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Présentation

Robert Luc historien de la Croix-rousse


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    3 décembre....1831

    Le duc d'Orléans entre à Lyon : "Tout ce que nous pourrions dire serait moins expressif que l'élan de toute la population se pressant sur son passage, et faisant retentir l'air de vivas prolongés et d'acclamations unanimes. S. A. R. a été reçu par les autorités civiles et militaires."

    Publié le 03 décembre 2005 à 07:36:27 dans Ce jour là.... | Commentaires (0) |

    1er décembre....1831

    Révolte des Canuts

    Une proclamation est affichée dans la journée. Elle est signée par... Prunelle, maire de Lyon et membre de la chambre des députés. Il a été complètement absent au moment des trois journées de l'émeute. Quelques extraits :

    "C'est le coeur navré de douleur que je me vois appelé à reprendre la direction de l'administration municipale. Que d'événements funestes, que de maux inouis ont fondu sur nous ! La seconde ville du royaume, la capitale du Midi, Lyon, que toute la France se plaisait à nommer la "Cité-Modèle", a été le théâtre des désordres les plus effrayants !!! Je cherche à me persuader qu'aucune main lyonnaise n'a trempé dans les crimes que signale la rumeur publique... (...) J'éprouve néanmoins quelque soulagement en apprenant que l'amour de l'ordre a remplacé aussitôt la violation des lois. Lyonnais ! vos pères sont morts en combattant l'anarchie ; vous vous étiez toujours montrés dignes d'eux ! Qui vous a fait oublier tant de traditions honorables ? De perfides conseils ont seuls pu égarer un grand nombre d'entre vous... (...) Ouvriers en soie ! Le bénéfice de toute fabrique est essentiellement lié au maintien de l'ordre public. La paix allait augmenter la masse du travail, et vos salaires se fussent accrus au-delà même de nos espérances. Le trouble, qui a été jeté dans notre ville, a tout compromis ; il arrête les demandes ; il éloigne les acheteurs ; il sert de cette façon, et à votre insu, la rivalité des fabriques étrangères."

    Publié le 01 décembre 2005 à 07:14:19 dans Ce jour là.... | Commentaires (0) |

    1er anniversaire de la révolte de novembre 1831

     

        L'Echo de la Fabrique dans son numéro de novembre 1832 rend un vibrant hommage aux victimes de la révolte. L'occasion aujourd'hui de mieux comprendre le véritable esprit des tisseurs sur soie et d'éviter de ne garder, pour conforter nos convictions contemporaines, que ce qui nous arrange de cette période. Le respect de la mémoire des ouvriers tisseurs de 1831 est à ce prix.                                                   

     "21, 22, 23 NOVEMBRE 1831.

    Tambours, du convoi de nos frères !

    ...

    Passerez-vous inaperçues et veuves de tout souvenir, déplorables journées que novembre ramène ? Serai-je seul à célébrer votre anniversaire funèbre ?... J'écoute et n'entends pas les hymnes religieux qui vous furent promis ! Où donc sont les prêtres... ? où est la cassolette ? Ma voix profane s'élèvera seule libre de toute crainte.

    Lyon ! ô ma patrie ! couvre-toi d'un crêpe funéraire... plusieurs de tes enfans, en ces jours néfastes, sont morts... Garde-toi de les maudire... Les fureurs parricides de Catilina, l'ambition de César ne leur mirent point les armes à la main... Ce ne fut pas non plus le stupide dévouement aux droits incertains d'une royauté morte qui leur fit quitter une vie paisible et les provoqua sur un champ de bataille. La faim horrible, la misère digne de pitié furent les hérauts d'armes... O Lyon ! tes fils malheureux, mais toujours citoyens, n'élevèrent point, dans leur détresse, le drapeau de la révolte jadis sans tache, ni cet étendard tricolore, noble reste des beaux jours de la France républicaine ; étendard glorieux qui, des neiges du Mont Saint-Bernard, alla réfléchir le soleil d'Orient dans la brûlante Égypte ; glorieux encore, lorsque mouillé des pleurs de la liberté trahie, il alla, protégé par l'aigle impériale, promener ses caprices meurtriers de capitale en capitale. Ils savaient, ces ouvriers citoyens, qu'on ne peut le déployer sans crime que sur la frontière, en face de l'étranger. Ils n'arborèrent pas non plus le drapeau rouge de la guerre civile, oriflamme de sang, signal de vengeance et de proscription, mais un drapeau noir !... Emblème lugubre et sacré, tu fus leur seul guidon. Une courte inscription te servait de devise :

    Vivre en travaillant ou mourir en combattant !

    Dormez en paix, victimes de novembre ! Que la terre vous soit légère !... votre sang a fécondé le sol où doit croître l'arbre de l'émancipation des prolétaires... Une auréole de gloire ne ceindra pas vos tombeaux inconnus... Ah ! vous n'eussiez pas voulu d'une gloire souillée du sang de vos concitoyens... Votre mémoire cependant ne sera pas oubliée dans l'histoire du prolétariat... L'avenir est dévoilé !... je vous l'annonce... vos neveux auront cessé d'être les ilotes de la civilisation ; alors ils vous consacreront un cénotaphe simple et beau comme votre vie... Les arts l'embelliront. Le David de ce temps-la suspendra, à la voûte du temple, un tableau mémoratif ; et son génie franchissant les siècles écoulés, sur la toile docile à son pinceau, retracera, avec leurs attributs divers, vos trois journées. La première a pour type la misère ; la seconde est voilée ; les palmes du triomphe, l'olivier pacifique distinguent la troisième. Un autre Lebrun vous consacrera ses chants lyriques.

    Salut ! salut à vos mânes !!!

    Dormez en paix, victimes de novembre !"

    Publié le 30 novembre 2005 à 10:54:07 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (0) |

    Le 30 novembre....1831

    Le préfet Du Molard dans une lettre au "Journal des Débats" justifie vis à vis de Paris son attitude durant les journées des 21, 22 et 23 novembre. Aimé des tisseurs qui l'appellent "Notre Père", il sera bientôt limogé.

    "...Je ne dirai plus qu'un mot : j'ai annoncé, il est vrai, le 19 novembre, à M. le président du conseil, que les émeutes n'étaient plus et n'avaient jamais été à craindre. On a vu que M. le lieutenant-général comte Roguet tenait le même langage. Le 20 au soir, en réponse à la réquisition que je lui adressais pour assurer le maintien de l'ordre, il m'écrivait encore : "Vous pouvez être sans inquiétude."

    Il était impossible de prévoir qu'aucune des dispositions prescrites par moi ne serait exécutée ou ne le serait que tardivement, et que d'un rassemblement d'abord inofensif et sans armes, une malheureuse complication de fautes et de malentendus feraient une insurrection violente et considérable."

    Publié le 30 novembre 2005 à 07:58:17 dans Ce jour là.... | Commentaires (0) |

    Le 29 novembre.... 1831

    Révolte des Canuts :

    L'Echo de la Fabrique, le journal des tisseurs sur soie, donne son avis sur le préfet Du Molart

    "Nous n'avons jamais blâmé l'autorité, nous ne l'avons point flattée ; ce n'est pas là notre affaire. Nous laissons aux feuilles politiques le soin de fouiller dans les actes de l'administration, ce qui a trait aux catégories de résistance ou de mouvement, d'extrème ou de juste-milieu ; notre mission est tout industrielle ; et, si nous avons montré des opinions politiques que nous professons, c'est moins pour plaire à cette administration que pour apprendre aux partisans de la dynastie déchue, qui certes ne sont ni nombreux, ni influents dans notre ville, que nous aurions été les premiers à prendre les armes pour défendre la dynastie de juillet. Mais nous ne pouvons passer sous silence les calomnies dirigées par quelques négociants contre le premier magistrat du département, calomnies d'autant plus atroces, qu'on l'a montré comme favorisant des projet factieux ! Pouvait-on accuser M. Du Molart d'être l'ennemi du gouvernement établi ? Homme vertueux, sorti de sa retraite pour administrer notre département, n'ayant porté qu'une seule cocarde, celle qui brille aujourd'hui à nos chapeaux ; pourquoi chercherait-on à jeter du blâme sur sa conduite ? Serait-ce parce que M. le préfet avait osé soulever le voile de l'égoïsme ? serait-ce parce que son âme généreuse avait résolu de fermer les plaies de la misère ? serait-ce parce que ses actions s'accordent avec son âme ? serait-ce enfin parce que, nommé par le roi citoyen, il avait compris sa mission, et mérité, par sa popularité, le titre qui devrait être envié par tous les magistrats, de "père des ouvriers ?" M. le préfet Du Molart est en paix avec sa conscience, et si, par une conduite toute généreuse, il a encouru le disgrâce de quelques hommes, il en est dédommagé par l'amour et le reconnaissance d'une immense population."

    Publié le 29 novembre 2005 à 09:28:41 dans Ce jour là.... | Commentaires (0) |

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