créer un blog ou un site | www.i-citoyen.com | www.i-rhonealpes.com | www.i-grandlyon.com | www.i-lyon.com

Présentation

Robert Luc, historien de la Croix-rousse.

Les Bambanes, les traboules de Lyon et les canuts de la croix-rousse.

robert.luc2@wanadoo.fr
04 78 27 11 51


Nous trouver Nous trouver

Avril

DiLuMaMeJeVeSa
     12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930

Parler Lyonnais


       Ah par Sainte Marie Alacoque, elle se mérite la Croix-Rousse ! Belins, belines, chenuses fenottes et bons gones, c'est que pour trabouler, faut pas avoir les fumerons déclavetés et des agaçins aux bouts des clapotons, ça que vous appelez les cors aux pieds. Faut être bien vigouret, bien bouligant, alerte quoi ! Heureusement, c'n'est pas pour vous y dire mais y a tout un cuchon de lieux pour mâchonner, pour se remplir l'embuni, se rincer le corgnolon, même si les bouchons y sont moins nombreux qu'au temps de la Ficelle... La Ficelle ? Mais grands gognands, niguedandouilles, torche-bugne, bugnassons, c'était le funiculaire qui faisait remonter les canuts de chez les fabricants qui ne fabriquaient pas... les soyeux quoi ! C'est le métro maintenant qui passe pique-plante où on a trouvé le Gros Caillou. Après avoir goûté les grattons et évité d'être coufle, faudra débarouler les escaliers des traboules en faisant bien attention de ne pas se pétafiner le cotivet, de ne pas s'écafoirer le picou dans les équevilles, pas y faire comme le Glaudius qu'est défunté pour avoir embugné une poutrône qu'avait une paire de posses comme des centpotes gonflent de beaujolais. Fallait le voir le gone, tout sampillé qu'on aurait dit une Marie-Graillon toute pitrognée par un Jean-la-Fiarde. Bon c'est pas tout ça, je bajafle, je cancorne comme une catolle, mais ma chenuse fenotte elle m'attend avec une salade de groins d'âne. Allez je vous fais peter la miaille et à la revoyure...             

Publié le 05 avril 2005 à 05:25:05 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (0) |

Extraits des Pentes...

La ficelle s'immobilisa et les passagers en sortirent. Les enfants prenaient les devants, les bruits et les odeurs de la vogue les excitant déjà.
-Mais c'est la vogue des marrons et du vin blanc doux nouveau ! Ce n'est pas la saison !
Je me retournai vers mes compagnons. Nom d'un rat ! Ils avaient disparu.
-M'sieur, m'sieur, dessine-moi un manège !
Le gone était haut comme trois pommes et me regardait comme si je venais d'une autre planète.
-Je ne suis pas aviateur !
-Alors emmène-moi faire un tour de vogue !
-Comment tu t'appelles ?
-Karim ! J'suis un enfant des pentes ! Un produit des voyages obligés, de la sueur du travail à la chaîne et des gourbis du froid, du troc faussé entre le pain et le soleil de ma grand-mère, des mirages de sable contre ceux de la mobylette et des tee-shirts de marque, du crocodile aux trois bandes et de ma frime à casquette renversée !
Karim... Va pour un tour de vogue qu'il partagera avec un autre Karim qui eut peu de balades dans les éclaboussures lumineuses et l'air saturé de sucre de barbe à papa. Un papa, pas toujours à la hauteur, glissant dans la torpeur que donne la chaleur, maudite mais trop tard, de l'alcool prétexte... Je tenais le verre au lieu de prendre sa main... Va pour la musique, les reflets des manèges qui se multiplient à l'infini sur les joues rouges des enfants qui rient... Va pour le manège qui tourne, la tête dans le ciel des platanes... va pour la vogue et la fête parfumées par la fumée âcre des marrons... Va Karim...

Publié le 05 avril 2005 à 05:23:52 dans Bibliographie | Commentaires (0) |

Extraits de la Semaine de la Fenotte

La semaine de la fenotte :
... De nouveau ce fut le charivari dans la cabiotte, la fumée, la puanteur, le hurlement et tout le tralala. Enfin apparu au regard de la maîtresse Chatte, un petit rongeur chantant une comptine où il était question d'une souris verte courant dans l'herbe, puis attrapée par la queue pour être offerte au sadisme de ces messieurs. La chatte bondit, assena un terrible coup de pattes sur le cotivet de la souris et la mâchonna sans autre forme de procès.
(La chatte maîtresse ou la greffière bottée)

-Merde ! s'exclama le confesseur. Et vous croyez qu'on va faire lire ce putain de conte immoral à notre saine jeunesse par les temps qui courent ? Avec des tarés à chaque détour de page ! On a censuré des livres pour moins que cela ! Allez, à la revoyure monsieur le député ! J'me casse, j'mets les bouts, j'm'en sauve, j'vous ai jamais vu !
  Et il claqua la porte du confessionnal avec fracas, réveillant du même coup deux pêchés de luxure oubliés par une catole trop pressée.
(La peau d'âne)

...La pauvre enfant ne pouvait s'amuser comme il est convenu de le faire quand on est une enfant. Pas de jeux de cartes, les piques étaient ôtés. Pas de déjeuner sur l'herbe avec M. Monet, les pique-niques lui étaient interdits. Point de rose dans les vases, point d'ironie mordante, point de comptines comme « pique et pique et collégramme ams-tram-gram ».
(La chenuse au bois du parc Popy)

La marraine tenait à la main une canne de tisseur en soie, nue. Elle la leva et l'abattit d'un coup sur la courge évidée. Un bref éclair orangé et une superbe voiture apparut sous les quinquets ahuris de la jeune fille. Une magnifique limousine avec tout ce qu'il faut : moteur, portières, volant, clignotants, sièges en cuir, allume-cigare plaqué or, lave-glace au champagne, klaxon à trois tons, roues avec enjoliveurs pour enjoliver, autoradio branché sur France-Culture, cartes routières, cric en ivoire, manivelle en argent, ceinture de sécurité...
  -Mais marraine, j'ai pas mon permis !
  -Que cela ne tienne.
(Marie Graillon ou la petite grolle)

-Mon ange, peux-tu faire un saut chez ta grand-mère. Elle m'a envoyé sur notre mail un message. Son embuni la tiripille. Porte-lui cette filoche de bugnes avec un pot d'arquebuse, s'il te plaît.
-Yes mam' ! fit la fenotte qui malgré ses douze ans parlait couramment l'anglais.
  Aussitôt le petit chapeau rouge se mit en route pour apporter à sa grand-mère tout ce que lui avait confié sa maman. C'était un long chemin car elle logeait à l'autre bout de la grande ville, dans le quartier d'Ainay. En débaroulant la montée de la Grand'Côte, elle se heurta à un homme au costume sombre, Monsieur Leu. Ah, Monsieur Leu, Aimé Leu... pour le pire.
(Le petit chapeau rouge)

Il organisait alors des fêtes somptueuses où étaient invités le ban, l'arrière-ban et même les strapontins de l'honnête société civile et immobilière. Le vin de la vigne de la République des Canuts et les gratons aidant, quelques belles dans l'obscurité du soir descendant sur la plaine, se laissaient séduire entre le réfrigérateur et la cuisinière qui fermaient les yeux pour l'occasion. Un aller-retour de troisième classe et un tour de rein, la messe était dite. La zigounette baissait la tête peu fière, la belle brusquement dégrisée voyant la barbe et sa couleur, s'écriait :
  -Maman !
(La Barbe est aussi bleue que la Croix est Rousse)

  Il était une fois une tisseuse et un tisseur qui avaient sept enfants. On crut longtemps qu'ils étaient tous des garçons. C'était une erreur, tout comme de croire que la terre est ronde alors qu'elle est ivre. En réalité étaient nés six garçons venus par paire et une fille arrivée dans notre monde sans jumelle, ce qui ne l'empêchera pas, on le verra tout à l'heure, de borgnasser fort loin.
(La petite Poucette)

Publié le 05 avril 2005 à 05:21:44 dans Bibliographie | Commentaires (0) |