Dans l'univers impitoyable du permis de conduire, l'on parle beaucoup des candidats et de leurs déboires. Mais qu'en est -il du moniteur d'auto-école? Considéré parfois comme un privilegié, il exerce pourtant un métier aux multiples exigences.
Nombre de jeunes conducteurs vous le diront : le rapport de confiance moniteur-élève est essentiel à un bon apprentissage de la conduite. En effet, quelle personne serait enchantée de prendre le volant avec un prof aigri, glacial et malaimable? Personne, cela va de soi.
Qualité première d'un moniteur donc: l'ouverture d'esprit, la compréhension et une patience à toute épreuve. Et ce n'est pas tout...Ce dernier doit aussi être résistant physiquement, nerveusement, le tout en s'adaptant aux différents profils d'élèves. Mais, au-delà de toutes ces exigences, quelle satisfaction pour lui de mener un élève jusqu'au bout de sa formation et de la voir revenir avec son “papier rose”.
Pédagogue dans l'âme, le moniteur ne peut exercer sans une véritable passion. Avec la récompense de faire partie d'une étape importante dans la vie de tous jeunes : celle du permis de conduire.
Lyon compte près de 70 auto-écoles. RSnews a rencontré la gérante (et monitrice) de l'un d'entre elles, installée depuis une dizaine d'année, boulevard de la Croix Rousse.
RSNews : “Comment sont formés les moniteurs?”
Laure Bergeret : “La formation dure six mois. Elle est accessible avec un niveau 3ème mais n'est pas ouverte au jeune conducteur. C'est une formation d'Etat, dispensée le plus souvent par des autos-écoles, avec des cours pratiques et des cours théoriques. L'élève-moniteur doit aussi réaliser un stage et un mémoire. Il passe ensuite le diplôme national (NDLR : délivré par le minisère des transports) La formation coûte aux environs de 4000 euros.
RSNews :”Le niveau est -il difficile”
L.B : “Pour moi, cela n'a pas été difficile. Mais ça fait 14 ans que je suis monitrice. Aujourd'hui, le niveau est sans doute plus ardu.”
RSNews : “Quelles sont les inconvénients du métier?
L.B :” C'est un métier assez répétitif. Il ne faut pas compter ses heures, avoir de la patience et un minimum de pédagogie. De plus, le salaire n'est pas mirobolant (débutant 8,30 euros de l'heure) Il faut aussi savoir qu'un moniteur n'exerce pas logtemps sa profession (trois ans en moyenne). A Lyon, nous avons un manque important de moniteurs. Il nous faut parfois attendre six mois avant de recruter.
RSNews : “Les avantages?”
L.B : “Le plus, c'est évidemment le relationnel, le renouvellement avec les élèves. Et puis la satisfaction de les voir réussir et de les retrouver pour d'autres permis comme le permis motos.
RSNews : “Le durcissement du permis de conduire a-t-il compliqué votre profession?
L.B : “Non pas du tout, au contraire. Au départ, la diminution du nombre de point sur le permis ( NDLR : de 12 à 6 points) dérangeait les élèves mais aujourd'hui ils sont devenus plus responsables. Ils ont pris conscience que même une fois obtenu, le permis n'est pas un acquis. C'est très important pour nous.”
RSNews : “Quels conseils donneriez vous à tous ceux qui veulent se lancer dans le métier de moniteur?
L.B: “Il faut bien réfléchir. On entend souvent que c'est un métier facile. Mais être assis pendant huit heures, c'est loin d'être facile. Il faut beaucoup d'attention. Le plus contraignant reste l'aspect répétitif mais il y a aussi la reconnaissance des élèves...”
P.L