Cette semaine, dans le cadre de l'opération “Mets Imagination Arts et Merveilles”, avait lieu, à l'Hôtel du Département, une conférence originale sur le goûter.
Ah, le traditionnel quatre heure...Petits et grands, nous sommes nombreux à apprécier ce petit moment de plaisir et de gourmandise. A ne surtout pas confondre avec grignotage et encas, le goûter reste une véritable institution familiale. Tout particulièrement pour les enfants. Souvent pris devant la grille de l'école, le goûter a cependant quelque peu perdu de son authenticité. Les évolutions de la société, la course au temps, l'aspect pratique...autant d'éléments qui ont accentué la consommation de produits à l'équilibre nutritionnel contestable.
“Revenir à des choses simples”
Il ne fallait pas moins de quatre intervenants, hier soir, à l'Hôtel du département, pour défendre l'importance du goûter. Il y avait bien évidemment les diéteticiennes, Régine Cavelier (membre du réseau de prévention de l'Obésité en pédiatrie du Grand Lyon) et Danielle Colin. Mais pas seulement. Deux boulangers, meilleurs ouvriers de France, étaient aussi présents pour défendre leur morceau de pain. C'est avec humour et pédagogie, que Patrick Ferrand et Francois Pozzoli ont tenu à renverser quelques idées reçues. “ Le pain ne fait pas grossir. De plus, sur les conseils de l'OMS (organisation mondiale de la santé) nous lui avons redonné plus de fermentation, ce qui permet d'améliorer les arômes et donc de diminuer l'ajout de sel. “ souligne les deux artisans. “Nous sommes aussi en train d'élaborer un pain nutrition santé qui sera plus riche en fibre, en vitamines, en minéraux et en levain.” Les boulangers ne lésinent donc pas sur les moyens pour redonner au pain ses lettres de noblesse. Non sans raison. En effet, la consommation de pain est passée, en un siècle, de 1kg par jour et par habitant à 160 grammes.
“Stop au pitch et au chocapic!”
Le coup de gueule des deux boulangers n'était pas pour déplaire à nos diététiciennes. Sans recommander aux parents de mettre leur enfant au régime sec (du pain et de l'eau!), les intervenantes n'ont pas hésité à critiquer les publicités mettant en valeur les produits gras et sucrés, sources de véritables addictions chez certains enfants. “Les publicités qui recommandent de prendre tel ou tel produit pour lutter contre les coup de pompe de la matinée ont tout faux. Aucun aliment ne permet d'éliminer ces coups de fatigue qui sont avant tout physiologiques. D'autres pubs, jouent aussi beaucoup sur les mots en disant que tel produit apporte de l'énergie. Oui, mais attention, quelle énergie? “, explique Régine Cavelier, ajoutant qu'il lui arrive de rencontrer des enfants amenant jusqu'à trois goûters dans leur cartable, et cela pour une seule journée. La prudence est donc de mise et le respect de règles simples primordial. “Le goûter doit être pris tous les jours à la même heure. Et juste l'après midi. Il répond à un besoin de l'organisme et permet d'éviter un dîner trop copieux ou à l'inverse de compenser un repas trop léger. Dans l'idéal, il se compose de laitage, de fruit, de céréales, d'eau.”
Et si les enfants ne rechignent jamais à l'heure du goûter, il n'en est pas toujours de même devant le petit déjeuner. Ce premier repas quotidien reste pourtant un moment indispensable pour bien commencer sa journée.
P.L
EXEMPLE DE GOÛTER
Pain perdu
pain trempé dans de lait, un jaune d'oeuf et un peu de sucre, puis cuit à la poêle ou au four.
Tartine
Du bon pain frais (plus le pain est compact et la mie alvéolée mieux c'est) avec au choix du chocolat, du fromage blanc, du miel...
Et sans boissons sucrée si possible.