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L'enfant

Un film de Jean-Pierre et Luc Dardenne avec Jérémie Rénier et Déborah François

Sonia n'a que dix huit ans et connaît déjà la galère. Elle vient de donner naissance à un petit garçon Jimmy. Sans travail, ni sécurité financière, elle compte sur le soutien et l'amour du père de son enfant. Malheureusement, Bruno est loin de posséder les qualités d'un mari idéal. Sans attache et sans contrainte, le jeune homme vit  de petits et gros larcins. Sonia accepte et pardonne, jusqu'au jour où Bruno commettra le geste le plus insensé : vendre son fils pour une poignée d'euros.

Deuxième palme d'or pour les frères Dardenne.

En 2004, le jury du festival de Cannes récompensait pour la première fois un documentaire. Il s'agissait bien sûr de “Fahrenheit 911” de Michael Moore . Un an plus tard, la palme d'or revenait aux frères Dardenne pour “L'enfant”. Une fiction cette fois ci me direz vous. Juste. Mais pas totalement. Car lorsque l'on encaisse “L'enfant” comme l'on encaisse une claque en plein visage, l'on se rend vite compte de sa puissance “documentaire”. Dans la forme d'abord, avec une musique inexistante (et oui dans la vraie vie, les moments de galère ou de bonheur ne sont pas enveloppés d'un tube de Springsteen ou Lennon) et des prises de vues sans fioriture, tournées dans l'atmosphère grisâtre et mélancolique de Seraing en Belgique. Dans le fond ensuite, avec une histoire imaginée à partir d'une simple vision des réalisateurs. “Lors d'un tournage, nous avons vu passer et repasser une jeune fille poussant un landau dans lequel dormait un nouveau-né. Elle semblait ne pas avoir de destination.” Cette femme anonyme prend alors le visage de Sonia, interprétée par Déborah François. Fragile et forte à la fois, Sonia veut confronter Bruno à sa toute nouvelle paternité. En vain. Dans un besoin irrépressible de réalisme, les frères Dardenne ne tombent jamais dans le misérabilisme et l'absurde. Comment? Tout simplement, en recourant à des choses familières. C'est dur, parfois choquant mais toujours juste. L'on regrette alors que l'émotion, la vraie, celle qui laisse couler de nos yeux une larme, tarde à nous prendre les tripes. Mais l'essentiel est là : l'amour et le pardon entre deux êtres plus qu'imparfaits mais tellement vrais.
P.L 
Si vous ne connaissez pas les frères Dardenne et que vous avez aimé ce film, n'hésitez pas à prendre connaissance de leur filmographie en visionnant “Rosetta”, “Le fils” ou “La promesse”. A défaut d'être exhaustif, cela sera instructif...


Publié le 18 octobre 2005 à 13:48:50 dans Concert, culture, cinéma | Commentaires (1) |

18-10-2005  15:58  18-10-2005 15:58
je préfère  De  Softy  Sujet:  je préfère
les films qui me font réver et découvrir de nouveaux horizons. Les fims qui retracent les problèmes de société sont rarement militants, mais plutot fataliste et voyeur.

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