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Présentation

Robert Luc, historien de la Croix-rousse.

Les Bambanes, les traboules de Lyon et les canuts de la croix-rousse.

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Jérôme Dulaar

 

 

                            Jérôme Dulaar et le cinéma

 

Il est probable que les stars qui montent les fameuses marches lors du Festival de Cannes, ignorent qui fut Jérôme Dulaar. Il n'est même pas certain qu'elles songent à cet instant aux frères Lumière à qui elles doivent un peu leur moment de gloire. Ainsi va la vie...

 

Dans la famille Belge des Dulaar, trois fils. Abraham né en 1863, Jérôme en 1867, Maurice en 1875. Le père est photographe et va transmettre sa passion aux trois gones. De façon indépendante ils vont se lancer dans l'aventure photographique et se passionner pour la nouvelle invention qui en découle, le cinéma. Jérôme qui avait fondé en 1893 le « Théâtre Mondain », une attraction foraine avec laquelle il voyageait dans toute la France, découvre en 1896 l'intérêt de ces images qui bougent. Certain que ce nouveau mode d'expression va faire fureur, il décide de créer le « Cinéographe », rachète la cinquantaine de films existant à l'époque et organise des projections dans les arrières salles de bistrots. C'est le succès ! Forain dans l'âme, il fabrique une salle démontable qu'il va promener dans la France entière. Il ne lui faut pas moins de quatorze voitures pour transporter l'ensemble du matériel, comprises les caravanes pour loger sa famille.

Il ne se contente pas d'utiliser les films tournés par d'autres et va devenir également un reporter d'images. Il filme à Lyon la visite du président de la République Emile Loubet, une partie de boules, « la Galoche », ce train qui reliait en 1898 la Croix-Rousse à Sathonay.

 

 Cette activité va lui attirer des ennuis qui en définitives vont lui faire une publicité à laquelle il n'avait pas songée. Un jour, un habitant de Narbonne se reconnaît lors d'une projection. En avance sur son temps, il va intenter à Dulaar un procès qui en définitive apportera gloire et fortune à ce dernier. Les images en mouvement c'est bien, mais les accompagner d'une musique c'est mieux ! Il achète un orgue, branche quand il montre un chanteur, un phonographe afin de donner l'illusion d'un film parlant. Mieux, il va également colorer les films pour se rapprocher de la réalité. Ses projections sont maintenant célèbres d'autant qu'il n'hésite pas à les accompagner d'un spectacle de café-théâtre avec les artistes de renommés comme Mayol ou Delmet.

 

En 1908, apparaissent les films de longs métrages, le cinéma va passer de l'anecdote à l'expression culturelle. Cette évolution entraîne la création de salles de cinéma fixes et les premiers metteurs en scène vont réserver à ces lieux leurs films. Le cinéma forain va s'éteindre, Jérôme Dulaar le comprend rapidement. Il revient à la Croix-Rousse et se lance dans l'ouverture de salles. En 1912, il ouvre son premier cinéma qu'il baptise modestement le... « Dulaar », au 8 de la place de la Croix-Rousse. Même s'il n'est pas le premier sur le plateau, Girod est propriétaire depuis 1910 d'une salle place des Tapis, il deviendra le cinéma le plus ancien de la Croix-Rousse puisqu'il fermera ses portes en 1959. Ce lieu sera transformé en grande surface puis récemment en établissement de restauration rapide. Jérôme Dulaar décèdera le 21 août 1946 à Lyon et la municipalité donnera son nom à une petite rue croix-roussienne. Il est vrai que cet industriel forain qui plus que quiconque devina l'importance du cinéma dans les loisirs et la culture des hommes, fut aussi un bienfaiteur de la ville. Il n'oubliait jamais de verser des dons notamment aux cantines scolaires. Il fut également un conseiller municipal écouté.

 

Cette évocation de la vie de Jérôme Dulaar permet un regard sur l'extraordinaire éclosion de cinéma dans les quartiers au cours de la première moitié du XXème siècle. Pour prendre l'exemple de la Croix-Rousse, outre les deux salles que nous venons de citer, on note l'installation de Dargere en 1915 au 7 de la rue Diderot, dans la salle du père Coquillat, canut célèbre pour son amour du théâtre. En 1920, pas moins de 3 salles occupent le pourtour de la place de la Croix-Rousse : Au 8, Forgeron ; au 6 Giroud ; au 27 Lacroix. En 1933 sur le boulevard de la Croix-Rousse, se crée le Chanteclair disparu en 1982 et en 1937 c'est le Rialto, rue Eugène Pons qui voit le jour. Les patronages vont être aussi d'ardents défenseurs du cinématographe, quittes à veiller aux respects des « bonnes moeurs ». Les jeudi après-midi, le curé tend dans la cour du « patro » et projette des films. Ces séances vont donner naissance aux salles du Saint-Denis, Grande-Rue de la Croix-Rousse, au Saint-Augustin, rue Bournes, au Saint-Bruno, au Clos Jouve. De ces trois, il ne reste aujourd'hui que le CIFA Saint-Denis. C'est même le dernier cinéma de la colline de la Croix-Rousse. Grâce au dynamisme de ses bénévoles, à leur passion pour le cinéma, il reste droit sur son écran contre vents fiscaux et marées de concurrence télévisuelle. Un cinéma à l'ancienne, caisse à l'extérieure, balcon, courts métrages, entracte permettant de déguster les inévitables chocolats glacés, bar pour la convivialité. L'intérieur est lui par contre à la pointe du modernisme, sans les pop-corn, Dieu merci ! Un confort de vision et d'écoute qui n'a rien à envier aux gigantesques salles de la région.

Publié le 10 juin 2005 à 08:28:46 dans Chroniques Croix-Roussiennes | Commentaires (1) |

07-05-2011  18:11  07-05-2011 18:11
chanteclair  De  cadoux bernard  Sujet:  chanteclair
existe-il des cartes postales du cinéma? Dan G. Rodanski(qui s'appelait également Daniel Glucksman )qui en a été le fondateur en a t il gardé la propriété et la gestion jusqu'à sa mort en 1947? Le Chanteclair a t il fonctionné pendant la guerre? Questions pour une recherche à propos du poète Stanislas Rodanski. Merci
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