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Présentation

Robert Luc historien de la Croix-rousse


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    14 septembre....1792

    Les Lyonnaises mécontentes de l'augmentation des prix des produits du marché provoquent des désordres. Elles demandent que les denrées soient taxées et font imprimer et placarder un tarif de 60 articles. Pour le faire appliquer elles occupent la rue.

    Une action un peu semblable a eu lieu à la Croix-Rousse en Mai 1968. Il s'agissait de relever en début de marché les prix affichés des salades, pomme de terre... etc... et de les afficher devant la mairie. L'objectif, réussi, était d'éviter qu'ils ne grimpent dès l'augmentation de la clientèle.

    Publié le 14 septembre 2005 à 08:17:05 dans Ce jour là.... | Commentaires (0) |

    Journées du patrimoine

    De nombreuses manifestations samedi et dimanche à la Croix-Rousse. Notamment La visite guidée proposée par la Maison des Canuts et Robert Luc : L'histoire des tisseurs en soie et la bambane sur le quartier des Canuts. Durée 2 heures.

    Horaires : samedi 10 h, 11 h, 14 h 30, 15 h 30, 16 h

    Dimanche : 14 h 30, 15h 30, 16 h 30

    Tarif 8 euros

    Publié le 13 septembre 2005 à 12:35:47 dans Actualités croix-roussiennes | Commentaires (0) |

    Le 13 septembre....1786

    Le roi Louis XVI envoie des lettres de patentes portant amnistie générale au sujet de la révolte des "deux sous". En effet, entre le 7 et le 12 août 1786, il y a eu une révolte moins connue que celles de 1831 mais aux motifs identiques. Le nouveau tarif des prix de façon de 1780 n'est toujours pas appliqué par les soyeux. Les ouvriers en soie et les chapeliers appellent à la grève et tentent d'imposer au Consulat les tarifs. Dès le 10 août la répression commense et le 12, trois ouvriers sont condamnés à mort et pendus. 

    Publié le 13 septembre 2005 à 08:13:58 dans Ce jour là.... | Commentaires (0) |

    Le 12 septembre....1642

    Henri d'Effiat de Cinq-Mars et François Auguste de Thou sont décapités sur la place des Terreaux. La ville de Lyon en 1815 ne rendra hommage qu'à de Thou en donnant son nom à la rue entre la place Croix-Pâquet et la petite rue des Feuillants

    Publié le 12 septembre 2005 à 07:24:37 dans Ce jour là.... | Commentaires (0) |

    Le 11 septembre....1974

    Elu en mai, Giscard d'Estaing innove :  La préfecture du Rhône accueille le premier conseil des ministres décentralisé... Nous aurons droit également en cette période aux petits déjeuners avec les éboueurs et les casse-croûte du chef de l'Etat chez l'habitant !

    Publié le 11 septembre 2005 à 07:40:14 dans Ce jour là.... | Commentaires (0) |

    Le 10 septembre....1793

    Le comité des subsistances de la ville fixe le tationnement du pain : Une livre par jour et par personne. Kellermann à qui le pouvoir central reproche son manque de réussite dans le siège de Lyon et une attitude pas assez "montagnarde" est destitué. Il est remplacé par le général Doppet.

    Publié le 10 septembre 2005 à 07:24:40 dans Ce jour là.... | Commentaires (0) |

    Les canuts et les soyeux

    Il pourrait s'agir d'une scène d'une pièce de théâtre consacrée aux tisseurs en soie au XIXème siècle. Il n'en est rien. Comme l'explique le journaliste de l'Echo de la Fabrique, ce dialogue est authentique. Son intérêt est évident tant il nous fait mieux comprendre les mentalités des uns et des autres et surtout nous informe sur les conditions de vie et de travail de ceux que l'on appellera plus tard, les Canuts. Une fois de plus la réalité dépasse la fiction.


                                     


     Dialogue dans une cage*



    Un ouvrier à la grille :


    Monsieur, je vous apporte votre pièce.


    Le fabricant :


    ·        Ah! vous voilà, il est bien temps, ma foi, je vous avais dit qu'il fallait que cette pièce fût rendue ce matin à huit heures, et il est midi ; vous serez l'auteur que je ne pourrai pas l'expédier aujourd'hui et qu'elle me restera pour mon compte ; voyez comme c'est amusant.


    L'ouvrier :
    ·        Monsieur,je vous demande bien excuse, mais nous n'avons pas pu faire autrement ; voilà douze jours aujourd'hui que moi et ma femme nous n'avons pas quitté le métier ni jour ni nuit, tant seulement pour manger ; mais voyez-vous, la pièce était si mauvaise, et puis, c'est si réduit et c'est tramé si fin, que ça n'avance rien du tout, et puis, il faut que je vous dise tout : ma femme qui a pris cette nuit le métier à minuit, s'est trouvée si fatiguée à cause qu'elle est enceinte, qu'elle s'est abouchée* sur son battant, pour faire un petit quart d'heure ; mais elle y a resté plus longtemps qu'elle ne voulait et c'est ce qui nous a retardés.


    Le fabricant :
    ·        Tout cela est bel est bon, mais il n'en est pas moins vrai que ma commission est manquée et que c'est vous qui en êtes cause.


    L'ouvrier :
    ·        Oh! La commission n'est pas manquée pour ça.


    Le fabricant :
    ·        Vous croyez cela ; vous vous imaginez, sans doute, en savoir plus que moi là-dessus ; eh bien! moi, je vous dis que cette pièce complétait mon assortiment, et que si elle manque, le commissionnaire refuse la commission et je perds la vente de cinquante pièces par votre négligence ; c'est clair, je crois, cela.


    L'ouvrier :
    ·        Cependant, monsieur, si vous ne pouvez pas l'expédier aujourd'hui, il sera peut-être encore temps demain.


    Le fabricant :
    ·        C'est vrai; vous vous mettez dans l'idée que le navire attendra que votre femme soit réveillée pour partir, n'est-ce pas ?


    L'ouvrier :
    ·        Au bout du compte, les ouvriers ne sont pas des chiens ; nous n'avons pas pu finir plus tôt, et c'est pas la peine de tant crier pour deux heures.


    Le fabricant (visitant la pièce.)
    ·        Bon, voilà une tache; vous avez donc mangé votre ratatouille sur le métier ?


    L'ouvrier (vivement.)
    ·        Oh! pour ce qui est de ça, c'est pas vrai: car nous étions si pressés, que ma femme n'avait pas seulement le temps de faire la soupe, tellement que nous n'avons mangé que du pain tout le long de la pièce.


    Le fabricant
    ·        Voilà un fil qui traîne au cordon ; voilà une trame tirante; voilà un bouchon qui n'est pas arraché : c'est horriblement fabriqué. Je ne puis pas recevoir de l'étoffe pareille. (Au commis): M.Léon, marquez 10centimes de rabais par aune.


    L'ouvrier (se récriant).
    ·        Oh! mais, monsieur, ayez donc conscience: après nous avoir fait passer toutes les nuits, avec une si mauvaise pièce, nous faire un rabais comme ça; c'est pas juste, encore que c'est si mal payé.


    Le fabricant :
    ·        Juste ou non, c'est comme cela; et quand je vous paye en bon argent, c'est pour que vous me fassiez de la bonne étoffe ; et quant à ce que vous dites que c'est mal payé si le prix ne vous convenait pas, il fallait refuser la pièce : je ne vous ai pas forcé à la prendre, je pense.


    L'ouvrier :
    ·        Non: mais vous savez bien que j'avais resté trois mois sans ouvrage ; qu'il n'y a pas longtemps que je suis établi, et que je ne suis pas dans mes avances ; par ainsi, je ne pouvais pas refuser, parce qu'il faut que ma pauvre femme, qui est enceinte, mange, et moi aussi.


    Le fabricant
    ·        Tout cela ne me regarde pas; je ne me suis pas mis dans le commerce, pour vous mettre dans vos avances, mais je m'y suis mis pour gagner de l'argent ; ainsi tout ce que vous dites là ne sert à rien.


    L'ouvrier (timidement) :
    ·        Me donnerez-vous une pièce *?



    Le fabricant :


    ·        Vous donner une pièce! Mais vous n'y pensez pas ; après m'avoir fait manquer une commission, vous osez me demander une pièce: non, mon cher; quand on veut être traité avec égards, il faut savoir se gêner; nous ne donnons nos pièces qu'à ceux qui savent apprécier les bontés que nous avons pour eux: voilà votre compte.


    L'ouvrier (bas en sortant):
    ·        Ah ! Chien de marchand ! Si le bon temps revient, je te reverrai bien.


    Le fabricant à ses commis :
    ·        Messieurs, vous êtes appelés à être chefs de commerce un jour. Ainsi je ne saurais trop vous recommander la sévérité envers les ouvriers: ce n'est qu'en les tenant ferme, qu'on vient à bout de ces gens-là. Cet homme, qui sort, est honnête, intelligent, et laborieux, mais raisonneur et insolent; dès lors, il est urgent de s'en débarrasser au plus tôt. Les hommes de cette espèce sont d'un trop mauvais exemple pour les autres. Je vous recommande spécialement aussi, dans l'intérêt des ouvriers eux-mêmes, de veiller attentivement; aux occasions d'appliquer des rabais, c'est l'unique moyen de les rendre soigneux et de les forcer à une belle fabrication: notre industrie ne pourra qu'y gagner.


    Un commis à part :
    Et le patron n'y perdra pas (historique)



    "Note du  Rédacteur


    Nous garantissons l'authenticité de ce dialogue, attendu qu'un de nos rédacteurs était présent. On sait que la gent journaliste est curieuse* et se fourre partout. Ce brave ouvrier a eu tort, selon nous, de consentir au rabais ; il a oublié qu'il y a un conseil des prud'hommes pour rendre justice a qui de droit. Comment peut-on exiger qu'un ouvrier passe douze jours et douze nuits, sans cesser de travailler, pour rendre ses pièces, à jour et heure fixes. Le négociant doit-il prendre une commission à livrer dans un si court délai? Et cela était-il bien vrai? Il y a là un grave abus, auquel il faut remédier. Si l'on prend notre dialogue pour une plaisanterie, à la bonne heure; mais qu'on ne nous force pas de faire un article nous cesserions d'être plaisants."



    Note RL :


    Cage : C'était une espèce de sas à l'entrée de la grande pièce où le tisseur remettait son travail.


    Pièce : Il s'agit bien sûr de la pièce de soie. Le travail est donné par le fabricant.


    Journaliste : Nous sommes bien à Lyon mais en... 1832 !



                                            

    Publié le 09 septembre 2005 à 15:35:53 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (0) |

    A propos du mot "canut"

    Dans le journal des tisseurs sur soie, l'Echo de la Fabrique d'août 1832 n°44, il est question d'un concours pour donner un nom aux ouvriers en soie. Une pièce à verser au dossier de l'origine du mot canut.

      

    "CONCOURS.

    Nous croyons faire plaisir à nos lecteurs, en ouvrant un concours pour l'adoption d'un terme générique, à l'effet de désigner la classe générale des ouvriers en soie. Le nom de ferrandinier a été pris par un grand nombre de ces tisseurs, mais il ne nous semble pas devoir être adopté ; le ferrandinier est celui qui fait de la ferrandine, (étoffe passée de mode) comme le satinier, le taffetasier font des satins, des taffetas. Nous aurions préféré le mot de séricariens proposé par M. Meziat, mais il a aussi soulevé des objections. D'ailleurs nous ne devons pas oublier que c'est un sujet de goût et de convenance auquel le public doit donner son approbation.

    Nous recevrons, et nous insérerons dans le journal toutes les propositions qui seront faites. Le concours sera fermé le 15 octobre prochain ; à cette époque nous ferons le choix de l'expression qui nous paraîtra la plus convenable, et nous nous en servirons dans le journal. L'auteur recevra pour indemnité un abonnement gratuit au journal, pendant toute sa durée."

    Publié le 09 septembre 2005 à 09:10:20 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (0) |

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