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Présentation

Robert Luc historien de la Croix-rousse


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    La vogue

    La vogue : son origine.

    En 1848 une chanson évoque la vogue :

    « Dans un bonnet de coton,

    Saint-Denis, notre patron,

    Au paradis ce matin,

    Ronflait sur son traversin.

    Saint Denis, Saint Denis,

    Descendez du paradis

    Saint Denis, Saint Denis,

    Tous vos paroissiens sont gris.

    Mais tout à coup réveillé,

    Il quitte son oreiller,

    Et se levant en sursaut,

    Sur son lit il fait un saut.

    (Refrain)

    Que diable font-ils là-bas,

    Dit-il, est-ce le sabbat ?

    J'entends le bruit du canon,

    Vite prenons mon lorgnon

    (Refrain)

    Qu'est-ce donc de toute part,

    La foule accourt au hasard,

    Les femmes et les maris,

    Les enfants grands et petits !

    (Refrain)

    Dieux ! Quels cris j'entends pousser,

    Mes vitres vont casser ;

    L'un souffle dans un piston,

    L'autre sonne du clairon.

    (Refrain)

    Voilà l'hercule du nord

    Qui me paraît assez fort ;

    Mais l'hercule du midi

    Me paraît bien fort aussi.

    (Refrain)

    D'où sort ce grand chameau,

    Et ses bosses sur le dos ?

    Ce lion du Sahara

    Avec ce serpent boa.

    (Refrain)

    C'est la géante à sept pieds

    Avec le nain à ses pieds ;

    Près d'elle, un tambour major

    Paraît tout moncard encore.

    (Refrain)

    Pour faire sauter ces poignards,

    Il faut n'être pas pochard,

    Et ce malheureux jongleur

    Parfois me fait vraiment peur

    (Refrain)

    L'un sur un cheval de bois

    Pour un sou tourne trois fois ;

    Dieu ! Qu'il est bon écuyer,

    Il monte sans étrier.

    (Refrain)

    Cette fille a bien bon air

    A prendre ainsi le grand air

    Si sa maman le savait

    Quel vacarme elle ferait !

    (Refrain)

    Ces honnêtes citoyens

    M'ont l'air d'être entre deux vies,

    Qu'est ce que leurs femmes diront

    S'ils se font mettre au violon !

    (Refrain)

    Je trouve chers paroissiens,

    Que vous aimez trop le vin ;

    Qu'on m'en apporte un canon,

    Je vous dirai s'il est bon.

    (Refrain)

    Je ne sais plus où j'en suis,

    Est-ce ma fête aujourd'hui ?

    Ma foi, je croirais plutôt

    Que c'est la fête des pots.

    Saint Denis, Saint Denis

    Descendez du paradis,

    Saint Denis, Saint Denis

    Tous vos paroissiens sont gris. »

    Publié le 18 octobre 2005 à 09:07:28 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (2) |

    Inaugurations des écoles Jacquard et Commandant Arnaud

               L'inauguration des écoles Jacquard et Commandant Arnaud

     

    Le 19 septembre 1886 les deux premières écoles de l'arrondissement sont inaugurées. Un événement considérable qui donne lieu à une polémique dans les journaux. Voici quelques extraits qui montrent les tensions vives qui opposaient les tenants de l'enseignement laïc à ceux des écoles tenues par les religieux.

     

    Extraits du Progrès. Journal Républicain.

     « .... Cette fête a pris le caractère d'une grande manifestation patriotique qui fait honneur à la population de cet arrondissement. Les maisons, les établissements publics sont pavoisés comme au 14 juillet et dès midi, une foule de vingt mille personnes a envahi l'immense boulevard pour vois défiler les nombreuses sociétés invitées à la fête et qui viennent se grouper devant la mairie du 4ème arrondissement. »

    Thévenet, député du Rhône, prend la parole à l'école Jacquard :

    « ... le sympathique député du Rhône, après avoir adressé les remerciements aux organisateurs de la fête, qui est manifestation républicaine de tout l'arrondissement, félicite le Conseil Municipal de Lyon de ne s'être point laissé arrêter par les critiques de la réaction et d'avoir construit ces palais où l'enfant de l'ouvrier pourra respirer, avec l'air et le lumière qui fortifient les corps, l'air, la lumière et le liberté qui grandissent les caractères et font les citoyens. Le conférencier étudie ensuite le programme républicain de l'instruction. C'est parce que les républicains voient dans l'enfant non un sujet et un esclave mais un véritable citoyen, c'est parce qu'ils le considèrent comme une recrue pour l'avenir qu'ils ne comptent pas les sacrifices et les dépenses. La réaction ne maudit nos écoles que parce qu'elle a peur de la lumière, nous dit l'orateur, nous voulons laisser l'enfant libre de choisir Dieu qu'il veut adorer et ne pas lui imposer de prendre parti pour l'une ou l'autre de ces divinités qui se disputent les intelligences et les coeurs. 

    M. Thévenet montre ensuite ce qu'a fait pour l'enfant le gouvernement républicain ; il le prend au premier âge pour le protéger, il crée ces écoles maternelles qui secondent si bien la mère retenue au foyer par son travail ; il a rendu l'école primaire gratuite, et son enseignement permettra à tous les citoyens l'entrée dans toutes les carrières. L'enseignement professionnel s'étendra de jour en jour et nous donnera cette génération d'industriels qui souvent mieux qu'une armée, préparent la revanche. (...) Thévenet termine en demandant aux citoyens qui l'écoutent de faire de la propagande pour peupler ces belles écoles. »

    Au même moment, le député Burdeau donne une conférence à Commandant Arnaud.

    « Le conférencier a pris pour thème l'instruction, il établit la comparaison entre l'éducation données autrefois par les associations religieuses et celles des instituteurs laïcs de nos jours. Les maisons d'école primaire étaient presque des gouges où l'enfant privé d'air, dépérissait. On mettait entre les mains de l'enfant, en fait de livres, un abécédaire, le psautier, un catéchisme, la civilité chrétienne, et c'était tout. Cinq heures sur sept étaient consacrées à la prière ou à l'étude du catéchisme. Il montre la jeunesse confisquée par l'Eglise et l'histoire de France passait après l'histoire de Rome. Le patriotisme était étouffé dans les âmes. »

     

    Les deux journaux lyonnais Le Nouvelliste et Le Salut Public, donnent leur version.

    Le Nouvelliste : « Une grande animation régnait hier à la Croix-Rousse, le plateau était en ébullition ; On inaugurait là-haut deux palais scolaires. Inauguration d'un palais scolaire signifie baptême laïque d'un monument très coûteux, par ces temps de misère, et répondant rarement à son affectation. Sur les plages bretonnes et ailleurs, Dieu merci, le marin prie le prêtre de bénir sa barque avant de la confier à l'Océan. Ici, nos gouvernements ne sauraient employer la traditionnelle et sainte coutume. Avant d'introduire dans ces bâtiments luxueux les enfants du peuple pour leur apprendre l'Oubli de Dieu, et partant celui de leur famille, point n'est besoin de prêtre. Une sarabande démocratique est plus en rapport avec l'usage du groupe scolaire qu'une cérémonie religieuse. Et voici comme on procède :

    F. Burdeau et F. Thévenet, députés à la suite d'une erreur du suffrage universel, sont convoqués pour présider à la fête. Ils s'y rendent, accompagnés de musiques diverses, précédés par des enfants qui n'en peuvent mais, et suivis de frères et amis. Après avoir pris possession du bâtiment scolaire, F. Burdeau et F. Thévenet prononcent un discours, plus ou moins indigeste, sur n'importe quoi, excepté sur quelque chose d'utile ; puis les musiques jouent des airs variés, on lance un ballon, on tire un feu d'artifice et quelque fois on danse, et puis... «  e finita la commédia... ». Car en somme, ce n'est là que de la comédie. (....) Voilà qui doit bien faire plaisir à nos braves tisseurs qui, depuis longtemps, hélas ! ne connaissent plus le bien-être que donne le travail, cette source féconde tarie par la République. »

     

    Le Salut Public : « ... Ce sont bien, en effet, deux palais que ces monuments destinés à recevoir de pauvres enfants qui, dans les mansardes de leurs parents, ont à peine, par ce temps de crise industrielle, un morceau de pain à se mettre sous la dent. Ce n'est pas le luxe de leurs maisons d'école qui fera oublier à ces enfants d'ouvriers le nécessaire qui leur manque chez eux. En attendant, ils auront emporté, pour se consoler, la bénédiction laïque des orateurs qui ont pontifié hier. MM. Burdeau et Thévenet, après avoir dit à la jeunesse qui allait prendre possession de ces demeures magnifiques qu'elle était l'avenir du pays, leur ont parlé un peu de tout, de Mirabeau, de l'ancien régime, de l'extirpation des abus sacerdotaux, judiciaires, despotiques, de la victoire remportée sur le sanglier d'Erymanthe, sur le lion de Némée, sur l'hydre de Lerne etc... L'auditoire n'y comprenait rien, mais il applaudissait tout de même. Cependant, beaucoup de pauvres tisseurs se disaient tout bas, et en entendant toutes ces choses et en regardant les palais scolaires, que la République ferait mieux de s'occuper un peu plus de leur bien-être et n'engloutir pas toutes nos finances dans les constructions luxueuses et ruineuses, où leurs enfants apprendront surtout à mépriser la condition précaire de leurs parents. »

    Publié le 12 octobre 2005 à 16:07:30 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (0) |

    Les canuts et l'école

    Sébastien Commissaire authentique canut de la Croix-Rousse vécut de 1822 à 1898. Il fut député socialiste après avoir connu les prisons de Louis Napoléon Bonaparte. Dans un livre il raconte sa vie, son enfance. Voici un court extrait qui explique la place des enfants dans la production du tissage.

    En 1832, Sébastien Commissaire a dix ans et après avoir été tireur de fers chez un veloutier de l'actuelle rue du Bon Pasteur (horaire de travail debout : 7 heures du matin, 10 heures du soir, 50 cts par jour) son père le remet à l'école. "Dès que je revenais, je faisais mes devoirs et ensuite je faisais des canettes. Mon père avait monté trois métiers. Il en faisait aller un, ma soeur aînée Marguerite et mon frère Jean-Pierre faisaient marcher les deux autres. Ma mère continuait son commerce de fruits. L'aîné était soldat au 35è de ligne et mes deux plus jeunes soeurs et moi nous allions à l'école en alternant de manière qu'il y en eût toujours un de nous trois qui restât à la maison pour faire des canettes et soigner notre petit frère. Le bien-être semblait vouloir venir chez mes parents. Nous nous en ressentions tous, nous étions mieux nourris que par le passé, le pain était à la disposition de tous."

    Publié le 20 septembre 2005 à 19:40:35 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (0) |

    Bakounine à Lyon

    Pas de doute Lyon tient une place essentielle dans l'histoire du mouvement social et politique du XIXème siècle. Suite logique des révoltes des canuts ? Sans doute. En tout cas cette proclamation signée notamment par Bakounine est un témoignage important de cette période.

     

    Fédération révolutionnaire des Communes,

    La situation désastreuse dans laquelle se trouve le Pays ; l'impuissance des pouvoirs officiels et l'indifférence des classes privilégiées ont mis la nation française sur le bord de l'abîme.
    Si le peuple organisé révolutionnairement ne se hâte d'agir, son avenir est perdu, la révolution et perdue, tout est perdu. S'inspirant de l'immensité du danger et considérant que l'action désespérée du peuple ne saurait être retardée d'un seul instant les délégués des comités fédérés du salut de la France, réunis au Comité central proposent d'adopter immédiatement les résolutions suivantes :
    - la machine administrative et gouvernementale de l'Etat, étant devenue impuissante, est abolie
    - tous les tribunaux criminels et civils sont suspendus et remplacés par la justice du Peuple
    - le paiement des impôts et des hypothèques est suspendu et remplacé par les contributions des communes fédérées, prélevée sur les classes riches, proportionnellement aux besoin du salut de la France
    - l'Etat étant déchu, ne pourra plus intervenir dans le paiement des dettes privées
    - toutes les organisations municipales existantes sont cassées et remplacées dans toutes les communes, par des comités de salut de la France, qui exerceront tous les pouvoirs sous le contrôle immédiat du Peuple
    - Chaque comité de Chef lieu de département enverra deux délégués pour former la convention révolutionnaire du Salut de la France
    - Cette convention se réunira immédiatement à l'Hôtel de ville de Lyon, comme étant la seconde ville de France et la plus à portée de pouvoir énergiquement la défense du Pays
    Cette convention appuyée par le peuple entier sauvera la France.
    Aux Armes !
    Lyon, le 26 septembre 1870

    Déclaration signée en autres par :
    Albert Richard, Michel Bakounine (Lyon), Rajon (Tarare), A. Bastellica (Marseille), Dupin (St Etienne) ...

    Le 30 avril 1871 des insurgés s'emparèrent de la Mairie de la Guillotière

    Publié le 15 septembre 2005 à 20:33:51 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (0) |

    Les canuts et les soyeux

    Il pourrait s'agir d'une scène d'une pièce de théâtre consacrée aux tisseurs en soie au XIXème siècle. Il n'en est rien. Comme l'explique le journaliste de l'Echo de la Fabrique, ce dialogue est authentique. Son intérêt est évident tant il nous fait mieux comprendre les mentalités des uns et des autres et surtout nous informe sur les conditions de vie et de travail de ceux que l'on appellera plus tard, les Canuts. Une fois de plus la réalité dépasse la fiction.


                                     


     Dialogue dans une cage*



    Un ouvrier à la grille :


    Monsieur, je vous apporte votre pièce.


    Le fabricant :


    ·        Ah! vous voilà, il est bien temps, ma foi, je vous avais dit qu'il fallait que cette pièce fût rendue ce matin à huit heures, et il est midi ; vous serez l'auteur que je ne pourrai pas l'expédier aujourd'hui et qu'elle me restera pour mon compte ; voyez comme c'est amusant.


    L'ouvrier :
    ·        Monsieur,je vous demande bien excuse, mais nous n'avons pas pu faire autrement ; voilà douze jours aujourd'hui que moi et ma femme nous n'avons pas quitté le métier ni jour ni nuit, tant seulement pour manger ; mais voyez-vous, la pièce était si mauvaise, et puis, c'est si réduit et c'est tramé si fin, que ça n'avance rien du tout, et puis, il faut que je vous dise tout : ma femme qui a pris cette nuit le métier à minuit, s'est trouvée si fatiguée à cause qu'elle est enceinte, qu'elle s'est abouchée* sur son battant, pour faire un petit quart d'heure ; mais elle y a resté plus longtemps qu'elle ne voulait et c'est ce qui nous a retardés.


    Le fabricant :
    ·        Tout cela est bel est bon, mais il n'en est pas moins vrai que ma commission est manquée et que c'est vous qui en êtes cause.


    L'ouvrier :
    ·        Oh! La commission n'est pas manquée pour ça.


    Le fabricant :
    ·        Vous croyez cela ; vous vous imaginez, sans doute, en savoir plus que moi là-dessus ; eh bien! moi, je vous dis que cette pièce complétait mon assortiment, et que si elle manque, le commissionnaire refuse la commission et je perds la vente de cinquante pièces par votre négligence ; c'est clair, je crois, cela.


    L'ouvrier :
    ·        Cependant, monsieur, si vous ne pouvez pas l'expédier aujourd'hui, il sera peut-être encore temps demain.


    Le fabricant :
    ·        C'est vrai; vous vous mettez dans l'idée que le navire attendra que votre femme soit réveillée pour partir, n'est-ce pas ?


    L'ouvrier :
    ·        Au bout du compte, les ouvriers ne sont pas des chiens ; nous n'avons pas pu finir plus tôt, et c'est pas la peine de tant crier pour deux heures.


    Le fabricant (visitant la pièce.)
    ·        Bon, voilà une tache; vous avez donc mangé votre ratatouille sur le métier ?


    L'ouvrier (vivement.)
    ·        Oh! pour ce qui est de ça, c'est pas vrai: car nous étions si pressés, que ma femme n'avait pas seulement le temps de faire la soupe, tellement que nous n'avons mangé que du pain tout le long de la pièce.


    Le fabricant
    ·        Voilà un fil qui traîne au cordon ; voilà une trame tirante; voilà un bouchon qui n'est pas arraché : c'est horriblement fabriqué. Je ne puis pas recevoir de l'étoffe pareille. (Au commis): M.Léon, marquez 10centimes de rabais par aune.


    L'ouvrier (se récriant).
    ·        Oh! mais, monsieur, ayez donc conscience: après nous avoir fait passer toutes les nuits, avec une si mauvaise pièce, nous faire un rabais comme ça; c'est pas juste, encore que c'est si mal payé.


    Le fabricant :
    ·        Juste ou non, c'est comme cela; et quand je vous paye en bon argent, c'est pour que vous me fassiez de la bonne étoffe ; et quant à ce que vous dites que c'est mal payé si le prix ne vous convenait pas, il fallait refuser la pièce : je ne vous ai pas forcé à la prendre, je pense.


    L'ouvrier :
    ·        Non: mais vous savez bien que j'avais resté trois mois sans ouvrage ; qu'il n'y a pas longtemps que je suis établi, et que je ne suis pas dans mes avances ; par ainsi, je ne pouvais pas refuser, parce qu'il faut que ma pauvre femme, qui est enceinte, mange, et moi aussi.


    Le fabricant
    ·        Tout cela ne me regarde pas; je ne me suis pas mis dans le commerce, pour vous mettre dans vos avances, mais je m'y suis mis pour gagner de l'argent ; ainsi tout ce que vous dites là ne sert à rien.


    L'ouvrier (timidement) :
    ·        Me donnerez-vous une pièce *?



    Le fabricant :


    ·        Vous donner une pièce! Mais vous n'y pensez pas ; après m'avoir fait manquer une commission, vous osez me demander une pièce: non, mon cher; quand on veut être traité avec égards, il faut savoir se gêner; nous ne donnons nos pièces qu'à ceux qui savent apprécier les bontés que nous avons pour eux: voilà votre compte.


    L'ouvrier (bas en sortant):
    ·        Ah ! Chien de marchand ! Si le bon temps revient, je te reverrai bien.


    Le fabricant à ses commis :
    ·        Messieurs, vous êtes appelés à être chefs de commerce un jour. Ainsi je ne saurais trop vous recommander la sévérité envers les ouvriers: ce n'est qu'en les tenant ferme, qu'on vient à bout de ces gens-là. Cet homme, qui sort, est honnête, intelligent, et laborieux, mais raisonneur et insolent; dès lors, il est urgent de s'en débarrasser au plus tôt. Les hommes de cette espèce sont d'un trop mauvais exemple pour les autres. Je vous recommande spécialement aussi, dans l'intérêt des ouvriers eux-mêmes, de veiller attentivement; aux occasions d'appliquer des rabais, c'est l'unique moyen de les rendre soigneux et de les forcer à une belle fabrication: notre industrie ne pourra qu'y gagner.


    Un commis à part :
    Et le patron n'y perdra pas (historique)



    "Note du  Rédacteur


    Nous garantissons l'authenticité de ce dialogue, attendu qu'un de nos rédacteurs était présent. On sait que la gent journaliste est curieuse* et se fourre partout. Ce brave ouvrier a eu tort, selon nous, de consentir au rabais ; il a oublié qu'il y a un conseil des prud'hommes pour rendre justice a qui de droit. Comment peut-on exiger qu'un ouvrier passe douze jours et douze nuits, sans cesser de travailler, pour rendre ses pièces, à jour et heure fixes. Le négociant doit-il prendre une commission à livrer dans un si court délai? Et cela était-il bien vrai? Il y a là un grave abus, auquel il faut remédier. Si l'on prend notre dialogue pour une plaisanterie, à la bonne heure; mais qu'on ne nous force pas de faire un article nous cesserions d'être plaisants."



    Note RL :


    Cage : C'était une espèce de sas à l'entrée de la grande pièce où le tisseur remettait son travail.


    Pièce : Il s'agit bien sûr de la pièce de soie. Le travail est donné par le fabricant.


    Journaliste : Nous sommes bien à Lyon mais en... 1832 !



                                            

    Publié le 09 septembre 2005 à 15:35:53 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (0) |

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