de Patrice Chéreau avec Isabelle Huppert, Pascale Gréggory...
Un maison où on aime venir. De longues soirées où on écoute, regarde, rit, affirme une chose puis son contraire. C'est l'avantage des cercles d'habitués, on se connaît si bien. Elans de franchise ou excès de dissimulation, instants de doute, de joie fondée ou infondée, tout s'y côtoie, pour la plaisir des invités et des maîtres de maison. A ces derniers, tout réussit et leur existence est de celles qu'on envie. Mais soudain, l'horloge se dérègle.
Un film pesant inspiré d'une nouvelle de Joseph Conrad “Le retour”
Il est de ces films où l'attitude et la disposition du spectateur joue un rôle primordial. Des films à l'image des très controversés Last Days et Tropical Malady, où l'ambiance pesante peut déconcerter à défaut de décourager. Mais, qui s'accrochera, appréciera, sans nul doute. Réalisé par Patrice Chereau, grand homme de théâtre, “Gabrielle” est l'un de ces films sombres et silencieux. Un huis clos classieux, où l'image d'un couple modèle est mis à mal et mis à nu. Filmé dans l'atmosphère hypocrite et clinquante de la bourgeoisie du début du 20ème, “Gabrielle” résume en 1h30 les derniers moments d'un amour gâché. L'annonce d'un départ, le début d'explications sans fin, les désillusions d'un homme et les regrets d'une femme. Au centre de cette déchirure sentimentale, deux acteurs impeccables, Isabelle Huppert (récompensée pour son interprétation à la mostra de venise) et Pascal Grégory (Arsène Lupin, La Confusion des genres) Les acteurs ne seront cependant jamais seul, entourés et épiés par leurs domestiques et leurs compagnons de soirée. Se prévalant d'un thème universel, le dernier film de Patrice Chéreau se démarque par une mise en scène originale et une ambiance sonore angoissante (musique de Fabio Vacchi, compositeur italien de talent). Seule ombre à ce tableau parsemé de couleurs et de noir et blanc : son côté intellectuel, réservé à un public averti.