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LE FAIT D’HABITER BAGNOLET

. Texte de Vincent Delerm ;
mise en scène de Sophie Lecarpentier.
Théâtre de la Croix Rousse. Du 7 au 18 février.


    « Le fait de trouver les mots appropriés »

   Mais qu'est-ce que « le fait d'habiter Bagnolet » vient faire dans cette histoire de premier rendez-vous amoureux ? Vous le saurez si vous allez au théâtre de la Croix Rousse assister au spectacle dans la petite salle du studio. Si vous êtes curieux, allez-y vite !Et, si vous n'êtes pas curieux, allez-y vite quand même, car c'est une pièce qui vaut le détour. Le texte est subtil et drôle, la mise en scène inventive et les
acteurs très bons. Quant à l'intrigue, pour l'heure, nous nous contenterons de vous dire que « Le fait d'habiter Bagnolet » met en scène un de ces instants inoubliables dans l'histoire d'un couple : celui du premier rendez-vous... au restaurant pour que ce soit plus neutre... dans une pizzeria, parce qu'une crêperie, ce serait trop se dévoiler pour elle !


   Vincent Delerm écrit ce qui se passe dans la tête de chacun lors de ce moment fatidique : « Il est du style à avoir un rideau de douche avec des palmiers et
des faux tapis mexicains... », « Pourquoi est-ce qu'elle me parle sans cesse de Depech Mode ? », « Est-ce qu'il s'entendra bien avec mon père ? », « Est-ce que j'ai
bien fait de l'emmener voir un Fassbinder ? », « Il était bien ce film de Fassbinder qu'il m'a emmenée voir »... Bref, les coqs à l'âne, les doutes, les hésitations, tous les heurts de la pensée intime sont traduits dans son texte. A la façon d'auteurs comme Virginia Woolf ou Henry James, il essaie de traduire le « flux de conscience » des individus. A la manière de Philippe Delerm (désolée, Vincent, pour la comparaison paternelle, mais elle est plutôt flatteuse !), il trouve le petit rien qui en dit long sur ses personnages. Cet art du détail permet également l'identification du spectateur : Qui n'a pas vécu un premier rendez-vous en pensant aux comédies romantiques hollywoodiennes ? Qui ne s'est pas interrogé sur la possibilité d'entamer une « vraie »
relation avec un quasi-inconnu, qui ne sait même pas tartiner du tarama ? Qui n'a pas noté que les pizzerias passaient toujours radio Nostalgie en musique de fond ? Ce sont tous ces « petits faits vrais » et toutes ces références communes (cinématographiques et musicales surtout), chères à Delerm, qui rendent les héros vivants et proches de nous.


   Anne Cantineau et Frédéric Cherboeuf les interprètent avec simplicité et justesse. La mise en scène, originale, veut qu'ils ne s'adressent qu'au public à voix haute, pour livrer leurs impressions. Entre eux, ce ne sont que murmures, gestes et mimiques révélatrices : maladresses, mains tendues inconsciemment vers l'autre, sourires crispés... toutes les caractéristiques de l'individu en phase de
cristallisation amoureuse ! Et, pour compléter le tableau, un bruiteur (Sébastien Trouvé), présent sur scène, se charge pour eux de l'atmosphère sonore. Il ne manque plus que les odeurs et on se croirait dans la pizzeria, assis à côté de nos deux tourtereaux ! Quand ils repartent, un film nous laisse imaginer la suite... Il vous reste à deviner le rapport avec « le fait d'habiter Bagnolet » !
                         Caroline Vernisse


Publié le 13 février 2006 à 11:14:37 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

LES ETOURDIS

Un spectacle de Jérôme Deschamps et
Macha Makeïeff.
Théâtre des Célestins. Du 31 janvier au 19 février
2006.


Etourdissant !

   Ce n'est plus le traditionnel rideau de fer des
Deschiens, mais un immense rideau de bois qui dévoile
lentement la scène des Célestins alors que retentit
l'accordéon. Décor un peu kitsch, couleurs ringardes,
objets hétéroclites et lumières vives, le cadre est
posé pour accueillir sur scène les fameux « étourdis
». Les voilà enfin, maladroits, costumes étriqués,
chemises boutonnées jusqu'au cou et pulls à carreaux
(voire à losanges !)... Les fabuleux sketchs télévisés
des Deschiens nous reviennent inévitablement en
mémoire. Tout y est, jusqu'au chien, présent sur scène
! Mais, oublions pour un temps les Deschiens, Jérôme
Deschamps et Macha Makeïeff ont bien d'autres
entreprises à leur actif : ils ont mis en scène plus
d'une trentaine de spectacles au théâtre, au cinéma et
à l'opéra. Les Etourdis s'offre donc comme une énième
collaboration entre les deux metteurs en scène,
complices depuis les années 70. C'est une pièce
aboutie qui reprend, en les  renouvelant, leurs
centres d'intérêt de toujours.


   Leurs « étourdis », comme leurs « Deschiens », sont
des êtres simples, rêveurs, en décalage avec le monde
qui les entoure. Il semble que le temps se soit arrêté
pour eux. Aussi oublient-ils rapidement leurs tâches
quotidiennes pour se livrer à un pas de danse ou
pousser la chansonnette. Le monde extérieur n'a aucune
prise sur eux ; leurs rêveries seules, ou leurs
petites manies, les poussent à l'action. On a
finalement l'impression de pénétrer dans leur
inconscient et d'assister à des instants de folie
douce, de celle que personne n'ose laisser paraître en
public, celle qui incite parfois à des gestes
déplacés, à des exclamations, des sauts ou des
sursauts, bref de ces actes incontrôlables qui se
produisent lorsqu'on éprouve une émotion. Les Etourdis
sont des individus qui laissent libre cours à cette
ivresse particulière parce qu'ils vivent dans leur
bulle. Le résultat est drôle et touchant.
   Pour les incarner, une petite troupe d'acteurs
absolument formidable déploie toute son énergie. Les
neuf comédiens sont excellents : chant, danse (à leur
manière !), bruitage, musique, contorsionnisme,
imitations sont autant de cordes qui vibrent à leurs
arcs talentueux. Leur jeu repose d'ailleurs
essentiellement sur le mime ; sans presque aucun texte
(excepté pour deux ou trois personnages), le spectacle
se déroule à toute allure et nous fait rire. Les
sketchs alternent, ramenant inlassablement les mêmes
sur le devant de la scène : la femme de ménage
rêveuse, le gros commis, le dresseur de chien raté, le
patron maniaque... On pense sans cesse à Tati (que
Jérôme Deschamps peut à juste titre appeler « Mon
oncle »). Ces personnages maladroits et gaffeurs sont
des descendants de Monsieur Hulot, c'est certain.
Leurs pitreries, exécutées avec une habileté parfaite,
ne manquent jamais leur effet. Une bonne vieille chute
ou une porte qui claque au nez, voilà les ingrédients
du comique des Etourdis, un comique de situation qui a
fait ses preuves et qui les fait encore sur la scène
des Célestins.
Caroline Vernisse



 

Publié le 08 février 2006 à 19:10:23 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

Cinéma :TOUTE LA BEAUTE DU MONDE.

 Ecrit et réalisé par Marc Esposito. Sortie nationale le 8 février 2006.

   « Toute la beauté du monde »... c'est Bali pour Marc
Esposito. Ce lieu paradisiaque, ses rizières, ses
volcans, ses plages, c'est tout cela qui a déclenché
en lui l'envie d'écrire Toute la beauté du monde.
L'idée de scénario lui était venue en 1989, mais c'est
en 1994, lors de son premier voyage à Bali, qu'il
s'est lancé dans l'écriture de son roman. Sorti en
1999, celui-ci confère, en effet, un rôle de premier
plan à l'île indonésienne. Toute la beauté du monde
(le film, cette fois) est donc un bel hommage à Bali.
Filmée sous toutes ses coutures, de jour comme de
nuit, vue d'avion ou à hauteur d'homme, l'île
scintille de beauté (c'est bien le mot, n'en cherchons
pas d'autre).
   Mais l'histoire ?... nous direz-vous. Que se
passe-t-il devant la carte postale ?... Une histoire
d'amour ! Tout simplement. Une histoire d'amour avec
tous ses clichés. Une sorte de Pretty woman version
française. Elle (Zoé Félix) n'est pas pauvre ni
obligée de faire le trottoir, mais elle est très
triste, très démunie : son mari, seul homme de sa vie,
qu'elle adorait, s'est tué en voiture, la laissant
seule avec leurs deux enfants. Lui (Marc Lavoine)
n'est pas un homme d'affaires, les yeux rivés sur Wall
Street et ultra riche, il est juste un homme
d'affaires (quand même !), baroudeur, et relativement
aisé... Pas de jet privé et de séance d'opéra à Milan,
mais quand même un voyage à Bali et un tour de l'île
en scooter pour ces deux (futurs) amoureux.
   J'entends vos exclamations : « Ringard ! Banal ! Un
homme et une femme, chabadabada, chabadabada... on a
déjà vu ! ». Vous imaginez déjà le baiser sur la plage
au coucher de soleil et cela vous ennuie d'avance. Eh
bien, oubliez tout préjugé et allez voir cette
histoire d'amour-là ! Car Marc Esposito n'est pas le
premier réalisateur hollywoodien venu et que son film
est empreint d'une délicatesse et d'une pudeur qui
valent le détour. Comme c'était déjà le cas du Coeur
des hommes (sorti en 2003), cette intrigue simple a le
mérite de mettre en scène des personnages touchants et
de dévoiler leurs sentiments avec beaucoup de retenue.
Zoé Félix est véritablement émouvante dans le rôle de
la jeune mère en deuil. Quant à Marc Lavoine, qui
interprète, pour une fois, un héros entièrement
positif, il a su trouver l'attitude et la voix d'un
homme tout simplement amoureux. A chacune de leur
entrevue, à chacun de leur rapprochement, la
sensualité et l'émotion jaillissent. On se laisse
séduire par la romance qu'ils nous jouent avec
conviction. On se prend à redevenir adolescent et à
rêver de vivre une belle histoire comme la leur...
Pourquoi pas ?

                                           Caroline
Vernisse

Publié le 08 février 2006 à 19:07:17 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

Cinéma : Sheitan

Film français de Kim Chapiron produit par Eric Neve et Vinvent Cassel avec Olivier Barthélémy, Roxane Mesquida, Nicolas Le Phat Tan, Leila Bekhti, Ladj Ly...

 Après une soirée en boîte bien arrosé, Ladj, Barth, Tai et Yasmine prennent la voiture pour passer les fêtes de Noel dans la masion de campagne de l'une de leurs d

A leur arrivée, au petit matin, les parents sont absents mais la vieille bâtisse est occupée par Jospeh, le gardien.

 

Critique

Note de la rédaction : Une critique n'est que le point de vue d'un cinéphile averti. Elle n'est en aucun cas une vérité absolue sur la qualité du long métrage.

Gare à ceux qui seraient tenter de crier "Sheitan? Encore un film d'horreur pour ados atardé..."

Avec "Sheitan" nous sommes bien loi, à des milliers de kilomètres même, des grosses productions trash américaines. "Sheitan" (interdit au moins de 16 ans) c'est surtout la découverte cinéma de ce début d'année 2006. Une découverte gore, sexy, drôle, moderne et innatendue. Une découverte montée de toute pièce par le collectif "Kourtjamé", avec à sa tête un jeune réalisateur déjanté Kim Chapiron, et un pro acteur, Vincent Cassel.

En bref, l'alliance de la créativité,de la spontanéité et du professionalisme.

Et au final, un premier long métrage qui parvient, de manière totalement déconcertante, à tenir le spectateur en haleine du début à la fin.

Suspens et originalité sont donc au rendez-vous. Mais Kim Chapiron n'hésite pas à emprunter des thèmes classiques ( la vieille maison isolée, les villageois hideux, le méchant ténébreux, la minette sexy...) sans en faire du réchauffé. Avec intelligence et audace, le jeune réalisateur détruit les codes, mêlant invraisemblance, délire diabolique, violence et gag.

Largement mis en avant par le jeu surmesure de ses acteurs, "Sheitan" nous ouvre de nouvelles perspectives, parfois dérangeantes mais toujours surprenantes.

Les + : l'apparition de Joseph au bout d'un quart d'heure de film

la BO du film avec des groupes comme La Caution, Oxmo Puccino, Gwana diffusion, Lord Funk, Mai lan TTC

NOTE DE LA REDACTION

Le premier internaute qui en fera la demande pourra recevoir le DVD du making of du film gratuitement.

e leurs copines.

Publié le 01 février 2006 à 18:59:38 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

Sortie Ciné : Vers le sud



Synopsis
Début des années 80. Haïti vit sous la coupe du dictateur Baby Doc. Malgré tout, le pays est une destination très prisée des nord-américains.
L'hôtel de La Petite Anse, installé sur une plage de la banlieue de Port au Prince, est un véritable éden tropical autour duquel gravite une bande de jeunes garçons qui échangent leurs charmes et leur tendresse contre quelques faveurs, un bon repas, parfois quelques dollars... Et surtout un peu d'affection et de calme.
Deux clientes américaines d'une cinquantaine d'années, voient leur vie bouleversée par la véritable passion amoureuse qu'elles éprouvent l'une et l'autre pour Legba, dix-huit ans tout au plus et beau comme un dieu, qu'elles viennent retrouver là chaque année.

Critique

Laurent Cantet nous renvoie 30 ans en arrière. Dans une époque où malgré la misère, la dictature, la souffrance, Haiti était encore un petit coin de paradis pour quelques touristes américains. De femmes en l'occurrence. Car, exceptionnellement, une fois n'est pas coutume,les rôles sont inversés. Il ne s'agit plus d'hommes quinquagénaires, en manque de chair fraîche, profitant  de la misère sociale de belles caraibéennes, mais de femmes occidentales, en mal de tendresse et d'attention. Le sujet est une première. Son approche méritait sensibilité, finesse et subtilité. Laurent Cantet ( L'emploi du temps, Ressources Hummaines) était sans doute l'homme de la situation. A partir d'une nouvelle de l'écrivain Dany Lafférière, il nous fait pénétrer dans la psychologie de ces femmes (aux caractères et aux attentes bien différentes), sans tabou ni vulgarité. Comme certains auraient eu plaisir à le faire, Cantet ne tombe jamais dans le glauque et le manichéisme. Ici, pas question de victime et de prédatrice.  Le film s'attache plus à montrer l'une des nombreuses faces d'un pays en proie à la pauvreté.
L'on ne retient alors que des regards tantôt perdus, gais, ou amers... Le regard perçant de Legba( Ménothy César), le regard dévorant d' Ellen (somptueuse Charlotte Rampling), le regard effrayé de Brenda ( Karen Youg)...



NOTE :
N'ayant pas pû réaliser le tournage à Haîti (en raison des problèmes politiques internes), Cantet et son équipe se sont exilés en République Dominicaine. Une scène a cependant pu être tournée à Port au Prince (à vous de deviner laquelle)




Publié le 24 janvier 2006 à 20:49:54 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

REQUIEM POUR UNE NONNE

. Texte d'Albert Camus, d'après William Faulkner ; mise en scène de Jacques Lassalle.
TNP. Du 14 au 21 janvier 2006.


Requiem for a « bad dream »

Le rideau se lève sur Nancy Manigoe (Martine Maximin), ancienne prostituée, noire, devenue gouvernante des
Stevens : elle est condamnée à mort pour le meurtre de l'enfant de ses patrons. La pièce semble s'ouvrir sur un tableau final. Cependant, Gavin, l'oncle des Stevens et avocat de la meurtrière (double fonction étonnante !), n'a pas dit son dernier mot. Tel un ange noir, une sorte de voix de la (mauvaise) conscience, il va hanter le domicile de ses neveux, Gowan et Temple, afin de faire avouer cette dernière... mais avouer quoi ? C'est tout l'enjeu de ce drame humain, écrit par Faulkner en 1951 et adapté pour le théâtre par Camus en 1956.


Une tension, sourde et pesante, liée à l'aveu sans cesse différé, s'instaure alors et perdure tout le temps de la représentation. Lenteur et intensité caractérisent les échanges entre les protagonistes. Ainsi se fait sentir le poids qui les accable ; tous semblent vaguement coupables sans que l'on sache de quoi. Et leur passé de ressurgir par bribes, des bribes que Temple nous livre au compte-goutte. C'est ce passé, mystérieux fardeau des Stevens, qui
constitue le noeud de l'intrigue. Petit à petit, nous allons découvrir l'histoire de Temple Drake, devenue Temple Stevens, et de sa rencontre avec Nancy Manigoe. Mais il nous faut attendre deux heures trente avant d'en connaître le fin mot. Car, si Temple n'est pas sur le divan du psychanalyste, c'est tout comme : ses souvenirs remontent péniblement à la surface.

Oscillant entre indépendance et soumission, entre sarcasme et honnêteté naïve, elle finit tout de même par lever le voile sur les huit dernières années de sa vie. Dans ce rôle de femme mystérieuse et fragile, Marie-Josée Croze est irréprochable. Son jeu acquiert une intensité qui convient parfaitement au rôle. Face à elle, Scali Delpeyrat incarne un mari faible, mais capable d'autodérision. Son interprétation de Gowan est convaincante. Lui et Temple se débattent avec leurs vieux démons sous le regard placide de l'oncle Gavin. Joué par Jacques Lassalle, ce dernier est le témoin, ou plutôt le metteur en scène de la tragédie : il donne un coup de pouce au destin en accouchant les esprits et en amenant ses neveux à la vérité nue. Voilà d'ailleurs une discrète mise en abyme de son rôle de metteur en scène de Requiem pour une nonne. Force tranquille, il donne le ton et le rythme de la représentation. Un rythme qu'on aurait aimé plus soutenu, mais qui semble convenir à une intrigue faite de tension et de mystère, qui repose sur le dévoilement des individus. De « l'autre côté des miroirs » qui encadrent la scène, se cachent des êtres
coupables et victimes à la fois, des êtres humains tout simplement. La réussite de la pièce est là, dans la révélation des personnes.
                                        Caroline Vernisse (en partenariat avec www.theatrotheque.com)



Publié le 20 janvier 2006 à 08:49:01 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

LE CARNAVAL BAROQUE


Conception et direction
artistique de Vincent Dumestre ; mise en scène de Cécile Roussat.
Théâtre des Célestins, du 6 au 20 janvier 2006.


Envoyez les violons, basses et bassons, basses de viole, flûtes et percussions ; c'est le Carnaval sur la scène des Célestins ! Un Carnaval, oui mais baroque s'il vous plaît. Vincent Dumestre et Cécile Roussat font revivre la Rome du 17ème siècle à travers ce moment de réjouissances où peuple et aristocrates se mêlent pour faire la fête. Sur scène, aux musiciens, se joignent des acrobates, des mimes, des jongleurs et des chanteurs d'opéra. C'est ainsi que le carnaval prend vie. Le spectacle est un plaisir pour tous les sens : la musique, qui va de la sérénade, mélancolique, à la tarentelle, beaucoup plus enjouée, n'a de cesse de surprendre nos oreilles ; le chant oscille, lui aussi, entre gravité et légèreté ; quant à la mise en scène, elle relie savamment acrobaties, mimes et jonglages pour séduire nos pupilles. Les artistes semblent s'en donner à coeur joie afin de nous émerveiller.

Sous des lumières magnifiques, qui recréent une atmosphère 17ème siècle, les quilles volent, les portes se déplacent, les tonneaux s'entassent pour accueillir les équilibristes, les cordes tombent du ciel et les « cordelistes » se balancent en tous sens. Au milieu de cet ensemble harmonieux, deux mimes, tels deux chiens dans un jeu de quilles (c'est le cas de le dire !), viennent commettre gaffe sur gaffe. Ils apportent une touche de comique à cette mise en scène parfaite en cassant le sérieux de son équilibre. Leurs pitreries, leur gestuelle caricaturale et leurs petits bruitages provoquent les rires de la salle. Ils servent d'intermèdes entre les différents morceaux de bravoure des chanteurs, jongleurs et autres acrobates.

Ainsi alternent des moments d'hilarité et des moments de contemplation. La beauté de la mise en scène repose sur ce mélange, bien dosé, d'une grande variété d'arts de la scène.

                                    Caroline Vernisse


Publié le 17 janvier 2006 à 13:53:12 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) |

Prisons sous surveillance




Samedi, la mairie de Lyon accueillait le collectif Tropc'estTrop, organisateur de la campagne nationale pour le respect du numérus clausus en prison.

Le “numérus clausus”?Quesako?
En terme légal, il s'agit simplement d'un nombre arrêté, censé réguler de façon efficace la démographie médicale en France. En terme d'admistration pénitentiaire, ça donne ça : “Partant que le code de procédure pénale indique qu'il ne peut être dérogé à l'encellulement individuel que de façon temporaire et que la circulaire ministérielle en vigueur définit le nombre de m2 au sol correspondant à une place (moins de 11 m2 : une place ; de 11 à 14 m2 : deux places ; de 14 à 19 m2 : trois places ; etc...), la notion de « nombre arrêté » que nous défendons est celle d'un strict respect de la loi en vigueur : là où il y a une place, est installée une personne. Dit autrement : là où il n'y a qu'une place, nous ne pouvons installer qu'une personne.” source TropCest Trop http://www.prison.eu.org/article.php3?id_article=7541

Et c'est bien là que le bat blasse. En France comme dans tous la majorité des pays du monde, les régles de placement des détenus sont loin d'être respectées. Résultat  : une surpopulation criante, cause de nombreux maux au sein de l'univers carcéral.
Un univers à part où, selon Emmanuel Dockès, professeur en droit, " les droits sont les plus bafoués”

Le propos peut déranger, tout comme le réalité des chiffres. Fin 2005, l'effectif de la population française incarcérée était de 59 241. Le nombre de places n'était lui que de 51 195. (source Université Paris I, Pierre V Tournier, directeur de  recherches au CNRS) Sans tomber dans la généralisation, le rapport indique la diversités des situations selon les types d'établissements. “Si la majorité des maisons d'arrêt sont en état de surpopulation, la densité pouvant atteindre 238 détenus pour 100 places (Montluc), certaines possèdent des places inocupées. A l'inverse, si la majorité des établissements pour peine ont une densité inféreiure à 100 détenus pour cent places, certains d'entre eux accueillent plus de détenus qu'il n'y a de places (essentiellements dans les DOM TOM)
En bref, seulement 59% des établissements sont sujets au surpeuplement. Et tout particulièrement les Maisons d'arrêts, (prévues pour les personnes condamnées à des peines de un an maximum).


Dès lors, l'on comprend mieux quelques unes des propositions inscrites dans la recommandation du Conseil de l'Europe sur le “Surpeuplement carcéral” telles :
-le remplacement des courtes peines par des sanctions et des mesures appliqués dans la communauté
-l'adoption de peines privatives de liberté sans sursis, suivies d'un travail d'intérêt général, d'une surveillance intensive au sein de la communauté, de l'obligation de se soumettre à un traitement si necessaire
-les procureurs et les juges devraient s'efforcer de tenir compte des ressources disponibles, notamment sur le plan de la capacité carcérale.

Lors de la table ronde “Des arguments pour l'action”, magistrat, avocat, juriste...sont venus corroborer ces angles d'action. “Les magistrats de demain doivent être former complètement différemment. Ils doivent être former aux réalités du monde pénitentiaire” a souligné le magistrat,Serge Portelli. S'accordant sur le fait que la sanction doit être préservée, les intervenants ont mis en avant le droit au respect et à l'humanité dans les prisons.

ILS L'ONT DIT  :
Philippe Meirieu; professeur et rapporteur des débat
“Si la faute exclue, la punition réhabilite.” “Tout a été dit, tout reste à faire”

François de Vargas, représentant de Penal Reform International aux Nations Unis : “L'un des pires pays en terme de système pénitentiaire est les Etats Unis

Serge Portelli : ‘Mettre quelqu'un en prison est un acte grave, réfléchi, pesé. Un acte chirurgical. On est dans tout sauf dans l'improvisation et le réflex.”

POUR PLUS D'INFORMATIONS
www.prison.eu.org
www.tropctrop.fr
www.ohchr.org
http://demo.plurimedia.fr/parismatch/final
www.irinnews.org/FrenchReport.asp?ReportID=6650&SelectRegion=Afrique_de_l'ouest&SelectCountry=Nigeria
www.monde-diplomatique.fr/2003/06/COMFORT/10207





Publié le 16 janvier 2006 à 15:26:13 dans Reportages | Commentaires (0) |

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