Conception et direction
artistique de Vincent Dumestre ; mise en scène de Cécile Roussat.
Théâtre des Célestins, du 6 au 20 janvier 2006.
Envoyez les violons, basses et bassons, basses de viole, flûtes et percussions ; c'est le Carnaval sur la scène des Célestins ! Un Carnaval, oui mais baroque s'il vous plaît. Vincent Dumestre et Cécile Roussat font revivre la Rome du 17ème siècle à travers ce moment de réjouissances où peuple et aristocrates se mêlent pour faire la fête. Sur scène, aux musiciens, se joignent des acrobates, des mimes, des jongleurs et des chanteurs d'opéra. C'est ainsi que le carnaval prend vie. Le spectacle est un plaisir pour tous les sens : la musique, qui va de la sérénade, mélancolique, à la tarentelle, beaucoup plus enjouée, n'a de cesse de surprendre nos oreilles ; le chant oscille, lui aussi, entre gravité et légèreté ; quant à la mise en scène, elle relie savamment acrobaties, mimes et jonglages pour séduire nos pupilles. Les artistes semblent s'en donner à coeur joie afin de nous émerveiller.
Sous des lumières magnifiques, qui recréent une atmosphère 17ème siècle, les quilles volent, les portes se déplacent, les tonneaux s'entassent pour accueillir les équilibristes, les cordes tombent du ciel et les « cordelistes » se balancent en tous sens. Au milieu de cet ensemble harmonieux, deux mimes, tels deux chiens dans un jeu de quilles (c'est le cas de le dire !), viennent commettre gaffe sur gaffe. Ils apportent une touche de comique à cette mise en scène parfaite en cassant le sérieux de son équilibre. Leurs pitreries, leur gestuelle caricaturale et leurs petits bruitages provoquent les rires de la salle. Ils servent d'intermèdes entre les différents morceaux de bravoure des chanteurs, jongleurs et autres acrobates.
Ainsi alternent des moments d'hilarité et des moments de contemplation. La beauté de la mise en scène repose sur ce mélange, bien dosé, d'une grande variété d'arts de la scène.
Caroline Vernisse