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LES AMOURS


 Textes de Stacy Doris et Anne Portugal.
Mise en scène d'Eric Vautrin.
Théâtre des Ateliers. Du 2 au 17 décembre.


                    Désamours

Vous aimez l'art contemporain ? Vous aimez, plus précisément, la poésie contemporaine ? Vous appréciez
également le théâtre d'avant-garde et la musique expérimentale ? N'hésitez pas une seconde : allez au théâtre des Ateliers voir Les Amours ! Le spectacle possède tous ces ingrédients à la fois. Présenté en résonance avec la Biennale d'art contemporain, il se présente en deux parties, toutes deux fondées sur des textes poétiques qui traitent de l'amour. Dans la première, Gaël Leveugle et Raphaël Defour disent des extraits de Paramour de Stacy Doris,
poétesse américaine. Les poèmes, tirés du « livre des garçons » et de « comment aimer », abordent les thèmes
de la rencontre amoureuse, du désir et de l'acte sexuel. De manière fragmentaire et disparate, les textes s'enchaînent sur fond de batterie électronique. Les deux comédiens prononcent les mots de la poétesse
avec légèreté, sur un ton parfois burlesque, parfois plus sensuel. 

Jamais ils ne prennent complètement au sérieux. Ils passent sans complexe du manteau de fourrure féminin et du costume blanc un peu ringard au slip kangourou, toujours égrenant des chapelets de mots décousus. Le public s'en trouve amusé... et dépité. Difficile d'entrer dans l'univers d'un tel texte. Difficile de rester attentif à un flux de paroles dont le sens ne se livre pas facilement. Et plus rude encore est la tâche du spectateur dans la deuxième partie. Pascale Nandillon, seule en scène, ou plutôt seule au-dessus de la scène, récite un texte d'Anne Portugal, « la formule flirt », spécialement écrit pour le spectacle. La comédienne, suspendue dans les airs et auréolée de lumière verte, s'active au-dessus un tapis de scène gonflé d'air : l'effet est assez spectaculaire.

 Mais, hélas, là s'arrête l'intérêt de cette seconde partie. Le texte, soi-disant composé autour du personnage de Marguerite de Faust, est incompréhensible. Il est quasiment impossible, à la simple écoute, de saisir le sens des mots. Non, ce n'est pas « plus clair », comme le dit la comédienne alors qu'elle mentionne « canal plus » ! Le public se trouve égaré dès le début et la petite fée verte monologue en vain. L'art contemporain ne s'offre décidément pas à tout le monde !

    Vous aimez donc la poésie contemporaine, le théâtre d'avant-garde, la musique expérimentale... et, surtout,
vous pensez faire partie du happy few à qui s'adresse cet art ? N'hésitez vraiment plus : courez au théâtre des Ateliers !

                                    Caroline Vernisse



Publié le 05 décembre 2005 à 20:30:08 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

THE NIGHT HERON

. Texte de Butterworth ; mise en scène d'Emmanuel Meirieu.
Théâtre de la Croix Rousse. Du 22 novembre au 10 décembre 2005.


L'Arlésienne

The Night Heron, c'est l'Arlésienne de la pièce de Jez Butterworth, le « corbeau de nuit » qu'on ne verra jamais. Le problème, c'est que l'intrigue, elle aussi est une Arlésienne dans The Night Heron. Le texte de Jez Butterworth, auteur londonien contemporain, mis en scène par Emmanuel Meirieu, jeune metteur en scène autodidacte, se situe entre polar noir et théâtre de l'absurde. Du polar noir, il a l'atmosphère et les personnages inquiétants. Du théâtre de l'absurde, il a l'absence d'intrigue et les mêmes personnages, inquiétants certes, mais aussi paumés, sans but et sans véritable projet. Un vague concours de poésie est bien évoqué ; à la clé : deux mille livres qui permettraient de vivre quelques mois à ces chômeurs psychopathes ( ?) ; mais l'idée est vite oubliée et le kidnapping d'un étudiant en Lettres, chargé de l'écriture du poème, seul rebondissement de l'histoire, survient un peu tard.

Nous passons les trois quarts de la représentation à attendre... en vain. Les deux héros, Griffin et Wattmore, parlent dans le vide. Une confuse inculpation de Wattmore pour pédophilie est évoquée, ainsi que le renvoi des deux hommes de leurs postes de jardiniers à la faculté et leur vie dans le marais, où des inconnus viennent en quête du « night heron ». La visite de leurs prétendus amis et l'hébergement de l'étrange Fiona nous laissent espérer un temps une quelconque péripétie ; mais toujours rien. Fiona a bien un passé de criminelle ; elle se comporte de façon agressive... Rien à faire, nous n'arrivons pas à entrer dans cet univers ; pas l'ombre d'un soupçon de crainte sur notre front, pas le moindre sursaut.

Et pourtant les comédiens sont bons, à commencer par l'interprète de Griffin. Leur jeu n'est pas théâtral ; au contraire, très naturels, ils apparaissent presque comme des acteurs de cinéma. L'intention est bonne, le résultat moins convaincant : tous parlent d'une voix très basse, à peine audible parfois ; si bien que le public, au lieu de sentir introduit dans leur intimité, s'en trouve exclu. C'est bien dommage car la salle du studio, maquillée en hangar, extrêmement glauque (moisissures peintes au plafond et légère fuite d'eau au-dessus de la scène), nous plongeait dans une atmosphère inquiétante et semblait promettre une sombre histoire, de celles qui angoissent sans qu'on sache vraiment pourquoi, de celles qui fascinent et tiennent en haleine. Mais du polar noir, nous n'aurons eu que les héros névrosés, pas les frissons.
Caroline Vernisse

Publié le 03 décembre 2005 à 08:40:50 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

En t'chat avec le Maire



Ce matin, durant une heure, Gérard Collomb a ouvert le débat sur le web. Une initiative sympathique, déjà testée en avril 2004 et qui mériterait d'être renouvelée au plus vite.


Il est un peu plus de 11h. Sur la page “Lyon” du portail wanadoo, 61 personnes attendent pour t'chater. Non pas avec le dernier éliminé d'une quelconque émission de téléréalité, mais bien avec le Maire de la ville.. .
11h15. Premier bonjour de Monsieur Collomb. Contrairement à certaines conférences de presse, la ponctualité est de mise. Le modérateur nous annonce l'ouverture du t'chat. La durée de la discussion étant limitée à une petite heure, difficile pour chacun des participants de faire entendre sa voix. La règle du jeu est ainsi faite : seule une poignée d'internautes auront la chance d'obtenir une réponse à leurs interrogations. Sans perdre de temps, Gérard Collomb se “jette dans le bain”. Et à première vue, l'élu semble être tout à fait à l'aise avec les ficelles du web.
Réponses claires, fautes de frappes minimes, propos mesurés... L'on est loin du langage SMS, si cher aux tchateurs. Mais malgré la convenance de la discussion et le filtrage des messages, Collomb ne tombe pas dans le piège de l'auto promotion, particulièrement réprouvé sur la toile.
Preuve en est, ce commentaire ironique d'un internaute, à propos des relations entre la ville et le club de l'Olympique Lyonnais (et notamment la construction d'un nouveau stade de 60 000 places. “Aulas vous invite à ces folles soirées d''avant match...vous dilapidez notre fric...”  Réponse du Maire, qui ne se laisse pas démonter. “Votre remarque n'est pas pertinente. La construction de ce stade ne relèverait que d'investissement privé.”
Outre les commentaires footballistiques, les participants ont aussi interrogés Gérard Collomb sur les impôts locaux, l'emploi des jeunes, la politique d'urbanisation, la fête des lumières, la sécurité, les gens du voyage, les transports, les velo'v...Espérons maintenant pour les absents que l'intégralité de la discussion sera disponible sur le site de la Mairie...

Extraits des réponses de Gérard Collomb.


ECONOMIE
“Lyon est la ville où il y a les plus de création d'entreprises. Les investissements sont passés de 200 millions d'euros à 570 millions en six ans”
“Nous avons décidé de recréer au coeur de la ville un monoprix”

SOCIETE
“Nous menons une politique volontariste pour avoir une mixité sociale dans l'agglomération”
“La véritable solution c'est de faire en sorte qu'il n'y ait pas de coupure entre les quartiers riches et les quartiers qui se marginalisent”
“Ce n'est pas la politique sécuritaire qui résoudra à elle seule les problèmes de violence.
“Mon fils travaille dans la police donc je ne suis pas un anti-flic primaire”

VÉLO
“Il y aura 1000 vélo'v de plus  en 2006 et 1000 supplémentaires en 2007.”
“Vélo'v ne coûte pas d'argent au grand Lyon.

URBANISME
“Dans quelques milieux nationaux et internationaux d'architecture, il se dit que Lyon a, aujourd'hui, la commande architecturale la plus audacieuse”
Il y a un plan de construction d'aires pour les gens du voyage mis au point par le grand Lyon”


FETE DES LUMIERES
A propos du fiasco de 2004 “Vous pourrez constater cela par vous même. Si tout va bien, ce ne sera pas un pitch mais un boom”






Publié le 02 décembre 2005 à 14:30:23 dans Toute l'info decalée | Commentaires (0) |

RICHARD III


Texte de Shakespeare ; mise en scène de
Philippe Calvario.
Théâtre des Célestins. Du 23 novembre au 10 décembre
2005.

« Mon royaume pour un cheval ! » Telle sera la dernière et célèbre réplique de Richard III (« The last but not the least » !). Shakespeare retrace l'ascension de ce roi éphémère, du début de son complot à sa chute de cheval... et du trône, puisqu'il périt sur le champ de bataille. C'est donc d'une page bien sombre de l'histoire d'Angleterre que l'auteur tire son drame historique. Richard III est l'histoire d'un monstre, le duc de Gloucester, prêt à tout pour
accéder au pouvoir ; il veut s'offrir une revanche sur la nature, qui l'a fait hideux, difforme et cadet d'une famille de trois princes. Il ne renonce à aucun moyen pour mener sa quête, pas même au fratricide. Après la mort de ses deux frères, il s'attaque à ses neveux et au reste de son entourage, dès l'instant où il devient gênant. Ses projets sont machiavéliques et d'autant plus noirs qu'ils se dressent contre des innocents. Il apparaît ainsi comme entièrement tourné du côté du mal, presque diabolique... Avec lui, Shakespeare a offert au théâtre un de ses rôles les plus fascinants et les plus sombres. Et Philippe Torreton de l'incarner à la perfection !


Il excelle dans l'ironie cynique caractéristique de Richard III. Il joue extrêmement bien le froid calculateur, misogyne et misanthrope, sans aucun scrupule. Il fait même de nous, spectateurs, les complices de ses pensées les plus perverses. Il nous rend témoins de ses agissements les pires, telle que la séduction de Lady Anne, veuve éplorée à cause de lui. Son brio finit par nous séduire, nous aussi. L'humour, très noir, des propos de Richard III ressort
admirablement de son jeu et nous fait rire. Nous sommes sous le charme de l'acteur, devenu pourtant incarnation du mal. 

Et comme le reste de la distribution lui donne parfaitement la réplique, nous assistons à une très belle version du drame de Shakespeare. Il est remarquablement mis en scène par Philippe Calvario. Celui-ci reste fidèle à l'esprit de
Shakespeare qui ne lésinait pas sur le spectaculaire ; on voit donc beaucoup de sang, de meurtres, de spectres et autres faits singuliers sur scène. Le jeu des comédiens, lui, à l'instar des décors, demeure sobre, mais ménage quelques moments inattendus, telle la sortie de Richard III sur fond de « Sweet dreams » d'Eurythmics. C'est là que Calvario ajoute sa touche personnelle. Ces clins d'oeil anachroniques à l'univers du spectateur contemporain ont un effet heureux, ne dénaturant en rien l'intrigue shakespearienne. Les costumes, qui participent de cette touche personnelle, sont très réussis ; soulignons donc le talent de la costumière, Aurore Popineau. Les gardes royaux,
habillés par elle, prennent des allures de « guerriers des étoiles » et les petits brigands soudoyés par Richard III, des airs de blues brothers. Le spectacle fait ainsi preuve d'une grande recherche esthétique. Et si Richard ne fait finalement pas de « sweet dream», le public, lui, apprécie le défilé de spectres qui lui est offert et ressort ébahi par la beauté de la mise en scène.
                                                                     
Caroline Vernisse (avec www.theatrotheque.com)






Publié le 02 décembre 2005 à 08:47:11 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

Universités : un long chemin à parcourir



    S'agit-il du chemin séparant le bout de la file d'attente au secrétariat, ou bien plutôt des progrès indispensables que devraient entreprendre l'administration des facultés ?


    Les quatre universités de Lyon ont-elles gagné leur pari ? Sont-elles effectivement capables de gérer plus de 20 000 étudiants ? A l'université Lyon 3, le directeur Guy Lavorel parle de l' « effort optimum » réalisé
par les 450 membres du personnel administratif. Ce chiffre vient d'ailleurs d'être revu à la baisse : une façon plus économique de voir les choses pour une augmentation récente de 60€ des frais d'inscriptions... « Vous voulez
un quatre étoiles en payant un deux chambres ! » avait lancé Mr Kervevan, secrétaire général des filières de droit.

Rappelons que cet « effort optimum » s'élève tout de même à 150€ de frais d'inscriptions en moyenne, contre 98€ en 1992. Depuis la réforme LMD (Licence Master Doctorat), réforme « d'harmonisation des diplômes », ces
chiffres ne peuvent cependant être fixes : ils varient selon les filières, les années et les universités, renforçant par là l'inégalité des droits. Ce prix comprenant ou non, d'ailleurs, l'accès à la bibliothèque, aux outils informatiques, au service des sports etc. La loi est claire : « elle autorise les universités à appliquer des frais d'inscription
supplémentaires à condition qu'ils correspondent à des prestations facultatives... », explique « le mag' des lycéens et étudiants lyonnais », A Venir Lyon (numérod'octobre).


Mais que se passe t-il concrètement intra muros ? Sur les quais, à la Manufacture, le constat est accablant : venir pour des renseignements et constater que des gens susceptibles d'être informés le sont encore moins que vous, téléphoner une dizaine de fois avant que l'on daigne décrocher...Quel étudiant ne s'est jamais déplacé pour rien, faute d'avoir été prévenu d'un changement d'horaires ou de tout autre soucis ? « L'année dernière, ils ont réussi à afficher un déplacement de travaux dirigés [TD] sur le mauvais panneau. Donc, dans mon TD, on ignorait le
changement et la prof pensant qu'on était au courant est venue pour rien. Tout le monde est venu pour rien.  Mais le premier prix revient à l'affichage de l'absence d'un prof une semaine APRES qu'il
ait été absent», peut-on lire sur le forum de l'université.* 
C'est à qui obtiendra la palme d'or de l'ironie ; les internautes allant jusqu'à se demander quelle année doit être élue «millésime de l'administration »... 

Mais ces étudiants ne s'expriment pas seulement dans l'ombre. A l'initiative du CVSE, Collectif national pour un Vrai Syndicat Etudiant (cvse.lyon@caramail.com), les étudiants en droit prennent actuellement les choses en main.
Témoignant de la présence d'un conflit bien réel, ils ont ainsi décidé de présenter une pétition au doyen de droit et au conseil d'administration de Lyon 3 :
« Qu'on ne nous fasse pas croire que le personnel est responsable ! Jamais une rentrée n'a été aussi catastrophique à Lyon-3 ! (...) Il y a un Conseil d'Administration où nous sommes sensés être représentés par des élus étudiants. Ils savent ce qui se passent. Pourquoi ce silence ? Ne doivent-ils pas exiger qu'on arrête de nous entasser dans des TD toujours plus bondés, qu'on arrête de supprimer des heures de cours (plus qu'une vingtaine d'heures pour les Licence 1 droit contre 33h il y a 4 ans) », voit-on écrit noir sur blanc. Une large case blanche propose : « Indiquez ici vos
remarques, revendications, problèmes et questions. Nous les communiquerons en délégation ».
 Ces étudiants seront-ils pris au sérieux, gagneront-ils en crédibilité ?
En effet, c'est malheureusement bien souvent que les membres du personnel ont le préjugé de considérer l'étudiant comme un éternel râleur insatisfait. Mais la part des choses doit être faite entre les critiques constructives et
ceux qui ne sont jamais contents. De plus comment raisonner autrement s'il n'y a jamais aucun écho positif du travail fourni ?  Le site de l'université vient par exemple d'être revu et éclairci, avec un accès à l'intranet : « Vous aurez à disposition toutes les pages publiques du site mais surtout vous aurez accès à toutes les ressources privées sans avoir à vous authentifier de multiples fois  (...). Naviguez sur les sites  : allez consulter les encyclopédies sur le site de la bibliothèque, consultez votre bureau virtuel ... », indique le site de Lyon 3. De même, depuis le 11 octobre, des bornes Wi-Fi sont progressivement mises en place sur l'ensemble des bâtiments de la Manufacture des Tabacs, permettant une connexion gratuite à Internet pour ceux qui ont la chance d'avoir un ordinateur portable. Ces perfectionnements sont passés sous silence.


Qu'en est-il de l'opinion du corps enseignant ? 
Tout comme l'administration, le professorat n'ayant répondu aux offres de libre expression proposées, leur avis ne pourra être exposé qu' indirectement : « L'un de mes profs (*anonyme) n'arrête pas de se plaindre et critiquer toute
l'administration, et notamment les services des salles et informatique. Il parle de fonder un Lyon 4 où tout le travail aussi bien pédagogique qu'administratif serait fait par des juristes. C'est une idée géniale je pense », avoue un
étudiant.*
D'autres ajoutent : « L'un de nos professeurs (*anonyme) se plaint que l'université soit aux mains des ordinateurs... Il enrage car si l'ordinateur dit qu il n'y pas de salle de libre c'est parole d'évangile... Dans cette fac ce sont les ordinateurs qui dirigent tout ! Même si physiquement on peut prouver qu'il y a une salle vide... elle ne l'est pas si l'ordinateur l'a décidé ! » *



Cette rentrée 2006, marquée par l'application du plan LMD dans toutes les universités de France et donc par la liquidation des diplômes et programmes nationaux, se veut particulièrement agitée. Les syndicats étudiants mettent tout en oeuvre pour se faire entendre. Les problèmes administratifs rencontrés ne sont pas nouveaux ou récents.
Mais comme le résume parfaitement une étudiante : « (...) Je ne mettrai pas tout sur le dos [des secrétaires], (...) je me doute que ça ne doit pas être toujours facile de tout concilier, mais du point de vue des étudiants,
c'est insupportable et comme je suis étudiante, je ne peux que protester! »*
A l'heure du jour, le Collectif national pour un Vrai Syndicat Etudiant a obtenu d'être reçu en délégation par Mr Kervevan.
Et la suite ?


* www.forumlyon3.com


Emilie Drugeon

Illustration: un long chemin, de Florian Piento



Publié le 30 novembre 2005 à 19:14:30 dans Reportages | Commentaires (0) |

Le médecin malgré lui

.Texte de Molière ; mise en scène d'Ahmed Madani.
Théâtre de la Croix Rousse. Du 22 novembre au 3 décembre 2005.

Le Médecin selon Madani

Le Médecin malgré lui ? Cette pièce que nous avons tous lue et étudiée au collège ? Oui, il s'agit bien de celle-là ! C'est bien ce classique, écrit par Molière en 1666, qui est actuellement joué au théâtre de la Croix Rousse. La comédie de Sganarelle, « médecin malgré lui », est brillamment réinterprétée par Ahmed Madani, le metteur en scène algérien et sa troupe de comédiens réunionnais. Non pas que le texte originel soit corrigé (bien au contraire, il est respecté et dit à la perfection par les acteurs) ; mais il est agrémenté de musique et de courts passages
chantés. Madani dynamise la pièce grâce à ce fond sonore rythmé ; refrains créoles et rock n'roll se succèdent, soulignant la légèreté et la gaieté de la représentation. A cette occasion, les comédiens montrent leur talent de danseurs : de nombreuses scènes sont habilement chorégraphiées sur ces airs contemporains choisis par Madani. C'est une réussite !

Le texte de Molière est déjà en lui-même jubilatoire. La mise en scène de Madani, elle, a le mérite d'avoir su en utiliser toutes les ressources comiques. Chaque effet humoristique est amplifié par le jeu excellent des comédiens. Ainsi les apparitions des deux valets de Géronte sont-elles extrêmement drôles ; les deux acteurs, tels Laurel et Hardy, forment un couple de poltrons aux allures de héros de dessins animés ; ils nous font rire par leurs attitudes et leur démarche caricaturales. Les « testigué » et les « parguienne » n'en deviennent que plus savoureux dans leur bouche ! Face à eux, le latin de cuisine de Sganarelle provoque également l'hilarité. Le personnage est interprété à
la perfection. Tantôt sensuel, tantôt ridicule, il change de registre avec une aisance remarquable. Ses allures de guérisseur charlatan poussent à l'extrême la satire des médecins, présente chez Molière. 

On apprécie les bonnes idées de mise en scène qui la souligne, tel le moment où Sganarelle se transfigure en une espèce de sorcier mystique et débite en litanie ses formules « médicales ». Les corps sont toujours utilisés de façon précise pour servir le texte. Là où Molière ne précise pas, Madani prend des libertés et ose. Il ose tout, même déguiser son Géronte en avatar d'Elvis ou faire danser le rock aux deux jeunes premiers, Luscinde et Léandre, dans le dos du père. Toute la pièce est ainsi parcourue d'incongruités et de mouvement. Il y a une vraie recherche de liberté dans l'expression corporelle. Les comédiens semblent tout à fait à l'aise et jouent leur partition avec une précision impressionnante. Ils maîtrisent leurs mouvements comme les danseurs leur chorégraphie. C'est ce qui fait la particularité de ce théâtre réunionnais et c'est ce qui nous enchante. Le spectacle est véritablement euphorisant ; pour preuve : les applaudissements incessants à l'issue de la représentation.

 Caroline Vernisse (en partenariat avec le site www.theatroteque.com)


Publié le 24 novembre 2005 à 08:48:09 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

TETES RONDES ET TETES POINTUES

Texte de Bertold
Brecht, mise en scène de Gilles Chavassieux.
Théâtre des Ateliers. Du 15 au 20 novembre 2005.


Salle comble et têtes d'actu

Têtes rondes et têtes pointues n'est pas la pièce la plus connue de Bertold Brecht ; c'est pourtant l'une de ses meilleures. Cette "opérette politique" est une formidable satire, une pièce engagée et légère à la fois. Brecht dénonce le pouvoir de l'argent, la manipulation de la politique par les riches et la manipulation du peuple par la politique... avec humour! La polémique se dit sur un ton amusant. Voilà comment lancer des pointes en arrondissant les angles! Et le message passe d'autant mieux. Mettez donc des têtes pointues d'un côté, des têtes rondes de l'autre. Ajoutez-y un dictateur, homme faussement providentiel, marionnette d'un vice-roi qui prépare son retour en force. Pourvoyez ce vice-roi d'une belle fortune. Séparez bien les pauvres des riches. Et vous obtenez une comédie satirique où racisme, égoïsme et intérêt sont pointés de la tête. La critique est universelle ; l'affrontement des têtes
rondes et pointues, les Tchiches et les Tchouques, devient parabole : c'est notre misérable monde, empêtré dans ses conflits politiques et religieux, qui se retrouve sous nos yeux. La révolte de la "racaille" acquiert même une résonance particulière aujourd'hui. Les têtes pointues sont finalement têtes d'actu. Ah, ce Brecht, quel visionnaire! Grâce à sa fameuse technique de la "distanciation", il nous pousse, nous autres spectateurs, à décrypter la parabole.
Impossible de ne pas réfléchir face à ce spectacle pourtant d'une drôlerie à toute épreuve. Le burlesque des situations cache toujours une intention satirique; rien n'est laissé au hasard. Et Gilles Chavassieux l'a très bien compris. Sa mise en scène, excellente, démultiplie les effets de distanciation. Adieu l'illusion théâtrale et place au
recul critique. Le grand miroir au fond de la scène en est signe : le spectacle s'y projette comme un reflet de notre monde. Nous sommes fatalement invités à nous y mirer. Sylvain ne dira pas le contraire : nommé par son vrai prénom, le pianiste, Sylvain Freyermuth, accompagne allègrement l'action mais se fait surtout le témoin de cette parodie grinçante. Il est notre homologue sur scène. Car nous sommes mis à contribution nous aussi : le prologue nous est directement adressé avant que nous ne sombrions dans l'obscurité de la salle. Voilà la force de la mise en
scène de Gilles Chavassieux. Les deux heures passent à vitesse grand V. De scènes parlées en morceaux d'opérette, les onze acteurs nous entraînent avec entrain dans le monde des Tchiches et des Tchouques. Allant et venant sur scène (avec quelques détours par la salle), ils entrent dans un ballet virevoltant. Réactions immédiates. Les rires fusent face à la naïveté et à l'entêtement du paysan Callas (Gilles Feuvrier), qui n'hésite pas à troquer sa prostituée de fille (Emmanuelle Fruchard) contre deux chevaux! Les sourires apparaissent quand Mme Cornamontis l'entremetteuse (Eve Guerrier) pousse la chansonnette pour dénoncer la vénalité des femmes. Grâce à ces talentueux comédiens, "tchiches" de chanter et danser,nous passons un très bon moment de théâtre.

       Caroline Vernisse


Publié le 17 novembre 2005 à 21:22:18 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

Fausse alerte à la bombe!


     Une jeune femme de 18 ans a été condamnée hier à 4 mois de prison ferme suite à la fausse alerte à la bombe vendredi à Saint-Exupéry.
Elle a expliqué avoir téléphoné et faire croire à un engin explosif dans l'aéroport pour détourner l'avion de sa mère qui rentrait de Côte d'Ivoire. Objectif : gagner du temps et éviter ainsi que sa mère la trouve chez elle avec son petit-ami.
50 vols avaient été retardés suite à cette plaisanterie qui va coûter au final 400 mille euros aux compagnies aériennes. 7 trains Paris-Marseille avaient aussi été bloqués pendant plusieurs heures (source  www.mlyon.fr)


Publié le 15 novembre 2005 à 08:45:44 dans Toute l'info decalée | Commentaires (0) |

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