Bastien et Marjorie, élèves 2ème année de BTS en option tissage, accompagnés de leur professeur Christian Guillaud se sont rendus à la Maison des Canuts et ont conçu de A à Z une écharpe en soie sur l'un des métiers. Un travail qu'ils présenteront lors de leur oral de BTS. Ce lieu de mémoire offrant aux tisseurs d'aujourd'hui la possibilité d'un travail réel voilà qui nous change de la grogne des éternels nostalgiques d'une époque qu'ils n'ont pas connue.
Publié le 08 juin 2005 à 21:37:57 dans Actualités croix-roussiennes | Commentaires (0) | Permaliens
Stendhal et Lyon
En 1837 l'auteur de La Chartreuse de Parme entreprend un voyage qui le conduira à Lyon. Ses impressions sur la ville occupent de nombreuses pages de son ouvrage Mémoire d'un touriste qui sera publié en 1938. Ses réflexions, loin d'être élogieuses, ne manquent pas d'intérêt et peuvent, même aujourd'hui, susciter une polémique.
D'abord notons les lieux qui trouvent grâce aux yeux de l'écrivain. Le 15 mai 1837, il se fait débarquer en venant de Dijon par la Saône, à deux lieux au-dessus de Lyon. C'est l'île Barbe. « Les rives de la Saône sont pittoresques, singulières, fort agréables... » écrit-il. Nous voilà rassuré. Pas tout à fait puisqu'il ajoute aussitôt : « Sur ces collines de la Saône, les canuts de Lyon ont bâti des maisons de plaisance, ridicules comme les idées qu'ils ont de la beauté. » Nous voudrions faire remarquer à l'honorable écrivain qu'il devait s'agir de maison appartenant à la bourgeoisie lyonnaise, des négociants soyeux, mais certainement pas des tisseurs sur soie qui a l'évidence n'avaient guère les moyens de faire construire des demeures cossues au bord de la rivière.
Une fois entré dans Lyon, les critiques vont se succéder, parfois dissimulées par un trait d'ironie : « Les rues de Lyon ne sont point encombrées de malheureux qui chantent, comme je le craignais : on a renvoyé tous ceux qui n'étaient pas nés dans la ville. » Certes, Stendhal reconnaît quelques vertus aux Lyonnais. A propos du siège de Lyon en 1793 par les troupes de la Convention, il note : « Les chefs savaient se battre et les soldats avaient de l'enthousiasme. Voilà le beau côté du caractère lyonnais : être susceptible d'un enthousiasme qui peut durer jusqu'à deux mois. Celui de Paris dure six heures... » Encore précise-t-il que les Lyonnais étaient dirigés « par une foule d'officiers immigrés et par le brave Précy ».
Le 22 mai, Lyon n'a toujours pas conquis Stendhal et notre Hôtel de Ville va lui fournir l'occasion de se déchaîner. Ca commence sur les chapeaux de roues ! « Je traverse tous les jours ce triste hôtel de ville de Lyon, bâti en 1650, qui a l'air si sot, si lourd, tellement insignifiant... » Par sainte Marie Alacoque comme disent les Lyonnais, il y a de quoi être déprimé par ce jugement ! Et si l'on ose évoquer qu'il n'est pas si mal que ça, il vous assomme d'une phrase : « N'est-ce pas là, à peu près, la physionomie que doit porter un maire de province, pour être respecté de ses administrés, et ne pas leur sembler une mauvaise tête ? » Content de lui, Stendhal nous propose une solution pour rendre notre hôtel de ville agréable : « Venise est si malheureuse et Lyon si riche, qu'il serait possible d'acheter un palais de Venise, par exemple le palais Vendramin. On numéroterait les pierres de la façade et la navigation les amènerait à Lyon. »
La cathédrale de Saint-Jean trouve-t-elle grâce à ses yeux ? Détrompez-vous ! « Je n'y ai trouvé de remarquable que la piété des fidèles. » Et le palais Saint-Pierre, monsieur Stendhal ? « ... Grand bâtiment sans physionomie, et qui pourtant était admirablement situé pour en avoir une : il imite gauchement l'architecture italienne. » Et ce n'est pas tout : « La façade est fort incorrecte et surtout fort plate... » A la rigueur la balustrade qui surmonte l'entablement, et qui se détache sur le ciel, est peut-être ce qu'il y a de mieux... » Ouf, merci M'sieur ! Mais on aurait tort de se réjouir car il ajoute comme à son habitude : « Ce vaste édifice est imposant par sa masse, grande ressource des barbares et des sots en architecture. » A l'intérieur, il trouve les saules pleureurs « passables »... Décidément.
Bon, la déprime nous envahissant au fil de la lecture, il serait temps de trouver un sujet qui pourrait nous réconcilier quelques peu avec l'auteur du « Rouge et le Noir ». Ne cherchons pas trop longtemps, c'est bien entendu... la cuisine ! « Je ne connais qu'une chose que l'on fasse très bien à Lyon, on y mange admirablement et, selon moi, mieux qu'à Paris. » Si, si, vous avez bien lu ! Dithyrambique Henri Beyle dit Stendhal ! Il trouve que les légumes sont divinement apprêtés, que Lyon abonde de poisson, de gibier de toutes espèces, de vins de Bourgogne et de Bordeaux et que nous possédons « des légumes qui réellement n'ont que le nom de commun avec ces herbes insipides que l'on ose nous servir à Paris ».
Est-ce les vertus d'un bon repas, toujours est-il que 2 juin 1837, notre écrivain ose écrire des phrases qui nous remontent le moral. D'abord il va jouer aux boules aux Brotteaux et en longeant le quai Saint-Clair, il s'enthousiaste. « Le Rhône, fier, rapide, majestueux, peut être large comme deux fois la Seine au Pont - Neuf, mais il a une tout autre tournure. Une ligne de belles maisons à cinq ou six étages, exposées au levant, borde la rive droite du fleuve, en laissant toutefois un quai magnifique et garni en beaucoup d'endroits de deux rangées d'arbres. » Et même quand il se retourne du côté « du Dauphiné », le 6ème arrondissement aujourd'hui, il ne cache pas sa satisfaction : « Ces maisons et ces arbres ne gâtent point top la vue. Au-delà on aperçoit les sommets des montagnes, et à quarante lieues, sur la gauche, au milieu des nues, un petit trapèze couvert de neige, c'est le Mont Blanc ! On est tout à fait à la campagne, et pourtant au centre de Lyon. »
Peut-être, pour ne pas trop en vouloir à Stendhal qui demeure un grand écrivain du XIXème siècle, rester sur ce jugement d'une partie de Lyon. Oublier « Lyon est le pays de la boue noire et des brouillards épais ».
Publié le 08 juin 2005 à 07:16:08 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (0) | Permaliens
Publié le 07 juin 2005 à 21:56:48 dans Actualités croix-roussiennes | Commentaires (0) | Permaliens
Publié le 06 juin 2005 à 16:57:40 dans Actualités croix-roussiennes | Commentaires (0) | Permaliens
Quand nous empruntons la rue Joséphin Soulary à partir de la rue de Belfort, dans la montée d'escalier qui conduit à la rive du Rhône puis au parc de la Tête d'Or, sur une maison un médaillon. C'est ici qu'habitait ce grand poète né en 1815, mort en 1891. Un poème pour mieux connaître son talent :
"Si j'avais un arpent de sol, mont, val ou plaine,
Avec un filet d'eau, torrent, source ou ruisseau,
J'y planterais un arbre, olivier, saule ou frêne,
J'y bâtirais un toit, chaume, tuile ou roseau
Sur mon arbre un doux nid, gramen, duvet ou laine,
Retiendrait un chanteur, pinson, merle ou moineau.
Sous mon toit un doux lit, hamac, natte ou berceau,
Retiendrait une enfant, blonde, brune ou chataîne.
Je ne veux qu'un arpent ; pour le mesurer mieux
Je dirais à l'enfant, la plus belle à mes yeux :
"Tiens-toi debout devant le soleil qui de lève ;
Aussi loin que ton ombre ira sur le gazon,
Aussi loin je m'en vais tracer mon horizon."
Tout bonheur que la main n'atteint pas n'est qu'un rêve."
Publié le 05 juin 2005 à 17:34:31 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (0) | Permaliens
Publié le 04 juin 2005 à 21:53:38 dans Actualités croix-roussiennes | Commentaires (0) | Permaliens
Publié le 03 juin 2005 à 21:51:15 dans Actualités croix-roussiennes | Commentaires (0) | Permaliens
Publié le 02 juin 2005 à 14:58:32 dans Actualités croix-roussiennes | Commentaires (0) | Permaliens
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