Nous trouver
Depuis le 03-05-2005 :
36594 visiteurs
Depuis le début du mois :
0 visiteurs
Billets :
167 billets
<< LE FAIT D’HABITER BAGNOLET | MAROCK | Contrat de Précarité Extrême ? >>
. Réalisé par Laïla Marrakchi ; présenté au
festival de Cannes 2005 (sélection officielle, un
certain regard). Sortie le 15 février 2006.
MAROCK
Le jeu de mots illustre le paradoxe du Maroc d'aujourd'hui : partagés entre la tradition et les modèles occidentaux, beaucoup de jeunes marocains sont en quête d'identité. Rita (Morjana Alaoui) et ses amis sont de ceux-là. Passé le bac, que feront-ils ? Ils ne le savent pas encore, préférant profiter de leurs derniers moments d'insouciance, de ces moments où tout peut encore basculer, où le sort n'est pas fixé. Laïla Marrakchi les filme au quotidien : après-midi entre copains, cours au lycée, soirées en boîte de nuit, le tout dans un Casablanca pris, lui aussi, entre tradition et modernité. Illustration de cette tension entre deux cultures : la course en BMW dans les rues désertées pendant la prière. Car ces jeunes gens ne sont pas issus des bas quartiers ; ce sont tous des fils et filles de familles aisées. Tous iront étudier en Europe ou aux Etats-Unis après le bac. Tous ont voiture et chauffeur à leur disposition. Voilà la jeunesse dorée que la réalisatrice met en avant ici.
Loin des clichés sur un Maroc pauvre, en voie de développement, où les enfants travaillent au noir dans la rue, le Marock de Laïla Marrakchi prend le parti original de montrer cette couche sociale huppée.
Cependant, son intérêt ne réside pas que dans l'aspect documentaire et sociologique. Marock est aussi une histoire d'amour, d'amitié et de conflits
religieux. L'amitié, c'est celle qui existe entre Rita et deux autres filles de son âge, Sofia et Asmaa, avec qui elle partage toutes ses émotions. Quant à l'histoire d'amour, elle commence quand Rita aperçoitle beau Youri (Matthieu Boujenah) : coup de foudre, attente inquiète, rencontre fortuite, balade sur la plage... tous les cliché sont alors réunis, sans que le film sombre pour autant dans l'eau de rose. Seul obstacle à leur amour : elle est musulmane, il est juif. On n'est pas loin de Roméo et Juliette, mais version « romantique rock », comme se plaît Laïla Marrakchi à définir son film. Elle trouve, en effet, un ton léger et une atmosphère rock qui confèrent un
caractère particulier à cette situation romanesque plutôt banale au départ. Bercés par la bande originale (Ronnie Bird, Orange Juice, The Auteurs, La Mano Negra et le Rock'n'roll Suicide de David Bowie), nous nous laissons transporter à Casablanca où nous suivons le parcours de l'héroïne avec intérêt jusqu'au bout. C'est sans doute la fraîcheur et l'enthousiasme de la jeune actrice, Morjana Alaoui, qui sont communicatifs. Ce sont d'ailleurs les termes qui définissent le mieux ce premier film, tout à fait séduisant.
Caroline Vernisse
Publié le 14 février 2006 à 10:30:31 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (0) | Permaliens