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Présentation

Robert Luc, historien de la Croix-rousse.

Les Bambanes, les traboules de Lyon et les canuts de la croix-rousse.

robert.luc2@wanadoo.fr
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Les Guinguettes

Ce soir se sont ouvertes les guinguettes du bord du Rhône. Réappropriation des bas-ports par les Lyonnais ? Au moins pour quelques jours et de façon bien formatée. On en reparlera quand les jeux de boules lyonnaises reviendront occuper le terrain d'où ils ont été chassé par les autos ! Beaucoup de bruits, à boire et à manger... et une tentative de l'association croix-roussienne Varahu de donner un contenu moins commercial à cette manifestation. Not'crieur a au moins reçu la visite du maire de Lyon... c'est déjà ça !

Publié le 08 juillet 2005 à 22:01:51 dans Actualités croix-roussiennes | Commentaires (0) |

Fourvière

 Fourvière

                          (Extraits d'un article paru dans le numéro 7 de Pays de Rhône Alpes)

 

J'ai beau avoir dans la tête une vague idée de la théorie du big-bang, regretter que Darwin ait vécu trop tôt pour obtenir le prix Nobel, savoir que mes ancêtres protozoaires se traînaient lamentablement sur le sable d'une plage il y a 3 milliards d'années, dès que je lève le regard sur Notre-Dame de Fourvière, j'éprouve un curieux sentiment.

 

Fils d'une parpaillote ardéchoise peu encline à honorer la Vierge, laïc convaincu, habitant d'une colline qui « travaille beaucoup », opposée par les historiens à celle qui prie, me voilà levant les yeux sur ce mont qui fait vaciller mes certitudes. Bien sûr me revient en mémoire des images profanes. D'abord des images de cartes postales de ce décor devenu la proie des photographes. Le « Cheval de bronze » de la place Bellecour, Louis XIV immortalisé par Lemot, tout comme la basilique de Fourvière et la tour métallique voisine sont des symboles qui tiennent qui figurent désormais un peu partout, du papier d'emballage d'une cravate de soie à celui du saucisson de Lyon. Profane aussi le souvenir des feux d'artifice très républicains, tirés de l'esplanade au nez de Saint-Michel occupé à terrasser le dragon. Pourtant, même quand je convoque ces témoins matérialistes, même lorsque je me souviens des réflexions désobligeantes à l'égard de la basilique qualifiée parfois « d'éléphant sur le dos ! » Fourvière capte mon attention, m'interroge, m'impose avec calme des images de silence et de recueillement, m'oblige à penser, fait défiler dans ma mémoire des brides de prière que j'avais oubliées. C'est ainsi. La colline de la Croix-Rousse fait surgir du passé les révoltes des tisseurs sur soie, des moments de solidarité, de luttes pour la dignité, l'amour du travail réalisé par la main de l'homme. La colline de Fourvière, elle, m'offre de placer ces vertus dans une perspective universelle qui va au-delà des structures de l'Eglise, et vient alimenter des interrogations qui ne cessent de me hanter. Il est certain que je ne suis pas le seul à éprouver ce sentiment étrange. Cette colline qui culmine à 280 mètres, a de tous temps attiré l'esprit et les pas de l'homme. Et j'en conviens, je préfère voir en son sommet un lieu de méditation et de prière qu'un symbole de puissance et de pouvoir. Je parle, je parle, la tête en l'air, les yeux fixés sur l'éclat d'or d'une Marie qui ouvre en grand ses bras aux Lyonnais, mais il me faut grimper tout en haut, capter les ombres du passé, m'imprégner de l'âme de cette colline, chercher à mieux comprendre l'extraordinaire succès d'un lieu qui ne garde aucune trace de miracles et qui, pourtant, accueille chaque année plus d'un million de visiteurs.

 

J'ai le choix pour accéder à l'oeuvre de l'architecte Bossan, entre plusieurs voies. Laissons aux automobiles et aux cars la montée de Choulans. Elle a beau porter le nom d'une fontaine, « Cholan » sur un plan de 1550, elle est trop loin de l'esprit des pèlerins et les échevins qui, à partir de 1643, se rendaient à Notre-Dame de Fourvière, alors simple chapelle battue par les vents. Pas n'importe quel jour : le 8 septembre. Pas pour rien non plus : ils venaient offrir un écu en échange d'une protection contre la peste... et peut-être aussi, comme me le susurre l'historien Bruno Benoît, pour faire plaisir au roi Louis XIII qui venait de consacrer la France à Marie. Et les Lyonnais n'ont pas fini de monter sur la colline pour demander à la Vierge sa protection en lui promettant leur gratitude en échange. Le Lyonnais tient parole !

Je n'emprunterai pas non plus l'accès le plus au nord, la montée de l'Observance. Pas conforme à l'idée que je me fais de « monter à Fourvière ». D'ailleurs, les Cordeliers, qui, au XVème siècle, ont fondé un cloître sur ces terres, possèdent la réputation d'avoir adopté une attitude peu conforme à mon idée de la vie monastique. Inutile de nourrir mon scepticisme naturel... En fait, j'hésite entre la montée des Anges, aujourd'hui rebaptisée Nicolas... de Lange, la montée du Chemin Neuf offert par le baron des Adrets, la montée du Gourguillon, qui tiendrait son nom du ruissellement gargouillant des eaux, ou, plus tragiquement, du sang des martyrs, comme le suggère l'Anglais Thomas Coryat en 1611.

Je choisis la montée Saint Barthélemy pour ne rien oublier de mon incompréhension devant des massacres au nom de Dieu et parce que la maison des n°17 et 19 évoque Pauline Jaricot et la « Propagation de la Foi ». Pour ne rien oublier du témoignage de celle qui prit conscience de la situation des tisseurs sur soie. Bel exemple de mes interrogations.

Je laisse à mon passé le soin de prendre le funiculaire de Saint-Jean né en 1900. L'austérité de ses sièges, l'intimité qui se crée dans ce funiculaire, les bruits qui paraissent avoir conservés l'accent du passé, et me rappellent ses aînées de la Croix-Rousse. Les bréviaires lus en silence y sont simplement plus nombreux. Je lui laisse cette facilité, bien décidé à grimper en tentant de saisir les sentiments de ceux qui arrivent fatigués sur l'esplanade de Fourvière.

Et patatras, Jean-Luc Chavent va bouleverser mes certitudes de « pèlerin ». Ce passionné du quartier, conteur plein d'humour de son histoire et de ses curiosités, me regarde goguenard arriver devant l'entrée principale. « C'est la sortie ! », me lance le médiatique moustachu.

Je me retourne. Je suis bien sur l'esplanade, face au grand portail et à la statue de celui que René Dejean, conteur de rue, surnommait « saint Perplexe ». Je le suis autant que lui. L'Abri du Pèlerin, seul lieu à Lyon où l'on peut apporter son casse-croûte, est bien là, tout comme les quelques boutiques qui offrent des objets de souvenirs plus ou moins en rapport avec le religieux. Très Lyonnaises, ces boutiques. Ordre et discrétion y règnent, loin de l'image convenue d'un marché du Temple. Derrière moi la maison de Claudine Thévenet, providence des enfants pauvres, canonisée en 1993.

Jean-Luc s'impatiente sur cette esplanade qui me paraît froide et sur la défensive. Je lui demande d'attendre un peu. De façon surprenante, mon regard, au lieu de glisser quelque peu à la dérive, semble forcé de détailler chaque partie de la basilique. Le charme de ce bâtiment ne réside-t-il pas dans la multitude de découvertes que l'on peut y faire ? Le président de la Fondation Fourvière Jean-Dominique Durand et le recteur du sanctuaire Notre-Dame de Fourvière Jean-Marie Jouham, qui m'attendent à l'intérieur, ne me contrediront pas. L'archevêque de Lyon, Jean Balland, l'a écrit : « Le génie de Bossan et de ses coopérateurs était aussi une longue patience et surtout une extrême attention jusqu'aux éléments infimes, amoureusement conçus et réalisés. »

Mais je ne peux plus faire attendre mon guide de l'authentique. Je vole plus que je ne marche pour le rattraper  et saisir au vol ses phrases qui me laissent ébahi. «C'est la sortie » répète-t-il,  «  l'entrée n'était pas prévue ici, car l'entrée de la basilique ne devait pas tourner le dos à Lyon. Elle devait se faire face à la ville, par monumental escalier, et une ouverture étroite obligeant à baisser la tête pour pénétrer à l'intérieur de la basilique. » Ainsi l'actuel bâtiment n'est pas celui imaginé par Bossan. J'imagine l'imposant escalier qui serait parti de la cathédrale Saint-Jean pour s'élever jusqu'ici. Le pèlerin baisse la tête et entre dans un silence recueilli, traversé par les péchés des hommes et leurs espoirs aussi. Moment de prière et de recueillement et l'Homme sort à l'Ouest, un avenir plus serein s'offrant à lui...

Mon guide me désigne de vagues silhouettes. Des lions ! Juste l'ébauche. A l'évidence, la basilique n'est pas terminée. Le sera-t-elle un jour ? Après tout, la vie est faite d'oeuvres plus ou moins achevées. De nos promesses de Noël et de Jour de l'An que reste-t-il quelques semaines plus tard ?

Robert Luc

Publié le 08 juillet 2005 à 10:39:45 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (0) |

Le 8 juillet....1943

Jean Moulin, arrêté le 21 juin à Caluire par la gestapo, meurt dans le train qui l'emmenait en Allemagne.

Publié le 08 juillet 2005 à 08:35:06 dans Ce jour là.... | Commentaires (0) |