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Robert Luc historien de la Croix-rousse


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    Ca fait du bien de lire...!!!!

    Nom d'un rat ! Le père Claudius dédie ces quelques mots écrits par Marius Chataing aux bons gones qui se promènent sur i-canut... et aux autres ! Ah, j'oubliai : c'est un extrait d'un long article publié dans le journal des Canuts "L'Echo de la Fabrique" de ... 1832 !

    "Quelle différence raisonnable peut-on faire entre le décrotteur qui cire des souliers, brosse un habit, et le perruquier qui fait la barbe ; quelle différence y a-t-il de ce dernier au cordonnier qui fait et raccommode des souliers ; de celui-ci au tailleur d'habits, au cabaretier, au boulanger, au boucher qui leur servent et vendent des vêtemens ou des alimens ? J'ai groupé ces professions ; je pourrais les passer ainsi toutes en revue. En quoi donc la plume du négociant, de l'homme d'affaires, avoué ou autre, serait-elle plus noble que l'aune du marchand, le marteau ou la navette de l'artisan. Ne sont-ce pas là des instrumens divers de labeur, ne sont-ce pas là des modes différens de gagner le salaire dû au travail ? En quoi le chiffonnier qui ramasse les linges épars sur la voie publique, serait-il moins noble que l'ouvrier qui les triture et en fabrique du papier ? J'ai ouï-dire qu'il fallait la réunion d'un nombre considérable d'ouvriers pour façonner une épingle. Ils sont tous égaux entr'eux, quoique exerçant des arts différens. Eh bien ! la société sera, si vous le voulez, cette épingle, à la confection de laquelle tous les bras sont réunis pour divers travaux."

    Publié le 28 juillet 2005 à 20:42:37 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (0) |

    Baignades en juillet 1832

    Les canuts quelques mois après leur révolte de novembre 1831, aiment aussi à se baigner. Le Rhône et la Saône sont moins polués qu'aujourd'hui (enfin...pas de la même façon...) et ils goûtent aux plaisirs de la nage. Ils agitaient leurs agotiaux... non sans risque. Mais, citoyens jusqu'au bout, ils pointent du doigt les responsables. Article paru dans l'Echo de la Fabrique de juillet 1832

    "BAINS DE RIVIÈRE.

    Depuis quelques jours des milliers de soldats et de citoyens se baignent dans le Rhône ; mais aussi chaque jour voit périr plusieurs d'entr'eux.

    Les places et les heures de natation sont connues, et il serait du devoir de l'autorité municipale d'établir des postes de secours composés de plusieurs bateliers avec des bateaux légers.

    Peut-être ces postes sont-ils établis ; mais alors ils le sont mal, et ne sont pas surveillés ; car, lorsque quelqu'un se noie et que l'on crie au secours, personne ne se montre, ou bien il est toujours trop tard.

    Lorsque nous voyons l'autorité si prompte à déployer ses moyens militaires, à renforcer ses postes à propos d'une mouche qui vole, d'un bruit de police, ou de quelque querelle de ménage ; lorsque nous la voyons si jalouse de la concorde et du repos des citoyens, nous pouvons bien demander d'elle qu'elle applique une partie de sa sollicitude et de ses moyens de police à prévenir les tragiques accidens qui se renouvellent tous les jours sous ses yeux.

    C'est au maire, surtout, que nous adressons ces observations ; il est le chef de la cité, et doit veiller à ce que rien de ce qui peut protéger l'existence des membres de sa famille ne soit négligé."

    Publié le 26 juillet 2005 à 12:32:42 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (0) |

    Charles Fleury Tabareau

    Célèbre pour ses jeux de boules lyonnaises, aujourd'hui remplacés par la pétanque, la place Tabareau évoque un grand professeur de physique (1790-1866) et l'organisateur de l'Ecole de la Martinière. Il est intéressant de connaître sa conception de l'école en lisant cet extrait publié par le journal des tisseurs "L'Echo de la Fabrique" dans son numéro 38 de juillet 1832.

    « Dans un pensionnat, il faudrait offrir aux jeunes apprentis l'adoption entière qu'ils trouvent dans les ateliers des arts : il faudrait les nourrir et pourvoir à tous leurs besoins. Ces frais considérables, et les dépenses également très élevées des ateliers, réduiraient à un très-petit nombre les élèves de la Martinière, dont l'éducation deviendrait ainsi un privilège en opposition avec nos nouvelles moeurs sociales ; et le magnifique présent qui dotera la ville de Lyon de près de cinquante mille francs de rente, après l'acquisition d'un vaste bâtiment, mériterait à peine d'être élevé au rang des institutions de bien public, si, au sein d'une nombreuse population, toute son influence se bornait à améliorer le sort de quelques familles. 

      Nous ne développerons pas davantage cette pensée d'éducation industrielle ; c'est par l'exercice même qu'elle doit acquérir toute la valeur et l'utilité dont elle est susceptible. Il est réservé à l'institution La Martinière de faire connaître avec quelle simplicité de moyens on pourrait rendre les hommes plus adroits et plus industrieux ; et un jour viendra peut-être où tous les systèmes d'éducation adopteront cet enseignement technique élémentaire qui n'exigera que peu de temps et de dépenses. Les jeunes gens qui, jusqu'à présent, n'ont cherché qu'à acquérir des talens d'agrémens, auraient aussi des talens d'utilité industrielle, dont les heureuses conséquences seraient de faire concourir au perfectionnement de l'industrie les hautes intelligences dont le développement est le fruit des éducations les plus distinguées, d'ennoblir des professions que les préjugés de quelques classes de la société repoussent, même comme un refuge dans leurs besoins les plus pressans, et d'établir un nouveau lien d'éducation parmi les hommes. 

    La classe ouvrière ne doit plus rester étrangère aux premiers élémens des hautes sciences. Il est un ordre de connaissances qui doit faire le passage de la pratique des arts aux théories qui les éclairent : c'est la terre commune, rendez-vous de tous les hommes utiles, où les savans et les plus simples ouvriers doivent se rencontrer, s'entendre et favoriser mutuellement leurs travaux. 

    Décorez d'un peu de gloire tout ce que l'éducation offre de pénible ; faites battre le coeur des pères de famille en entourant de louanges et d'honneur leurs fils qui se sont distingués, et vous verrez cette jeune génération, qui serait restée indifférente au froid calcul de l'intérêt personnel, accourir dans vos nouvelles écoles pour recueillir tout ce qu'il y a de glorieux dans l'estime et les applaudissemens des hommes

    Par ces primes annuelles consacrées à l'indigence et au mérite, le pauvre recueillera une plus riche part de bienfaits que par le pensionnat, adopté à une autre époque par l'académie. Les frais du mobilier et du personnel nombreux d'employés qu'exigerait une institution de pensionnaires diminueraient considérablement le nombre des élèves qui recevraient, au nom du major-général Martin, l'existence dans leurs jeunes années et l'instruction qui doit protéger leur avenir. »

    Publié le 25 juillet 2005 à 21:55:02 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (0) |

    Laurent Mourguet, le père de Guignol

    Quelques grandes dates de la vie du créateur de Guignol, Laurent Mourguet.

     

     

    3 mars 1769 : Naissance de Laurent Mourguet en la paroisse de Saint-Nizier.

    1778 : Le père de Laurent Mourguet, Benoît installe son atelier rue Saint Georges.

    22 novembre 1788 : Mariage de Laurent Mourguet avec Jeanne Esterle, fille de Jean Esterle, vigneron à Sainte-Foy. Ils habitent rue Saint-Georges.

    23 mars 1793 : Laurent Mourguet et son épouse Jeanne s'installent rue du Boeuf où naîtra le troisième enfant, Joseph. L'acte de naissance porte la mention « forain » comme profession du père.

    12 octobre 1793 : La Convention après le siège de la ville décide que « Lyon n'est plus ». Benoît et Laurent Mourguet sont jetés en prison, comme « muscadins » avec de nombreux autres citoyens.

    29 janvier 1794 : Le père et le fils Mourguet son reconnus non coupables et ils sont acquittés. Benoît ne retrouvera pas sa place de tisseur. Laurent est installé au n°2 de la place Boucherie Saint-Paul et décline comme profession : « marchand de chaussons.

    1797 : L'acte de naissance de son cinquième enfant, Etienne 1er, indique comme profession du père : « marchand forain, en voyage pour ses affaires ».

    1798 : Laurent Mourguet a choisi la profession de dentiste. Cela figure sur l'acte de naissance d'Etienne 2, le 21 avril 1798. Il opère en plein air et arrache les dents gratuitement mais vend cher ses pommades. Chez lui, il a ouvert une sorte de cabinet dentaire et imaginé un petit théâtre de marionnettes.

    1799 : rencontre avec le père Thomas qui joue des parades pendant que Laurent arrache les dents.

    22 novembre 1804 : Naissance de Rose Pierrette. Laurent Mourguet est « artiste ». Il installe un petit théâtre dans la Grande Allée des Brotteaux (Angle cours Morand et Avenue de Saxe).

    1805 : Mourguet transporte ses poupées au « Jardin chinois » à l'angle oriental du cours Morand et de l'avenue de Noailles. Avec Lambert Grégoire Ladré, dit le père Thomas, ils se retrouvent l'hiver au 3 de la place Boucherie Saint-Paul pour des séances à l'intérieur.

    1805-1808 : Apparition de la marionnette de Guignol.

    28 novembre 1805 ; Naissance de Jean-Claude. Sur l'état civil, Laurent Mourguet est « artiste dramatique ».

    1810 : Rue Lainerie, Laurent Mourguet ouvre son premier théâtre dans lequel il joue les Jocrisse. Le directeur des Célestins en prend ombrage et oblige Mourguet à changer de genre. Il crée alors « le théâtre de Guignol ».

    1813 : Laurent Mourguet travaille comme artiste-machiniste dans une Crèche de la rue Noire.

    1820 : Mourguet crée sa première véritable troupe de marionnettistes. Etienne 1er joue les rôles de voix aiguës, Rose Pierrette, les voix de femmes, Claude Louis François Josserand, Gnafron. Le « Guignol Mourguet » joue dans toute la région. Le répertoire de Guignol se constitue. Des canevas sur lesquels viennent se greffer les improvisations.

    27 avril 1822 : Mariage de Rose Pierrette avec Louis Josserand. Mourguet est pour l'état civil « marchand d'étoffes ».

    8 avril 1823 : Mort du père, Benoît Mourguet. Laurent joue régulièrement à Vienne.

    22 septembre 1825 : Naissance du troisième enfant de Louis et Rose Pierrette Josserand. Mourguet est inscrit comme machiniste.

    6 janvier 1827 : Naissance du quatrième enfant du couple Josserand.

    4 septembre 1832 : Rose Pierrette meurt à 28 ans.

    25 décembre 1835 : A l'Hôtel Dieu le père Thomas s'éteint. Personne ne viendra réclamer le corps de celui qui fut le modèle de Gnafron.

    1838 : Le café Caveau, au 1 de la rue Saint-Louis (rue Charles Montcharmont aujourd'hui) devient le premier Guignol permanent. Etienne 1er, le cinquième enfant de Mourguet, âgé de 41 ans, constitue une société avec son beau-frère Louis Josserand et Laurent. C'est le début de l'exploitation commerciale.

    1840 : Laurent Mourguet va de plus en plus souvent jouer à la salle de la rue des Clercs à Vienne avec sa femme et son petit fils Michel Josserand.

    5 novembre 1843 : Le plancher du théâtre de la rue des Clerc s'effondre. Les Mourguet s'installent au 7 de la rue des Peaux-Belles. Ils louent un appartement au 43 de la rue des Clercs.

    30 décembre 1844 : Laurent Mourguet meurt. Sa femme fera inscrire sur l'acte de décès : « Laurent Mourguet saltimbanque ».

    19 août 1845 : Jeanne Esterle, épouse de Laurent Mourguet meurt à 80 ans.

    Sources : "Guignol, le roman d'un saltimbanque" de Bernard Frangin. Préfacé par Frédéric Dard. Editions Le Progrès.

    Publié le 24 juillet 2005 à 09:29:04 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (0) |

    Les tisseurs et les négociants

    Pour mieux comprendre l'organisation de l'industrie lyonnaise de la soie au XIXème siècle, ce témoignage d'un ouvrier socialiste lyonnais de cette époque (1871) Joseph Benoit :

    "Le mot de fabricant, quand il s'adresse au négociants, est impropre et ne rend pas compte de la situation véritable. Le négociant-fabricant est simplement un capitaliste qui engage des fonds dans l'achat des matières premières pour les revendre ouvrées. Son capital n'a pas d'autre destination. Tout le matériel utile à la fabrication appartient aux chefs d'atelier qui y ont un capital énorme engagé ; capital dont le négociant-fabricant seul profite pour faire concurrence aux fabriques étrangères qui sont placées dans d'autres conditions. Aussi, à Lyon, pour être fabricant et pour faire des affaires considérables, la mise de fonds est de beaucoup inférieure à celle qu'exige la plupart des industries. On sait comment, avec cette organisation, les fortunes des fabricants sont rapides et étonnent, à juste titre, ceux qui ne connaissent pas le mécanisme habile qui les produit".

    Publié le 22 juillet 2005 à 10:20:23 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (1) |

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