Publié le 26 juillet 2005 à 06:45:02 dans Ce jour là.... | Commentaires (0) | Permaliens
Célèbre pour ses jeux de boules lyonnaises, aujourd'hui remplacés par la pétanque, la place Tabareau évoque un grand professeur de physique (1790-1866) et l'organisateur de l'Ecole de la Martinière. Il est intéressant de connaître sa conception de l'école en lisant cet extrait publié par le journal des tisseurs "L'Echo de la Fabrique" dans son numéro 38 de juillet 1832.
« Dans un pensionnat, il faudrait offrir aux jeunes apprentis l'adoption entière qu'ils trouvent dans les ateliers des arts : il faudrait les nourrir et pourvoir à tous leurs besoins. Ces frais considérables, et les dépenses également très élevées des ateliers, réduiraient à un très-petit nombre les élèves de la Martinière, dont l'éducation deviendrait ainsi un privilège en opposition avec nos nouvelles moeurs sociales ; et le magnifique présent qui dotera la ville de Lyon de près de cinquante mille francs de rente, après l'acquisition d'un vaste bâtiment, mériterait à peine d'être élevé au rang des institutions de bien public, si, au sein d'une nombreuse population, toute son influence se bornait à améliorer le sort de quelques familles.
Nous ne développerons pas davantage cette pensée d'éducation industrielle ; c'est par l'exercice même qu'elle doit acquérir toute la valeur et l'utilité dont elle est susceptible. Il est réservé à l'institution La Martinière de faire connaître avec quelle simplicité de moyens on pourrait rendre les hommes plus adroits et plus industrieux ; et un jour viendra peut-être où tous les systèmes d'éducation adopteront cet enseignement technique élémentaire qui n'exigera que peu de temps et de dépenses. Les jeunes gens qui, jusqu'à présent, n'ont cherché qu'à acquérir des talens d'agrémens, auraient aussi des talens d'utilité industrielle, dont les heureuses conséquences seraient de faire concourir au perfectionnement de l'industrie les hautes intelligences dont le développement est le fruit des éducations les plus distinguées, d'ennoblir des professions que les préjugés de quelques classes de la société repoussent, même comme un refuge dans leurs besoins les plus pressans, et d'établir un nouveau lien d'éducation parmi les hommes.
La classe ouvrière ne doit plus rester étrangère aux premiers élémens des hautes sciences. Il est un ordre de connaissances qui doit faire le passage de la pratique des arts aux théories qui les éclairent : c'est la terre commune, rendez-vous de tous les hommes utiles, où les savans et les plus simples ouvriers doivent se rencontrer, s'entendre et favoriser mutuellement leurs travaux.
Décorez d'un peu de gloire tout ce que l'éducation offre de pénible ; faites battre le coeur des pères de famille en entourant de louanges et d'honneur leurs fils qui se sont distingués, et vous verrez cette jeune génération, qui serait restée indifférente au froid calcul de l'intérêt personnel, accourir dans vos nouvelles écoles pour recueillir tout ce qu'il y a de glorieux dans l'estime et les applaudissemens des hommes
Par ces primes annuelles consacrées à l'indigence et au mérite, le pauvre recueillera une plus riche part de bienfaits que par le pensionnat, adopté à une autre époque par l'académie. Les frais du mobilier et du personnel nombreux d'employés qu'exigerait une institution de pensionnaires diminueraient considérablement le nombre des élèves qui recevraient, au nom du major-général Martin, l'existence dans leurs jeunes années et l'instruction qui doit protéger leur avenir. »
Publié le 25 juillet 2005 à 21:55:02 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (0) | Permaliens
Publié le 25 juillet 2005 à 07:28:15 dans Ce jour là.... | Commentaires (0) | Permaliens
Quelques grandes dates de la vie du créateur de Guignol, Laurent Mourguet.
3 mars 1769 : Naissance de Laurent Mourguet en la paroisse de Saint-Nizier.
1778 : Le père de Laurent Mourguet, Benoît installe son atelier rue Saint Georges.
22 novembre 1788 : Mariage de Laurent Mourguet avec Jeanne Esterle, fille de Jean Esterle, vigneron à Sainte-Foy. Ils habitent rue Saint-Georges.
23 mars 1793 : Laurent Mourguet et son épouse Jeanne s'installent rue du Boeuf où naîtra le troisième enfant, Joseph. L'acte de naissance porte la mention « forain » comme profession du père.
12 octobre 1793 : La Convention après le siège de la ville décide que « Lyon n'est plus ». Benoît et Laurent Mourguet sont jetés en prison, comme « muscadins » avec de nombreux autres citoyens.
29 janvier 1794 : Le père et le fils Mourguet son reconnus non coupables et ils sont acquittés. Benoît ne retrouvera pas sa place de tisseur. Laurent est installé au n°2 de la place Boucherie Saint-Paul et décline comme profession : « marchand de chaussons.
1797 : L'acte de naissance de son cinquième enfant, Etienne 1er, indique comme profession du père : « marchand forain, en voyage pour ses affaires ».
1798 : Laurent Mourguet a choisi la profession de dentiste. Cela figure sur l'acte de naissance d'Etienne 2, le 21 avril 1798. Il opère en plein air et arrache les dents gratuitement mais vend cher ses pommades. Chez lui, il a ouvert une sorte de cabinet dentaire et imaginé un petit théâtre de marionnettes.
1799 : rencontre avec le père Thomas qui joue des parades pendant que Laurent arrache les dents.
22 novembre 1804 : Naissance de Rose Pierrette. Laurent Mourguet est « artiste ». Il installe un petit théâtre dans la Grande Allée des Brotteaux (Angle cours Morand et Avenue de Saxe).
1805 : Mourguet transporte ses poupées au « Jardin chinois » à l'angle oriental du cours Morand et de l'avenue de Noailles. Avec Lambert Grégoire Ladré, dit le père Thomas, ils se retrouvent l'hiver au 3 de la place Boucherie Saint-Paul pour des séances à l'intérieur.
1805-1808 : Apparition de la marionnette de Guignol.
28 novembre 1805 ; Naissance de Jean-Claude. Sur l'état civil, Laurent Mourguet est « artiste dramatique ».
1810 : Rue Lainerie, Laurent Mourguet ouvre son premier théâtre dans lequel il joue les Jocrisse. Le directeur des Célestins en prend ombrage et oblige Mourguet à changer de genre. Il crée alors « le théâtre de Guignol ».
1813 : Laurent Mourguet travaille comme artiste-machiniste dans une Crèche de la rue Noire.
1820 : Mourguet crée sa première véritable troupe de marionnettistes. Etienne 1er joue les rôles de voix aiguës, Rose Pierrette, les voix de femmes, Claude Louis François Josserand, Gnafron. Le « Guignol Mourguet » joue dans toute la région. Le répertoire de Guignol se constitue. Des canevas sur lesquels viennent se greffer les improvisations.
27 avril 1822 : Mariage de Rose Pierrette avec Louis Josserand. Mourguet est pour l'état civil « marchand d'étoffes ».
8 avril 1823 : Mort du père, Benoît Mourguet. Laurent joue régulièrement à Vienne.
22 septembre 1825 : Naissance du troisième enfant de Louis et Rose Pierrette Josserand. Mourguet est inscrit comme machiniste.
6 janvier 1827 : Naissance du quatrième enfant du couple Josserand.
4 septembre 1832 : Rose Pierrette meurt à 28 ans.
25 décembre 1835 : A l'Hôtel Dieu le père Thomas s'éteint. Personne ne viendra réclamer le corps de celui qui fut le modèle de Gnafron.
1838 : Le café Caveau, au 1 de la rue Saint-Louis (rue Charles Montcharmont aujourd'hui) devient le premier Guignol permanent. Etienne 1er, le cinquième enfant de Mourguet, âgé de 41 ans, constitue une société avec son beau-frère Louis Josserand et Laurent. C'est le début de l'exploitation commerciale.
1840 : Laurent Mourguet va de plus en plus souvent jouer à la salle de la rue des Clercs à Vienne avec sa femme et son petit fils Michel Josserand.
5 novembre 1843 : Le plancher du théâtre de la rue des Clerc s'effondre. Les Mourguet s'installent au 7 de la rue des Peaux-Belles. Ils louent un appartement au 43 de la rue des Clercs.
30 décembre 1844 : Laurent Mourguet meurt. Sa femme fera inscrire sur l'acte de décès : « Laurent Mourguet saltimbanque ».
19 août 1845 : Jeanne Esterle, épouse de Laurent Mourguet meurt à 80 ans.
Sources : "Guignol, le roman d'un saltimbanque" de Bernard Frangin. Préfacé par Frédéric Dard. Editions Le Progrès.
Publié le 24 juillet 2005 à 09:29:04 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (0) | Permaliens
Publié le 24 juillet 2005 à 06:57:08 dans Ce jour là.... | Commentaires (0) | Permaliens
Publié le 23 juillet 2005 à 07:33:37 dans Ce jour là.... | Commentaires (0) | Permaliens
Pour mieux comprendre l'organisation de l'industrie lyonnaise de la soie au XIXème siècle, ce témoignage d'un ouvrier socialiste lyonnais de cette époque (1871) Joseph Benoit :
"Le mot de fabricant, quand il s'adresse au négociants, est impropre et ne rend pas compte de la situation véritable. Le négociant-fabricant est simplement un capitaliste qui engage des fonds dans l'achat des matières premières pour les revendre ouvrées. Son capital n'a pas d'autre destination. Tout le matériel utile à la fabrication appartient aux chefs d'atelier qui y ont un capital énorme engagé ; capital dont le négociant-fabricant seul profite pour faire concurrence aux fabriques étrangères qui sont placées dans d'autres conditions. Aussi, à Lyon, pour être fabricant et pour faire des affaires considérables, la mise de fonds est de beaucoup inférieure à celle qu'exige la plupart des industries. On sait comment, avec cette organisation, les fortunes des fabricants sont rapides et étonnent, à juste titre, ceux qui ne connaissent pas le mécanisme habile qui les produit".
Publié le 22 juillet 2005 à 10:20:23 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (1) | Permaliens
Pauline Jaricot naît rue Tupin. Elle est une des rares femmes à qui la Ville attribue une rue. Même si l'Eglise tarde à la reconnaître, au contraire de Claudine Thévenet et d'Elise Rivet, ils sont nombreux les hommes de foi à célébrer sa vie et son action. « Pauline Jaricot, c'est l'église universelle, le zèle brûlant de l'Evangile porté dans les pays les plus lointains ». Et le cardinal Decourtray devant le pape Jean-Paul II le 4 octobre 1980 dans l'amphithéâtre des Trois Gaules : «... Pauline-Marie n'a pas versé son sang, mais la persécution qu'elle dut subir pendant vingt ans ne s'apparente-t-elle pas aux martyres de celles et ceux qui périrent ici ? » En effet, on ne lui fit pas de cadeau quand elle crée ce que l'on appellera la Propagation de la Foi. « Je suis faite pour aimer et agir. Mon cloître, c'est le monde », dit-elle. Et parmi le monde, celui des ouvriers. Son regard se porte à la fois sur la misère d'outre frontières et mers et sur celle des tisseurs sur soie. Elle va se lancer dans l'aventure industrielle en reprenant une fonderie en faillite « qui pourrait fournir une situation favorable à d'honnêtes ouvriers et à leur familles ». Quand on met les « mains dans le cambouis », on s'expose. Elle tombe sur trois escrocs et échoue dans ce projet. « Une mystique engagée » comme l'a décrit Jean Butin qui la classe dans les Lyonnaises qui ont marqué leur temps.
Publié le 22 juillet 2005 à 07:47:22 dans Ce jour là.... | Commentaires (0) | Permaliens
<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| 31| 32| 33| 34| 35| 36| 37| 38| 39| 40| 41| 42| 43| 44| 45| 46| 47| 48| 49| 50| 51| 52| 53| 54| 55| 56| 57| >>
Depuis le 05-04-2005 :
57269 visiteurs
Depuis le début du mois :
413 visiteurs
Billets :
453 billets
Commentaire