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Robert Luc historien de la Croix-rousse


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    Le 9 décembre....1791

    Un bruit se répand : les émigrés font fabriquer des armes, des poignards, à Lyon par l'intermédiaire d'un certain Meynis. Chalier et Champagneux l'arrêtent et l'interrogent mais le juge de paix le relâche.

    Publié le 09 décembre 2005 à 08:46:26 dans Ce jour là.... | Commentaires (0) |

    Le 8 décembre....1790

    François Privat, capitaine du canton du Gourgillon, informe quelques officiers municipaux patriotes du complot royaliste qui est sur le point d'éclater. Il a été mis au courant, dès le début, par Denis Monnet.

    Denis Monnet marié à une Lyonnaise, est un ouvrier en soie qui participa en 1786 à l'émeute des deux sous. Il est emprisonné pour avoir rédigé des mémoires en faveur des compagnons. En 1789, grâce à son action, les maîtres ouvriers obtiennent la fixation d'un tarif. Ce qui ne l'emêchera pas d'être guillotiné le 27 novembre 1793 parce qu'il avait gardé ses fonctions de président du comité de surveillance de son quartier pendant le siège de la Convention.

    Publié le 08 décembre 2005 à 07:55:41 dans Ce jour là.... | Commentaires (0) |

    Le 7 décembre....1831

    Nouvelle affiche placardée sur les murs de la ville. Elle consacre la défaite de la révolte des Canuts.

    "Considérant que, dès lors, l'autorité administrative n'avait point à s'immiscer dans les contestations qui s'étaient élevées entre des fabricants et des ouvriers de la ville de Lyon.

    ARRETE :

    "Art. 1er Les tarifs relatifs à la fabrication des étoffes de soie et de rubans, publiés à Lyon, sous les dates des 26 et 31 octobre 1831, ainsi que les délibérations du conseil des prud'hommes, en date du 11 du même mois, de la chambre de commerce, en date du 15 octobre, du conseil municipal de Lyon, en date du 1er novembre, et les avis publiés par le maire de Lyon, le préfet du Rhône, et le lieutenant-général Roguet, sous les dates des 22 et 26 novembre, même année, et enfin tous les autres actes relatifs à des tarifs quelconques, sur les façons d'étoffes de soie et rubans, qui seraient intervenus pendant cette période, sont déclarés nuls et comme non avenus, sauf aux parties à se pourvoir, au besoin, pardevant leurs juges naturels."

    Publié le 07 décembre 2005 à 07:28:28 dans Ce jour là.... | Commentaires (0) |

    Le 6 décembre....1831

    Quinze jours après la révolte et une fois la visite du duc d'Orléans terminée...les autorités remettent de l'ordre...

    Le maréchal duc de Dalmatie, ministre secrétaire d'Etat à la guerre, fait placarder des affiches où l'on peut lire par exemple :

    "Art 1er : Les livrets délivrés aux ouvriers non français par le ministre de l'intérieur, de même que les livrets délivrés aux ouvriers nés français par les maires des communes ou par les commissaires de police, sont et demeurent annulés, pour tous les ouvriers habitants les communes de Lyon, Guillotière, de la Croix-Rousse, de Vaise et de Cuire."

    Art 5 : Les ouvriers, garçons et compagnons qui, dans un délai de trois jours, ne se seraient pas présentés dans leurs mairies respectives, pour obtenir la délivrance de nouveaux livrets, seront réputés vagabonds, arrêtés et punis comme tels, conformément aux dispositions de l'arrêté du gouvernement du 1er décembre 1803."

    Publié le 06 décembre 2005 à 07:50:47 dans Ce jour là.... | Commentaires (0) |

    Le 5 décembre....1792

    Antoine Nivière-Chol devient maire de Lyon. c'est un modéré qui souhaite que : "... le riche sorte de sa coupable indifférence, que le pauvre cesse de contempler le riche avec envie." Seulement Chalier ne va pas lui permettre de faire une longue carrière. Il démissionnera le 7 février 1793.

    Publié le 05 décembre 2005 à 07:42:54 dans Ce jour là.... | Commentaires (0) |

    Le 4 décembre....1793

    Plus de 200 condamnés sont mitraillés dans la plaine des Brotteaux. La "foudre" républicaine fournit des martyrs aux anti-révolutionnaires. Pendant tout le mois de décembre, la terreur est  l'ordre du jour : guillotine et mitraillades.

    Publié le 04 décembre 2005 à 08:01:46 dans Ce jour là.... | Commentaires (0) |

    Le mot de canut (3)

    Lettre d'un lecteur de l'Echo de la Fabrique d'octobre 1832... qui devant l'histoire aura eu le dernier mot !

     AU RÉDACTEUR.

    J'ai cru, Monsieur, que c'était une plaisanterie que votre concours ouvert pour trouver un nom euphonique, dites-vous, à la classe générale des ouvriers en soie. Je vois avec peine que vous y persistez : pourquoi donc, enfans ingrats, rougirions-nous du nom que nos pères nous ont laissé ! pourquoi cette susceptibilité, pour mieux dire, cette pruderie ? Qu'a donc de déshonorant le nom de canut ? qu'importe que ce soit par raillerie ou autrement qu'on nous le donne ? Par lui-même un mot n'a rien de fâcheux.

    Appelons-nous canuts et soyons citoyens.

    Votre concours à mon avis est inutile, et son but est oiseux ; ce n'est pas de trouver un nom à notre profession qu'il faut vous enquérir, permettez-moi de vous le dire, mais bien des améliorations à notre état social. Je me suis laissé dire que dans une ville qu'on appelait Bysance, et qui était assiégée par une armée ennemie, des moines qui l'habitaient discutaient gravement une question théologique ; pendant ce temps l'ennemi prit la ville, et les moines allèrent en esclavage continuer leur lumineuse discussion. Sans remonter à une époque éloignée, sous le consulat de Bonaparte, on discuta beaucoup sur l'importance relative des mots citoyen et Monsieur ; et pendant ce débat, la république périt. Serions-nous, par hazard, à notre insu, dans une position analogue.

    Je vous propose donc de fermer une discussion au moins intempestive, et de chercher au contraire à rendre au nom de canut toute la gloire qu'il mérite, étant porté par des hommes probres et laborieux.

    Intitulez-vous hautement journal des canuts, on en rira d'abord, ensuite on s'y accoutumera ; ce nom deviendra aussi noble que celui de banquier, médecin, avocat, etc., et vous aurez fait un acte de haute sagesse.

    Labory.

    Publié le 03 décembre 2005 à 07:54:40 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (0) |

    Le mot canut (2)

    Quelques lettre de lecteurs de l'Echo de la Fabrique du mois d'octobre 1832 concernant le concours pour remplacer le mot de canut :

     "AU RÉDACTEUR.

    Lyon, 30 août 1832.

    Monsieur,

    Le mot polymithes (μιτοσ) polymitus peut-il remplacer celui de ferrandinier, pour désigner la classe générale des ouvriers en soie ?

    Quoi qu'il n'y ait point de synonymes parfaits, il semble, néanmoins, que deux langues se trouvent dans la même langue. Les mots anciens, et les mots nouveaux d'une langue sont synonymes. C'est ainsi que jusqu'alors Ferrandiniers a été regardé comme synonyme des ouvriers en soie, quoi qu'il y ait une grande différence entre ces mots ; le premier, considéré mot collectif, a été adopté parce qu'il est fort inutile d'avoir plusieurs mots pour une idée, et qu'il est avantageux d'avoir des mots particuliers pour toutes les idées qui ont quelque rapport entre elles. On juge de la richesse d'une langue par le nombre des pensées qu'elle peut rendre, et non par le nombre des articulations de la voix. Or les mots : Ferrandinier, satinier, taffetatier, etc., lorsqu'il ne s'agit que de faire entendre l'idée commune, sans y joindre ou sans en exclure les idées accessoires, peuvent être employés indistinctement, puisqu'ils sont tous propres à exprimer ce qu'on veut faire entendre. Mais ils ne peuvent être employés pour exprimer une idée générale, puisque chacun d'eux a une force particulière qui le distingue de l'autre.

    La classe générale des ouvriers en soie me parait pouvoir être désignée par le terme polymithes que je propose, parce que dans ce seul mot je trouve plusieurs significations, telles que : fil, trame, tissu, broderie, et par cela même me paraît le plus propre à désigner la classe des ouvriers en soie, sous la dénomination de Classe polymithérienne. Cette expression est une synecdoque, ou si l'on préfère, une métonymie, puisque je donne une signification générale a un mot qui en a quatre particulières.

    J'ai l'honneur d'être, etc.

    BITRY.

     AU MÊME.

    Lyon, le 12 octobre 1832.

    Monsieur,

    Désirant concourir pour la fixation d'un terme désignatif de la classe générale des ouvriers en soie, voici ce que j'ai l'honneur de proposer :

    Puisque par le mot soieries l'on entend toutes les diverses sortes d'étoffes de soie, je pense que de ce terme générique doit naturellement dériver celui qui doit désigner en masse les divers ouvriers qui les fabriquent. Conséquemment, on devrait les nommer soieriniers, soierineurs ou soierinistes. On dirait soieriniers en général, comme on dit spécialement satiniers, rubaniers, jacquardiers, veloutiers, etc. Soierineurs pourrait se dire comme on dit indienneurs, chineurs, tourneurs, etc., et soierinistes comme on dit tulistes, ébénistes, lampistes, etc. Les deux premières terminaisons sont celles le plus généralement adoptées dans les mots appellatifs des ouvriers des divers états. Celle en ier me semble la plus euphonique ; celle en iste, la plus sonore et la plus noble.

    [5.1]Quant au sericarius des latins, on aurait tort d'en faire séricariens. En néologie on doit toujours prendre pour guide la méthode suivie dans les cas analogues à celui dont on s'occupe. Que voyons-nous dans la transformation de mots latins en français, dans le genre en question ? Que de matériarius on a fait charpentier : du carbonarius, charbonnier ; du serarius, serrurier ; de vestiarius, tailleur ; de coriarius, corroyeur, tanneur, etc. Il est donc certain qu'à cet égard, le génie de notre langue est de donner à la terminaison latine arius celles en ier et en eur comme équipollentes. – Nul ne s'est jamais avisé, je pense, en francisant les termes latins précités, de dire : Matérarien, carbonarien, vestiarien, coriarien, etc. Dans notre langue, cette terminaison en ien n'est presque jamais affectée aux noms d'individus employés à travaux purement manuels ; elle semble réservée principalement pour ceux qui s'appliquent aux intellectuels. Exemples : Mathématiciens, physiciens, logiciens, métaphysiciens, etc. ; ou pour les noms de peuples : Égyptiens, Indiens, Lithuaniens ; Alsaciens, etc., ou ceux de partisans d'opinions religieuses ou philosophiques : Païens, Chrétiens, Ariens, Pharisiens, etc., d'une part ; et de l'autre : pythagoriciens, platoniciens, stoïciens, péripatéticiens, cartésiens, etc., d'où je conclus que séricariens ne saurait être admis. Mais que si l'on tient à une dérivation immédiate du latin, il faut suivre la méthode employée par nos devanciers en néologie, méthode à laquelle je me suis conformé pour les dérivés que j'ai tirés du mot soieries, qui lui-même en est un de la racine latine, et par conséquent dire : sericariers ou sericarieurs, ou sericareurs ou sericaristes, ou sericarinistes, si l'on rejette soieriniers, soierineurs et soierinistes, mots qui me semblent, avec leur physionomie toute française, bien plus présentables à l'acceptation, et qui, surtout, laisseraient dans l'esprit, qui sans difficultés aucune pourraient les analyser, une idée bien plus juste que celui de séricariens.

    J'ai l'honneur d'être, etc.

    Un Veloutier."

    Publié le 03 décembre 2005 à 07:50:53 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (0) |

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