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Enfants sans papiers suite...



Après le rassemblement du 11 octobre organisé place Sathonay dans le troisième arrondissement, le soutien lyonnais pour la régularisation des sans papiers a manifesté samedi 21 octobre devant le centre de rétention de St Exupéry.

Un rassemblement interrégional de taille : « Nous ne laisserons pas faire ! »
Ce n'est pas uniquement le Réseau Éducation Sans Frontières de Lyon et les lyonnais qui ont manifesté samedi dernier. En effet c'est toute une délégation de soutien rassemblant entre autres les départements du Rhône, de l'Ain, de Loire, de Saône et Loire, et de Haute-Savoie qui s'est réunie pour lutter contre l'exclusion des sans-papiers.
Parmi la foule de drapeaux, mélange d'associations et de partis politiques, on pouvait reconnaître Attac, Éducation Sud, Les Alternatifs, LCR, les Solidaires, les Verts, le Parti Communiste Français, le Parti Socialiste, le FSN, la Ligue Des Droits de l'Homme et aussi les Réseaux Éducation et Universitaires Sans Frontières.
Selon Mireille Peloux, enseignante et membre du RESF, le rassemblement a atteint de correctes proportions avec environ 600 personnes rassemblées. Bien entendu les Forces de l'Ordre ont décompté en revanche 250 à 300 personnes face à eux.

Protection collective
« Nous les protègerons de sorte qu'on ne puisse pas venir les chercher » est le mot d'ordre qu'ont fait passer les militants. Les haut-parleurs ont transmis de nombreux messages de soutien aux sans-papiers de la « zone de non droit ».
Les militants ont dénoncé le silence de la préfecture face aux quatre grèves de la faim et aux problèmes de santé de certains détenus. Les quatre grévistes estiment que c'est leur dernier moyen de se faire entendre. De plus, ne pouvant se déplacer, ils espèrent repousser la date de leur reconduite. En effet une prolongation de rétention de cinq jours pour problèmes de santé peut être décidée, et à son expiration et sans reconduction, selon la loi, le détenu doit être libéré. C'est cette motivation qui pousserait les grévistes à laisser leur santé se dégrader.
Citoyens et militants se rassemblent aussi en ville pour lutter contre ce qu'ils nomment les « rafles » et empêcher l'application de la circulaire Sarkozy. Selon RESF, le gouvernement est « sur la défensive » et la lutte doit continuer.
Les dénonciations se sont portées aussi sur le centre lui-même jugé sordide aux vues des barbelés et des préfabriqués qui dominent. Le centre est nommé aussi « centre pouponnière » par les manifestants car il permet d'accueillir des familles avec des enfants en bas âges dans des conditions suspectes. L'idée qu'un enfant puisse passer sa jeunesse dans ce centre est jugé « honteux » par les manifestants.

Des propos modérés par la police
Didier Martin qui dirige la police aux frontières était présent pour veiller à la sécurité du rassemblement. Accompagné de la gendarmerie mobile, ils représentaient un groupement d'une centaine de personnes. Didier Martin précise qu'il se trouve actuellement une centaine de personnes à l'intérieur du centre. « Tous les jours se déroulent des reconductions à la frontières » explique-t-il « par avion ou par bateau ». Il exécute avec son équipe de police aux frontières de l'aéroport les ordres sous contrôle de la Préfecture. Il suffit « d'établir la procédure » selon les arrêtés pour reconduite à la frontière (APRF).
Monsieur Martin déclare qu'il n'y a pas d'enfant à l'intérieur du centre, et modère les propos diffusés par haut-parleurs. Le centre ne serait pas une pouponnière, mais permet d'accueillir des familles, « il ne contient pas de crèche ou de salle d'accouchement » ajoute Didier Martin. D'autre part, malgré sa discrétion il semblerait que la vérité ne soit pas faite à propos des grèves de la faim.
Les revendications restent les mêmes, la régularisation globale de tous les sans papiers, et l'avancement du plan froid par la DDASS toujours prévu pour le 16 novembre sont de rigueur. Bien entendu il est exigé que les grévistes soient soignés et libérés.

Frédérique Roussel

Un rassemblement est organisé mercredi 25 octobre à 15h30 sur la Place des Martyrs de la Résistance proche de la DDASS dans le troisième arrondissement.

Publié le 25 octobre 2006 à 08:18:48 dans Reportages | Commentaires (0) |

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