-fils et instauré entre eux une distance infranchissable. L'essentiel de la pièce se joue dans cette relation tendue. La mère et le fils deviennent des adversaires sur le ring des sentiments. Deux fiertés s'affrontent. Aucun des deux protagonistes ne veut montrer la tendresse qu'il éprouve pour l'autre. Pourtant, même à travers leurs échanges les plus violents, elle transparaît. Marief Guittier et David Mambouch sont extrêmement émouvants. Ils expriment à merveille cette tendresse sans cesse refoulée. Leurs corps traduisent
l'hésitation à aller vers l'autre ; leurs voix oscillent entre violence et douceur. La tension demeure ainsi durant toute la nuit, avec quelques accalmies, le temps d'une chanson ou d'un air du souvenir. Car le passé est continuellement présent lors de cette confrontation. Si le fils est revenu, c'est pour avoir des explications à ce sujet. Voilà l'autre fil conducteur de cette comédie nocturne. Deux éléments du passé, liés l'un à l'autre, ont motivé la venue du fils, devenu écrivain. L'écrivain veut connaître la vérité sur l'histoire, très sombre, dont il a fait un livre, d'un petit juif du village, livré à l'ennemi pendant la guerre. Le fils veut connaître la vérité sur la disparition de son père, officiellement emmené par l'ennemi pour s'être opposé à l'arrestation du petit juif. La mère livrera-t-elle sa mémoire, seule arme qu'elle possède pour garder le fils à la maison un petit peu encore... ? Le suspense est entretenu le temps d'une nuit. A huis clos, sous les étoiles (saluons là les jeux de lumière, impeccables !), mère et fils se résistent mais se rapprochent. La figure du père et du mari disparu les unit irrémédiablement. Car tous les deux connaissent le même manque. C'est donc cette personne absente qui surgit tout naturellement du rapprochement des deux autres. Ombre, souvenir ou réalité, Verschueren, le père, le mari, l'amant tant aimé nous apparaît, incarné par Christian Ruché. Alors que tout semblait terminé, les machinistes changent le décor : ils remplacent l'unique façade de maison, en papier noir, par une autre, éclatante de couleur, striée de bleu, de blanc et de rouge. Et là, l'acteur fait son apparition. Christian Ruché nous joue un petit numéro, relativement comique (c'est tout de même une « comédie » nocturne), très bon, mais déconnecté du reste. Onaurait aimé rester imprégné de la douce atmosphère nocturne qui baignait la relation mère-fils. La rupture de ton nous en tire à regret. Cependant cette deuxième pièce dans la pièce, cette arrivée (onirique ?) du père ne cesse de nous interroger, signe de son efficacité dramaturgique. Mère et fils ne serait-elle en fait qu'une « comédie du père » ?
                                              
 Caroline Vernisse (en partenariat avec le site www.theatrotheque.com)


Publié le 08 novembre 2005 à 15:30:01 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

ROMEO ET JULIETTE, LES AMANTS DE LIEGE.

 Adaptation,scénographie et manipulation (des marionnettes) par
Ivan Pommet.
Théâtre de la Croix Rousse. Du 3 au 11 novembre 2005.

De Vérone à « liège »...

Ivan Pommet nous accueille au studio du théâtre de laCroix Rousse tel un barman derrière son comptoir. Son comptoir à lui, c'est une sorte de lucarne de carton. Là, il sert son spectacle au public. Mais avec lui,les bouchons ne sautent pas, ils s'animent. Ces petitsbouts de liège deviennent, dans les mains du barman magicien, des Capulet, des Montaigu et,  parmi eux, Roméo et Juliette. Voilà les amants de Vérone
transformés en « amants de liège » ! Accompagnés par la musique de Prokofiev, les bouchonsde champagne se battent, tombent amoureux, se marient, se séparent, se tuent, tout comme chez Shakespeare. Ivan Pommet a simplifié la dramaturgie et remplacé les répliques en vers par des mots épars, voire des onomatopées ; mais tout y est : la rivalité des deux familles, l'histoire d'amour tragique. Le spectacle
est ainsi abordable pour les enfants (leurs réactions dans la salle le prouvent !) et néanmoins réjouissant pour les plus grands. Pour tous ceux qui connaissent
la pièce de Shakespeare, cette mise en scène de carton et de liège est amusante ; elle respecte la tragédie tout en l'allégeant. On sourit à la rencontre des amoureux, qui se découvrent en achetant du pop-corn !
On se prend même à rire quand la voix d'Ivan Pommet contrefait celle de Juliette et lance « mariage » à un Roméo plutôt étonné de sa première entrevue avec la
belle. Le liège ne nous laisse pas de marbre ! Nous sommes bluffés par un seul homme : le barman-marionnettiste, en outre adaptateur et metteur en scène de cette histoire, reconstitue tout un monde sous nos yeux simplement en animant et en faisant parler des bouchons. Certes, la musique de Prokofiev l'y aide quelque peu. Mais son talent tient surtout à la puissance suggestive de ses gestes, très précis, et
à la minutie de ses constructions, personnages comme décors. Ivan Pommet est très inventif ; avec lui, une pomme de pin symbolise un arbre, deux bouchons forment
un homme et un morceau de cagette devient tombeau. Les matériaux sont simples ; c'est leur utilisation qui est ingénieuse. Voilà donc de quoi séduire petits et grands. Le spectacle est distillé pour tous. Pas de champagne, juste les bouchons restants. Aussi ne ressort-on pas enivré de la représentation, mais franchement réjoui.

      Caroline Vernisse (en partenariat avec www.theatrotheque.com)



 

Publié le 06 novembre 2005 à 18:10:39 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

MA FAMILLE

Texte de Carlos Liscano ; mise en scène de
Michel Didym.
Théâtre de la Croix Rousse. Du 3 au 5 novembre 2005.


« Je vends donc je suis »

Quatre comédiens et un pianiste. Une table, des chaises et une branche d’arbre en tissu. Voilà qui suffit à Michel Didym pour mettre en scène le texte de Carlos Liscano : l’histoire d’une famille nombreuse (du moins quand une partie n’en est pas vendue !) et pauvre, qui, pour subsister, pratique le commerce d’enfants. Vous voyez déjà arriver les violons… Pas du tout. La pièce de Liscano ne se veut aucunement pathétique. La famille en question vend, échange, rachète la progéniture dans la joie et la bonne humeur. Façon provocatrice de désacraliser des liens considérés depuis toujours comme indissolubles,
certainement. Mais c’est aussi, tout simplement, une façon de faire rire d’un sujet sensible. Car, si la vente d’enfants est un thème d’actualité dans certains pays pauvres, elle est suffisamment caricaturée et poussée à l’extrême sur la scène pour qu’on en oublie
son aspect tragique. Humour noir et légèreté coexistent ainsi avec réussite. Les répliques font sourire, parfois rire ; rien n’est fait pour apitoyer le spectateur.
C’est que la voix qui raconte, celle d’un fils de la famille, qui deviendra père puis grand-père à son tour, conserve tout du long une tonalité joyeuse. A l’instar du piano qui l’accompagne, elle est vive et gaie, parfois même virevoltante. Paroles et chansons
alternent afin de nous faire revivre quelques grands moments de l’existence de ces commerçants nés : ventes d’enfants au marché, rachats de membres épars à l’occasion de banquets familiaux, mais aussi placement de vieux en dépôt-vente, ou encore troc d’un fils
contre la télé… Bref, un quotidien animé ! Si bien que, malgré quelques réticences face à ce sujet peu commun au début, on se laisse finalement entraîné par ce petit monde réjouissant et loufoque. Au lieu de le juger, on l’accepte tel qu’il est ; pire, on entre
dans sa logique ; plus rien ne nous étonne, pas plus le fait qu’un homme vive dans un arbre que le fait qu’une femme veuille vendre son mari pour un réfrigérateur ; on en vient même à attendre impatiemment le récit d’une nouvelle vente !
Chaque épisode nous réjouit d’autant plus qu’il nous est narré et représenté à la fois. C’est la principale originalité de la pièce : les quatre acteurs racontent et jouent ce qu’ils racontent en même temps. Mieux : chacun endosse différents rôles (père, mère, enfant,
grand-parent…) et chaque rôle est partagé par plusieurs d’entre eux. Les comédiens mêlent ainsi leurs quatre voix dans une savoureuse polyphonie. De quoi dynamiser la représentation sans perdre l’attention du spectateur pour autant. Les costumes, plus symboliques que réalistes, viennent rappeler qui est qui. Rapidement pliés ou dépliés par les protagonistes, ils suggèrent avec humour quel est leur rôle du moment : un petit costume d’enfant pendu au cou, l’un devient le héros de la famille ; un tablier avec deux coussins-seins, un autre devient la mère ; une branche d’arbre enfilée sur le bras, un autre encore se transforme en frère « arboricole »… Autant de moyens très simples pour reconstituer cet univers original auquel Michel Didym réussit à nous faire croire. Alors, si vous êtes en quête d’un spectacle dépaysant, n’hésitez pas à vendre père et mère pour
vous payer une place au théâtre de la Croix Rousse !

Caroline Vernisse (en partenariat avec le site Theatrothèque.com)

Publié le 04 novembre 2005 à 14:30:46 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

A HISTORY OF VIOLENCE



Film américain de David Cronenberg avec Viggo
Mortensen, Maria Bello...

Parce qu’au cours d’un braquage, Tom Stall a abattu les deux malfrats qui menaçaient la vie des employés de son restaurant et celle de ses clients, il est désormais acclamé en héros et son aventure s’étale à la une de tous les médias. Alors qu’il essaie de
retrouver une vie normale loin des feux de l’actualité, un certain Carl Fogarty débarque, convaincu d’avoir reconnu en Tom celui avec qui il a eu autrefois de violents démêlés. Tom aura beau nier, désormais, Fogarty et ses hommes le traquent. Face à la menace, Tom et les siens vont devoir se battre.

Ame sensible, ne pas s’abstenir

Au départ de ce film très attendu, sélectionné au dernier festival de Cannes, des personnages sans envergure (une famille bien proprette), une histoire
basique (un père  devient du jour au lendemain un héros local) et un décors familier (une petite ville américaine sans histoire) Mais ce qui aurait pu se réduire à un film grand public commercial, banal et bancal, s’il avait été réalisé par un metteur en scène de série télé, prend ici une tournure surprenante, presque choc. Pourquoi? Tout simplement grâce à la patte d’un réalisateur canadien hors pair, David...Cronenberg. Comme si le suffixe “Berg” était , dans le monde cinématographique, un label de qualité. Comme si chaque sujet, mainte fois abordé, prenait une dimension nouvelle, jamais explorée.  Vous l’aurez compris, la violence demeure le sujet central de ce thriller sombre aux allures de western. La violence avec un petit et un grand “V”
“Il y a trois degrés de lecture dans le titre “A history of violence”. C’est d’abord, l’histoire du personnage, de son passé. Puis c’est l’histoire d’un pays et enfin, l’histoire de l’animal humain. Il faut comprendre que la violence n’est pas une maladie. Elle fait partie de l’équilibre d’un être humain.”; explique Cronenberg, présent la semaine dernière à Lyon. En prenant soin de conserver un suspens plus qu’inexistant dans le cinéma actuel, David Cronenberg réussi un tour de passe passe capital : ne pas anesthésier le spectateur face au crime et au sang.
Avec “A history of violence” vous passerez de la douceur à la brutalité en un quart de seconde. Vous comprendrez enfin l’intérêt et le sens des coups de feu. Et vous ne pourrez vous empêcher de penser “Mon mari est-il vraiment celui que je crois?”

P.L

L'institut Lumière propose une restrospective de la filmographie de David Cronenberg jusqu'à la fin de mois, avec entre autre les films "FRISSONS", "DEAD ZONE" et "LA MOUCHE"

retrouvez tous les horaires sur www.institut-lumiere.org

Publié le 01 novembre 2005 à 19:25:50 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

Greenpeace contre-attaque


Vous avez jusqu'à samedi après-midi pour profiter d'une exposition originale sur les dangers du nucléaire, à la Mairie du 4ème.

“EDF, grâce à toi l'Empire Atomique a encore des longs jours devant lui”, “Le pouvoir du côté obscur de l'énergie est immense”...Le texte des douze panneaux présentés lors de l'exposition Greenpeace  sur les dangers du nucléaire attire l'oeil et fait naître les sourires. En s'inspirant de la trilogie Star Wars, l'association internationale a pris le parti de jouer la carte de l'humour. Et cela afin de mieux capter l'intérêt du visiteur.
Au détour de deux dessins, réalisés par Steven Lejeune, le public peut découvrir des containers de plutonium, des canisters * ainsi que des petits films retraçants l'histoire du nucléaire et les actions de Greenpeace en France. L'ensemble est décalé, instructif et non-conventionnel. Le message est, quant à lui, sans équivoque : “Prévenir sur les dangers des déchets nucléaires et sur la sécurité des centrales.” Saviez vous, par exemple, que 23% de la production nationale d'énergie provient du nucléaire, que la France importe son uranium de pays comme le Niger, et qu'en 2006, une loi sera votée sur les déchets nucléaires?
P.L

*Containers pour stocker les déchets nucléaires les plus dangereux. (environ 3%)         
Ces poubelles sont actuellement conservées à La Hague, et ne sont pas enfouies dans le sol.

www.rebellion-energetique.org
www.greenpeace.fr




Publié le 28 octobre 2005 à 18:11:30 dans Reportages | Commentaires (0) |

Attention aux chiens!


Il y a ceux qui en ont peur, ceux qui en sont gagas... même si les chiens ont leur place parmi nous depuis toujours, il n'est pas forcément évident de les intégrer à la vie en communauté urbaine. Qu'en est-il de leur bien être en ville?
Propriétaires non-citoyens s'abstenir...

Dans le Vésinet, en Ile de France, de petits cornets en carton sont distribués à la mairie, chez les vétérinaires, en animalerie... A Lyon, ce sont des sacs noirs en plastique qui sont destinés à ramasser les crottes de nos chers toutous : le site de la mairie décompte une cinquantaine de distributeurs et environ 12 espaces d'hygiène éparpillés dans la ville. Au goût de chacun, ces lieux mériteraient d'être multipliés, de façon à ne plus faire des pattes et des mains pour conserver la propreté de sa peau et surtout, des trottoirs. Pour exemple, ce témoignage de Wonderkiki (paru sur le blog de i-canut) qui en dit long sur l'exaspération des habitants : « je propose la nomination des rues au concours de Laquelle est la plus sale ? Pour la place de 1e dauphine, je propose la rue de Cuire. Je la parcours régulièrement pour aller faire trois courses à Monoprix et aller à la bibliothèque municipale et je constate que cette rue ne semble ne jamais avoir été nettoyée. Autant dire qu'elle pue (désolée mais il n'y a pas d'autre mot) : la pisse et la crotte (...). »
Certains objecteront immédiatement qu'il ne suffit pas d'avoir le fameux sac sous les yeux pour s'en servir... Et pour preuve, qui n'a jamais mis le mauvais pied dedans [ .....], de bon matin ? Vous l'aurez compris, les déjections canines sont l'une des préoccupations majeures des communautés urbaines et la première cause de « dérapage » des habitants... Chaque année,   40 000 tonnes de déjections pour 180 000 chiens environ, sont ramassées par la ville de Lyon.
Mais le chien ne se réduit pas à ses crottes. L'animal est aussi essentiel au paysage urbain que nos braves pigeons, contribuant à la biodiversité.
« Sans animaux, la ville meurt. », précise à ce propos Geneviève Bernardin, Chargée de mission Animalité Urbaine*.
Par ailleurs, le chien sait se faire apprécier des humains grâce à ses nombreux service rendus : guide pour aveugles, bien souvent médiateur des exclus, intimidateur de cambrioleurs... Il est donc de notre devoir de veiller à leur bien être dans ce milieu urbain agressif qui n'est pas le leur. Or un chien qui ne court pas, ne joue pas, ne renifle pas, ne jappe pas, ne mordille pas, ne s'ébroue pas, est un chien dénaturé.

En ville, l'idéal semble être ces espaces réservés à leurs ébats, à leur détente, lieux également propices à la conversation, à la socialisation de leurs propriétaires. Près du vélodrome, dans le parc de la Tête d'or, les habitués ont leurs heures. Polly, Smorky, Artic, Junior, Youni,Tempête, Lally, Husk et tellement d'autres se retrouvent. Mais comme le rappelle G. Bernardin, la signalétique concernant ces espaces doit être absolument développée : une grande majorité sait bien qu'il est interdit de lâcher son chien partout... mais finalement, où peut-on le faire ?  Il s'agit aussi d'une signalétique de rencontre possible entre l'homme et l'animal ; où peut-on l'observer, le découvrir ? Un support fort de communication, médiatique et de proximité, s'avère donc nécessaire, tout comme la construction d'autres espaces. La Croix-Rousse fait partie de ces quartiers qui n'en possèdent aucun. Paradoxalement, des cours gratuits d'éducation canine et des balades y ont été organisés depuis avril. Des chiens vivent donc dans ce 4ème arrondissement... A l'issu de ces journées, 60 diplômes ont été remis aux participants, dans un esprit de pédagogie et d'encouragement.. La collectivité témoigne ainsi de sa reconnaissance pour l'effort fourni, tout en incitant le participant à devenir une référence et un interlocuteur. Car le citoyen responsable, celui qui sait gérer son chien (propreté, conduite, bien-être...), doit être entendu. L'une des organisatrices, Madame Bernardin, envisage de faire évoluer ces diplômes en autorisations d'accès aux transports en commun. Pour le moment, on voit naître un début de tolérance en dehors des heures de pointe. Mais par exemple, pourquoi ne pas autoriser les lignes de bus rejoignant le parc de Miribel Jonage, ou celles menant aux espaces réservés ? Mme Bernardin s'appuie sur l'exemple de la ville de Turin qui a fait cette démarche de formation des maîtres. Or, en quelques mois le taux d'insécurité dans les transports a visiblement diminué : « Lorsqu'il y a des chiens bien conduits, présents sur l'espace public ou dans les transports, on est plus détendu, les choses se passent mieux et la sécurité est plus grande. Pourquoi se passer d'une chose aussi simple ? »
Actuellement c'est le 6ème arrondissement qui profite des cours d'éducation canine, encadrés par des spécialistes, tel l'éducateur Marc Meunier: « Le Grand Lyon, la Ville de Lyon et la Mairie du 6ème proposent ces rendez-vous pour faciliter la cohabitation homme-animal en ville et améliorer notre cadre de vie », explique le prospectus. La mission animalité urbaine a aussi pour projet la création de modules interactifs en direction des enfants. Trois intervenants humains et trois canins se présenteront devant des demi-classes d'une quinzaine d'élèves afin de les informer des démarches effectuées. Objectifs de la démarche : laisser les enfnats s'exprimer face à l'animal tout en leur expliquant comment prévenir un accident.

    Le premier octobre a été inauguré la fête mondiale des animaux. Parmi eux, le chien.
« On se réclame d'espaces publics partagés, de lien social, de cohésion... Il faut faire en sorte qu'ils soient réellement partageables », rappelle G. Bernardin. En effet, respect et tolérance réciproques sont primordiaux, face à la présence du chien en ville, qui pose bien trop de questions pour ne pas être entendues. Il est essentiel de sécuriser le passant, de responsabiliser le propriétaire, et de veiller au bien-être de nos compagnons à quatre pattes. De cette façon, les balades canines deviendront peut-être bientôt aussi simples et évidentes que les rando-rollers.
Emilie Drugeon
RDV le 3 décembre pour le spectacle « chien lumière », avec la Fédération Nationale des chiens guides...  (renseignement au centre d'animalité urbaine)


*Animalité urbaine
83 cours de la liberté –69003 Lyon
tel 04 78 95 67 79
fax 04 78 95 88 26
port. : 06 67 17 44 60
gbernardin@grandlyon.org




Publié le 27 octobre 2005 à 20:47:41 dans Reportages | Commentaires (6) |

“Ils sont beaux mes journaux!”


On ne le répétera jamais assez : la presse payante est en crise. Reste à savoir qui en sont les premières victimes...

A Lyon, ils sont au nombre de sept. A Marseille, l'on en dénombre plus de soixante. Quant à notre chère capitale, il y en aurait près de 280. Tour à tour marchands de canards et acteurs de quartier, il s'agit bien sûr des....kiosquiers. Quelque soit leur implantation, un constat les rassemble : la difficulté de tenir, d'être tout simplement rentable.

Place de la république, le kiosque d'Armand Rodet bénéficie d'un emplacement de choix. Malheureusement, le lieu, qui voit défiler chaque jour des centaines de badauds, n'est pas synonyme de gloire commerciale. “Depuis que la presse se porte mal c'est de plus en plus dur” Kiosquier depuis l'âge de 17 ans, Armand a suivi les traces de ses parents. Cela fait aujourd'hui près de 24 ans qu'il exerce sa profession dans le quartier Cordelier-République. En duo avec son épouse, le couple réalise des horaires contraignants. Le métier est ainsi. Le commerce doit être ouvert dès 5h30 pour fermer quatorze heures plus tard, aux alentours de 19h. Qu'il pleuve ou qu'il vente, les commerçants répondent présents toute l'année. “Nous tenons le coup mais après, qui prendra notre place? Ce n'est pas un métier d'avenir pour les jeunes.” Actuellement en contrat avec le groupe publicitaire de presse AAP (administration d'affichage et de publicité) Armand ne se fait guère d'illusion sur l'avenir. Difficile pour lui de trouver encore des avantages à son métier, même si, dans un regain d'optimisme, l'homme souligne les bons côtés du contact avec la population. “Contrairement au buraliste, nous ne sommes pas enfermés.” ajoute t-il. Les inconvénients se sont logiquement les horaires, le climat, l'irrespect de certains passants à leur égard. “Nous sommes un vrai syndicat d'initiatives. Et si l'on était payé 50 centimes pour chaque renseignement donné, les fins de mois seraient plus confortables. Mais bon, quand c'est demandé gentiment, nous répondons avec plaisir.” explique Armand, avec un soupçon d'ironie.

Au-delà de ses conditions professionnelles, Armand Rodet pose un regard éclairé sur l'univers de la presse. Pour lui, le doute n'est plus permis : la presse gratuite plombe la vente des quotidiens payants. “Certains ont beau affirmer le contraire, je peux vous dire que l'arrivée de ces titres gratuits a eu un véritable impact. Auparavant, j'avais des clients qui m'achetaient le journal juste pour les gros titres. Aujourd'hui, le contenu d'un Métro ou d'un Lyon+ leur suffit largement.” Quelque peu désabusé, le kiosquier avance des chiffres édifiants. “En quelques années, les ventes du quotidien national Le Monde sont passés, à Lyon, de 6000 à 2000!” 

Entre deux coup de gueule, habitués ou gens de passage sortent quelques euros de leur portes monnaies pour acheter leur titre favori. Ce matin là, Le Progrès et Le Figaro semblent figurer en tête du classement. Notons cependant la vente d'un “Hockey magazine”. Et soulignons que “non”, les kiosquiers ne distribuent pas le guide 2006 du “Petit paumé”. “Actuellement, les meilleures ventes sont Le Progrès, les magazines Télé et people, et puis la presse féminines et les news comme Le Point, l'Express...” Parmi le florilège de titres que compte son kiosque, certains ne seront jamais vendus. “Nous sommes livrés par la SAD (société de diffusion de presse) qui nous impose les titres.”, rend compte Armand. Bilan des opérations : pour les clients qui savent ce qu'ils veulent, cette multiplication de papiers n'est pas un handicap. En revanche, pour les gens qui n'ont pas fais leur choix, le temps de réflexion peut être fatal. “ Aujourd'hui, ça pullule de nouveaux magazines.”

Mais le vrai défi pour la presse ne serait -il pas de séduire les consommateurs de demain? Sans être réactionnaire, Armand a son petit avis sur la question. “Les jeunes d'aujourd'hui aiment le “vite fait, le vite jeté”. Ils n'ont pas appris à conserver les choses. Et puis, il y a internet...”
Le temps de la lecture au petit déjeuner est-il révolu dans les foyers français? Pourtant, quel parent n'a jamais observé son rejeton lire le dos de sa boite de céréales devant son bol de chocolat chaud...

P.L



Publié le 26 octobre 2005 à 10:43:28 dans Portrait de quartier | Commentaires (0) |

COURT SUCRE OU LONG SANS SUCRE ?


Comédie de Sylvie Audcoeur, David Basant, Bruno Chapelle et Olivier Yeni
 mise en scène par Michel Bernini.
Théâtre de Lulu sur la colline. Du 12 octobre 2005 à
fin janvier 2006.

Court et salé...
... voilà plutôt comment on pourrait définir le nouveau spectacle présenté au théâtre de Lulu sur la colline.Cette comédie avait déjà fait ses preuves à Paris où la troupe du Splendid l'avait jouée pendant plusieurs mois avec succès au café de la gare. Les avis étaient alors unanimes : Court sucré ou long sans sucre ? était une pièce très drôle, servie par de très bons comédiens. Le texte, sans conteste très salé, n'avait donc plus qu'à trouver de nouveaux interprètes à la hauteur. Voilà le défi que devaient relever Michel Bernini et son équipe. Pari réussi. La troupe de Lulu sur la colline nous fait passer une heure vingt de gaieté et de franc rire. Dans une boîte de communication événementielle, Patrick, Chloé et Aldo sont en effervescence : ils sont sur le point de signer un gros contrat avec « Flossel » pour l'organisation de sa convention. Le problème, ou plutôt les problèmes : Thierry, le responsable de la communication du géant de la charcuterie Flossel, est amoureux de Chloé, qui, elle, aime Patrick, qui est marié et qui est également convoité par Nancy Killigan, la nouvelle « adjointe » envoyée pour superviser le travail de Patrick. Une situation quasi racinienne ! A cela près qu'un certain Aldo, gaffeur de service, électron libre au sein du groupe, est là pour dynamiter toute l'organisation de ce petit monde. Patrick ne veut pas coucher avec Nancy pour assurer la signature de la convention ? Qu'à cela ne tienne, Aldo s'en chargera ! Le même Patrick ne veut pas avouer à Chloé, sa maîtresse, qu'il a renoué avec sa femme ; ça n'est pas un problème : Aldo prendra la faute à son compte... Voilà comment créer des situations de comédie complètement loufoques (voir la scène de la fessée !). Les intrigues se superposent et s'entremêlent pour notre plus grand plaisir. Quiproquos, travestissement, dissimulation, mensonges, trahisons (et plus si affinités), tout est réuni pour nous faire passer un savoureux moment, dans la plus pure tradition de la farce. Les acteurs eux-mêmes semblent s'amuser sur scène. Ils nous communiquent très vite leur enthousiasme. Avant même la représentation, Michel Bernini, formidable Aldo, déclenche l'hilarité générale  en se transformant en chauffeur de public. Et il continue à chacune de ses apparitions sur scène : qu'il joue les Cyrano, caché derrière le canapé, où il souffle la réplique à un Patrick mortifié par Nancy la killeuse, ou qu'il devienne compositeur de musique de pub (« les rillettes c'est très chouette ! »), il séduit tous les spectateurs de Lulu. Mais n'oublions pas qu'il est très bien entouré : Kaddour Dorgham campe un Patrick lâche et stressé à souhait, Stéphane Dispirito (remplaçant exceptionnellement Julien Testard) s'en sort très bien en Thierry coincé (voire sa chorégraphie terrible sur une musique de Cloclo) ; Carole Benhamou fait une très bonne commerciale, sans scrupule, préoccupée uniquement de son futur intérieur ; quant à Laurence Thinot, elle incarne une consultante nymphomane, dévouée corps et âme à son cabinet, « Touch and burns ».  Le petit monde de l'entreprise est ainsi représenté et caricaturé sur un ton léger. Alors, si vous êtesresponsable commercial, consultant ou encoreconseiller en communication, n'hésitez pas à aller vous regarder dans ce miroir déformant. 

Caroline Vernisse (en partenariat avec le site Theatrotheques.com)



Publié le 22 octobre 2005 à 18:41:13 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

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